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Résultats avec Windows Live® Search Deville, MichelArticle
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Deville, Michel (1931- ), producteur, réalisateur, scénariste et dialoguiste de cinéma français. Peintre du jeu des émotions troubles et complexes, Michel Deville dévoile les coulisses de l’âme humaine dans ses versants réjouissants ou plus inquiétants ; comédies et drames jalonnent une filmographie éminemment personnelle, marquée par la dénonciation des manipulations et des fausses apparences.
Né à Boulogne-sur-Seine, Michel Deville fait ses premiers pas au cinéma comme assistant-réalisateur, notamment aux côtés d’Henri Decoin. En pleine Nouvelle Vague, à laquelle il n’est pas associé, il co-réalise avec Charles Gérard un film policier, Une balle dans le canon (1958). Ce soir ou jamais (1961) est un drame bourgeois qui inaugure sa collaboration de dix ans et onze films avec Nina Companeez, sa co-scénariste et monteuse. Ensemble, ils inventent des histoires à rebondissements, tour à tour fantaisies sentimentales (Adorable menteuse en 1962 et À cause, à cause d’une femme en 1963) et comédies pétillantes (Lucky Jo en 1964, Martin Soldat en 1966, Bye bye, Barbara en 1969 et l’Ours et la Poupée en 1970). Le duo est reconnu et apprécié pour la maîtrise de la mise en scène (structure narrative enchâssée à la musique, duplicité des protagonistes) et pour l’élégance de la réalisation (photographie douce, montage fluide). Après Benjamin ou les mémoires d’un puceau (1968), qui décrit l’éducation sentimentale et sexuelle d’un jeune garçon (incarné par Pierre Clémenti) à la fin du xviiie siècle, Raphaël ou le débauché (1971) est un contre cruel et libertin ; récompensé par le prix Louis-Delluc, le film est le dernier volet de la collaboration entre Michel Deville et Nina Companeez. Le réalisateur conçoit alors seul un drame amoureux poignant, la Femme en bleu (1973), avec une Léa Massari, puis renoue un temps avec la comédie sentimentale : le Mouton enragé (1974), l’Apprenti salaud (1977) et le Voyage en douce (1980).
À partir de la fin des années 1970, Michel Deville imprime une tonalité plus sombre à son œuvre, comme en témoigne le Dossier 51 (1978), traque implacable d’un diplomate mise en scène par un procédé de caméra subjective aliénant. Même son intrusion dans le monde de l’enfance est teinté d’amertume (la Petite Bande, 1983) et cristallise ce glissement d’un univers de marivaudage à celui de la série noire. Avec Eaux profondes (1981), le réalisateur s’affranchit des apparats sentimentaux de ses débuts. Sa filmographie révèle progressivement une nouvelle cohérence thématique : le marivaudage est devenu un jeu cruel, les jeux de l’amour sont dorénavant pervers et la normalité (représentée par des ambiances bourgeoises, un ton feutré et une photographie douce) est inquiétante. Au risque de perdre les faveurs du public, Michel Deville propose un cinéma complexe, articulé autour de personnages et de sentiments ambigus. Il trouve néanmoins, à la fin des années 1980, la juste distance dans plusieurs films qui sont autant de succès critiques et populaires : Péril en la demeure (1985), thriller érotique mettant en scène une perversion vénéneuse, le Paltoquet (1986), comédie buñuelienne, la Lectrice (1988), évocation fantasmatique de la lecture, Nuit d’été en ville (1990), huis clos amoureux, et Toutes peines confondues (1992), film noir en eaux troubles.
Les années 1990 sont toutefois marquées par deux échecs : Aux petits bonheurs (1994), histoire d’un couple à la recherche d’un second souffle, et la Divine Poursuite (1997), qui renoue avec la comédie à rebondissements. La Maladie de Sachs (1999), porté par l’interprétation d’Albert Dupontel dans le rôle d’un médecin pétri d’humanité et de compassion, privilégie la sobriété, tandis que Un monde presque paisible (2002) et Un fil à la patte (2005), adaptation d’un vaudeville de Georges Feydeau, misent sur la gaieté et la légèreté. Michel Deville est également l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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