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Résultats avec Windows Live® Search documentaire (film)Article
Plan de l'article
Présentation ; Naissance d’un genre cinématographique ; Les dérives du documentaire engagé ; Le documentaire et les « nouvelles vagues » ; Un genre en quête d’une plus large reconnaissance
documentaire (film), genre cinématographique se proposant, à partir de prises de vues considérées comme des documents, de se référer au réel et de le restituer à l’écran en adoptant un langage qui peut être objectif ou subjectif. Destiné à « capturer le réel » aussi fidèlement que possible, le documentaire questionne d’emblée le rapport entre la réalité et la fiction ; le regard du réalisateur de documentaire n’est-il pas en effet nécessairement source d’interférence dans le réel ? Parallèlement à ce débat théorique, le documentaire, né en même temps que le cinéma, s’est rapidement mué en un genre à part entière. Longtemps cantonné à quelques succès d’estime, il a pourtant su séduire un public plus large à la fin du xxe siècle grâce à des œuvres parfaitement en phase avec leur époque ou permettant au contraire une évasion du monde contemporain.
Si le Cinématographe semble, dès sa naissance, voué à enregistrer spontanément des scènes de la vie « réelle », ses premières œuvres — notamment celles des frères Lumière — trahissent souvent une mise en scène de cette réalité qui, d’emblée, brouille la frontière entre document et fiction, et pose précocement le problème de l’objectivité relative du « film documentaire ». À la suite des opérateurs de la société Lumière, envoyés aux quatre coins du monde pour consigner sur pellicule les us et coutumes de peuples lointains et méconnus, ce sont pêle-mêle scientifiques, ethnographes, explorateurs, voyageurs et journalistes qui, à la faveur des avancées techniques, se munissent bientôt d’appareils de prises de vues cinématographiques puis vidéographiques pour capturer des images du monde et en classer les variétés, le plus scientifiquement possible.
Dès les premières semaines de la Première Guerre mondiale, l’extraordinaire potentiel — et la nature ambiguë — du film documentaire, capable de propager une idéologie par les images plus sûrement que n’importe quel autre médium existant à l’époque, n’échappe pas aux gouvernements belligérants. Des actualités cinématographiques, nécessairement partisanes, font ainsi leur apparition dans les salles de cinéma de tous les pays — en France, « Pathé-Journal » dès 1908, suivi, deux ans plus tard, de « Gaumont Actualités ».
Après la guerre, en 1918, des expérimentations esthétiques plus audacieuses se font jour, favorisées par la liberté recouvrée et par la fébrilité des nombreuses avant-gardes artistiques récemment écloses ; de technique, le « documentaire » devient genre, dont l’Américain Robert Flaherty s’affirme bientôt comme la figure tutélaire. Extrêmement novateur, il signe des documentaires dont l’audace formelle et l’efficacité narrative font date ; dans le plus célèbre d’entre eux, Nanouk l’Esquimau (Nanook of the North, 1921), qui retrace la vie quotidienne d’une famille inuit, le réalisateur subordonne la mise en scène à ses exigences narratives en reconstituant artificiellement des scènes, « interprétées » par les protagonistes de ses documentaires. Hardie, la méthode parvient paradoxalement à restituer le réel plus efficacement que ne le ferait un documentaire traditionnel. Le cinéaste américain rappelle aussi, dès ce premier long métrage, que le documentaire, pour fondatrices que soient ses aspirations réalistes, verse immanquablement dans la dramatisation didactique et l’interprétation subjective.
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