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Melville, Jean-Pierre (1917-1973), réalisateur français.
Né à Paris, Jean-Pierre Grumbach, dit Jean-Pierre Melville, est un cinéaste très précoce : à l’âge de sept ans, il reçoit une caméra Pathé Baby en cadeau et s'amuse à tourner plusieurs petits films. Il est ensuite atteint de cinéphilie boulimique et passe la plus grande partie de son enfance et de son adolescence dans les salles de cinéma. Il y admire principalement les productions américaines. Après de brèves études et une jeunesse aventureuse à Montmartre, il fait la guerre de 1939-1940 dans la cavalerie française, puis gagne Londres et s'engage dans l'armée britannique, avant de rejoindre la Résistance, où il milite dans les FFL du général Charles de Gaulle sous le patronyme de Melville, en hommage à Herman Melville, l'auteur de Moby Dick. À la Libération, il rentre à Paris et décide de devenir cinéaste. Il crée sa propre maison de production et tourne d'abord un petit documentaire sur le clown Beby, Vingt-quatre heures de la vie d'un clown (1946), puis réalise en marge du système établi le Silence de la mer (1947), d'après le roman de Vercors. Le film ne sort sur les écrans qu'en 1949 et c'est alors que Jean Cocteau lui propose de mettre en scène les Enfants terribles (1950), d'après son roman. Indépendant et marginal, mais reconnu par la critique et la profession, il accepte ensuite une commande, Quand tu liras cette lettre (1953), puis décide de ne plus jamais tourner que ses propres projets.
Son œuvre suivante, Bob le flambeur (1955), est un film de gangsters atypique qui lui vaut l'admiration des rédacteurs des Cahiers du cinéma qui vont devenir les grands auteurs de la Nouvelle Vague et se réclameront alors de lui. Deux hommes dans Manhattan (1959) lui permet ensuite de tenir lui-même un des premiers rôles du film. Il étonne alors par ses qualités de comédien, si bien que Jean-Luc Godard l'emploie comme acteur dans À bout de souffle (1959). Il signe ensuite trois films avec Jean-Paul Belmondo en vedette, Léon Morin prêtre (1961), fidèle adaptation du roman de Béatrice Beck, le Doulos (1962), un film noir tiré du livre de Pierre Lesou, et l'Aîné des Ferchaux (1962), une adaptation du roman de Georges Simenon où il aborde pour la première fois la couleur et dirige le vétéran Charles Vanel. Après quatre ans de silence, il revient au film noir avec le Deuxième Souffle (1966), interprété par Lino Ventura, puis c'est le Samouraï (1967) avec un Alain Delon surprenant. Ces films policiers sobres et épurés, d'une grande réussite formelle, ont un caractère presque abstrait qui influence aujourd'hui encore toute une génération de cinéastes américains et chinois (Quentin Tarantino, John Woo, Wong Kar-wai). Il tourne ensuite l'Armée des ombres (1969), toujours avec Lino Ventura. Ce film, inspiré du roman de Joseph Kessel, lui permet d'aborder à nouveau le thème de la Résistance à travers un portrait sombre, rigoureux et tragique de quelques héros isolés. L'influence du cinéma américain disparaît peu à peu de ses dernières œuvres pour laisser place à une distanciation chorégraphique et superbe qui donne un lyrisme froid et fascinant à son chef-d'œuvre, qui est aussi son plus grand succès public, le Cercle rouge (1970), où il réunit Alain Delon, Yves Montand, André Bourvil, Gian Maria Volonté et François Périer. Poète de la ville et de la nuit, il dirige encore (peu de temps avant sa mort) Alain Delon, aux côtés de Catherine Deneuve, dans Un flic (1972).
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