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Guitry, Sacha (1885-1957), dramaturge, dessinateur, scénariste et réalisateur français. Né à Saint-Pétersbourg, Alexandre Guitry, dit Sacha Guitry, est le fils du comédien Lucien Guitry. Il passe une partie de son enfance en compagnie de ce dernier à la cour du tsar de Russie. Rentré en France, il s’oriente à son tour vers le théâtre, où il apparaît sous le pseudonyme de Lorcey. Il réalise aussi des caricatures et des dessins, puis, reprenant son nom de Guitry, commence à écrire des pièces qu'il interprète parfois et qui connaissent un succès immédiat.
Sacha Guitry est l'auteur de 139 pièces — des drames, des comédies ou des spectacles musicaux — très représentatives d’un certain « esprit français », caustique et sophistiqué. Jouées dans les théâtres de boulevard, elles amusent par leurs mots d'auteur et par la cocasserie des situations. La finesse des intrigues, le sens de la cadence et l’amour sincère du théâtre et des comédiens dont elles témoignent en font des œuvres souvent brillantes et toujours actuelles.
Auteur précoce, Guitry débute à dix-sept ans avec le Page (1902), suivi de Yves le fou (1903) et le K.W.T.Z. (1905). Il obtient son premier triomphe avec Nono (1905). Dans son abondante production antérieure à la Première Guerre mondiale, il faut aussi retenir Chez les Zouaques (1906), la Clef (1907), le Scandale de Monte-Carlo (1908), un opéra bouffe sur une musique de Tiarko Richepin : Tell Père, Tell fils (1909), le Veilleur de nuit (1911) qu'il crée aux cotés de Harry Baur, Un beau mariage (1909), la Prise de Berg-op-Zoom (1912), la Pèlerine écossaise (1914) et Deux couverts (1914), commandé par la Comédie Française. Durant la guerre, il crée encore une poignée de chefs-d'œuvre : Faisons un rêve (1916), Jean de La Fontaine (1916), Un soir quand on est seul (1917), l'Illusionniste (1917) et Debureau (1918). Après l'armistice et dans les années vingt, il écrit entre autres Pasteur (1919), Mon père avait raison (1919) qu'il interprète avec son père, Béranger (1920), Comment on écrit l'histoire (1920), le Comédien (1921), le Blanc et le Noir (1921), des comédies musicales comme l'Amour masqué, sur une musique d’André Messager et Mozart (1925) sur une musique de Reynaldo Hahn, puis Désiré (1927) et Un miracle (1927), créé par Pierre Fresnay. Souvent inspirées par l'histoire et les grands hommes, ses œuvres sont empreintes d’une certaine cruauté dans leur description des mœurs bourgeoises et des rapports de classe. En pleine possession de son art, Guitry maîtrise alors parfaitement la technique du rire et de l’émotion et atteint une grande pureté formelle.
Pendant les années trente, ses pièces obtiennent à Paris des succès continuels. Parmi les plus grands, on peut citer Frans Hals ou l'Admiration (1931), un opéra bouffe mis en musique par Louis Beydts : la S.A.D.M.P. (1931), le Voyage de Tchong-Li (1932), une comédie musicale sur une partition de Reynaldo Hahn : O mon bel inconnu (1933), le Nouveau Testament (1934), Quand jouons-nous la comédie ? (1935), le Mot de Cambronne (1936) et Quadrille (1937).
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