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Feuillade, Louis

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Feuillade, Louis (1873-1925), réalisateur français.

Né à Lunel (Hérault), Louis Feuillade se dirige d’abord vers le journalisme, puis exerce des fonctions importantes aux côtés de Léon Gaumont dans son entreprise de cinéma, alors en passe de devenir l’une des plus importantes du monde.

Il rédige une centaine de scénarios pour Alice Guy, Étienne Arnaud et Roméo Bosetti avant de passer à la réalisation. C’est, au total, près de sept cents films de fiction qu’il va mettre en scène au cours de sa carrière ; des films dont la rapidité, l’invention, la plastique, le jeu entre réalisme et onirisme, ainsi que les trouvailles de cadres et de montage, font de Feuillade l’un des pionniers du cinéma moderne.

Il commence en 1906 par de nombreuses bandes comiques et dramatiques, dont on peut citer, parmi les premières : Un coup de vent (1906), l’Oncle à héritage (1907), les Effets de la chaleur (1907), Une dame vraiment bien (1908), Histoire de puce (1909) et le Louis de vingt francs (1910), et parmi les secondes : Noël de l’ouvrier (1907), l’Innocent (1908), la Fille du passeur (1909) ou le Martyre d’une femme (1910).

À partir de 1910, il obtient de gros succès avec les séries comiques Bébé (1901-1913) et Bout-de-zan (1913-1916), tout en continuant à réaliser des drames contemporains, comme la série la Vie telle qu’elle est. Il tourne toujours, par ailleurs, des films historiques ou patriotiques.

Ses séries policières lui donnent un réputation de poète moderne et « convulsif » parmi les écrivains d’avant-garde — dadaïstes puis surréalistes l’encensent — et vont marquer de futurs cinéastes comme Georges Franju et Alain Resnais. C’est d’abord les cinq épisodes de Fantômas (1913-1914), adaptés des romans populaires de Marcel Allain et Pierre Souvestre, qui connaissent un franc succès public et inventent le réalisme poétique. Vient ensuite son chef-d’œuvre, les Vampires (1915) — réalisation majeure du cinéma muet dont l’influence sur les réalisateurs américains des années vingt va être considérable —, puis Judex, en 1917, et la Nouvelle Mission de Judex, l’année suivante.

Cette même année 1918, il tourne également une nouvelle série, Vendémiaire (1918), qui, quoique patriotique et cocardière, annonce tout un courant qui va conduire au néoréalisme. Puis il revient aux séries policières (Tih Minh, l’Homme sans visage, 1918 ; Barabbas, 1920), aux mélodrames à épisodes (les Deux Gamines, l’Orpheline, 1921 ; Parisette, 1922 ; l’Orphelin de Paris, le Stigmate, 1924), et signe enfin des séries historiques d’aventures (le Fils du flibustier, 1922 ; Vindicta, 1923), tout en tournant sans relâche des comédies et des drames.

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