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Résultats avec Windows Live® Search Supervielle, JulesArticle
Plan de l'article
Présentation ; Déchirure géographique et équilibre familial ; Un écrivain de « l’entre-deux » ; Simplicité et transparence ; Le prince des poètes
Supervielle, Jules (1884-1960), poète, romancier et dramaturge français, auteur d'une poésie très personnelle, hantée par l'angoisse de l'absence et le sens du mystère.
Né à Montevideo, en Uruguay, issu d'une famille française de la grande bourgeoisie, orphelin huit mois après sa naissance, Jules Supervielle est recueilli par sa grand-mère au Pays basque avant d’être élevé, dès 1886, par son oncle et sa tante. Dès lors, il partage sa vie entre la France et l’Uruguay, entre deux pays, entre deux cultures. Ce n’est qu’à l’âge de neuf ans qu’il apprend par hasard qu’il est orphelin. Il a, sa vie entière, gardé de cette révélation la hantise d’un passé incertain (« Il est deux êtres chers […] Je les cherchais longtemps et je les cherche encore. Ils ne sont plus… Ils ne sont plus », Brumes du passé). En 1894, il entre au lycée Janson-de-Sailly, à Paris. À l’université, il hésite longuement entre le droit, les sciences politiques et les beaux-arts, et finit par se tourner vers les lettres et les langues étrangères. Sa thèse a pour sujet « Le sentiment de la nature dans la poésie hispano-américaine ». Son mariage en 1904 avec Pilar Saavedra lui procure la stabilité affective à laquelle il aspire, et il fonde avec elle une famille unie de six enfants. Lorsqu’il se met à écrire, Supervielle choisit comme langue littéraire le français, mais n’abandonne pas pour autant l’espagnol et devient l’un des principaux ambassadeurs en France de la culture et de la littérature sud-américaine.
Tandis que ses premiers poèmes — influencés par les parnassiens et les postsymbolistes (voir symbolisme) — sont d'une facture assez traditionnelle (Brumes du passé, 1900 ; Comme des voiliers, 1910), la fréquentation de Jules Laforgue le pousse à cultiver l’humour (Poèmes de l’humour triste, 1919). Tiraillé entre la tradition et l’invention, ce « conciliateur, […] réconciliateur des poésies anciennes et modernes » choisit de se placer dans « l’entre-deux ». Il se libère enfin de toute influence à partir de Débarcadères (1922), le premier de ses recueils en vers libres, dans lequel se retrouve toutefois le goût pour les voyages qu'il partage avec Valery Larbaud. Après un roman fantastique (l’Homme de la pampa, 1923), Supervielle explore, dans sa poésie, le fond le plus obscur de sa personnalité.
Il publie ainsi un des recueils poétiques majeurs du xxe siècle, Gravitations (1925), qui témoigne de ses obsessions intimes et plus précisément de son angoisse de la mort tout en ouvrant ses horizons intimes et géographiques. « Ce n’est qu’à force de simplicité et de transparence que je parviens à aborder mes secrets essentiels, à décanter ma poésie profonde » (Naissances). Suivent deux récits dans lesquels se mêlent l’humour et le tragique : le Voleur d’enfants (1926) et le Survivant (1928). L’écrivain se tourne également vers le conte (l’Enfant de la haute mer, 1931), le récit autobiographique (Boire à la source, 1933) et aborde même le genre théâtral (la Belle au bois, 1932). Il s’adonne à de nombreuses activités littéraires et acquiert la reconnaissance de la critique en France comme en Uruguay. Supervielle participe quelque peu à la vie littéraire parisienne sans adhérer cependant à aucun courant.
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