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Pialat, Maurice

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Maurice PialatMaurice Pialat
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Présentation

Pialat, Maurice (1925-2003), acteur, scénariste et réalisateur de télévision et de cinéma français.

Âpre, exigeante et dérangeante, la filmographie peu prolifique de Maurice Pialat (10 longs métrages en vingt-cinq ans) semble se confondre avec la personnalité de son auteur, souvent décriée et incomprise, finalement admirée pour son intégrité. Inclassable, son œuvre peuplée de personnages excessifs s’attache à décrire la vie, ses espoirs et ses cruelles désillusions, de la façon la plus authentique et réaliste possible. La mise en scène repose ainsi sur une économie de moyens parfois austère visant un seul et unique objectif : dire et montrer la vérité de l’humain.

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Les années de formation : entre peinture et cinéma

Né à Cunlhat (Puy-de-Dôme) dans un milieu modeste — son père est un commerçant ruiné —, Maurice Pialat poursuit une scolarité chaotique pendant la Seconde Guerre mondiale — il quitte le lycée en classe de seconde — avant d’entreprendre des études à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (les « Arts Déco ») ; la peinture est alors sa passion. Néanmoins, admirateur de Jean Renoir et des Marx Brothers, il écrit et met en scène des pièces de théâtre en amateur jusqu’à la fin de la guerre, puis débute au cinéma — toujours en amateur — à partir de 1950.

L’Amour existe (1960) est sa première œuvre « professionnelle », récompensée par le prix Louis-Delluc ; elle est bientôt suivie par Janine (1961), Chroniques turques (1963-1964), Chroniques de France (1965-1966) et Villages d’enfants (1969)

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Les premiers longs métrages : un cinéma « nu »

L’Enfance nue (1969) est le premier long métrage de Maurice Pialat, qui dresse le portrait sans fard ni concessions d’un orphelin de l’Assistance publique, et plus généralement de l’enfance blessée ; pour partie autobiographique, ce film âpre et dénué de tout effet stylistique reçoit le prix Jean-Vigo. Sept épisodes de la Maison des bois sont ensuite tournés pour la télévision entre 1970 et 1971 sur des enfants déplacés pendant la Première Guerre mondiale.

Puis Maurice Pialat filme le divorce et ses débordements dans Nous ne vieillirons pas ensemble (1972), avec Jean Yanne (prix d’interprétation masculine au festival de Cannes) et Marlène Jobert dans les rôles principaux ; c’est le premier succès populaire du réalisateur, qui exprime sa volonté de coller au plus près des sentiments (de ses acteurs et de ses personnages) et de la vérité (du sujet traité). À la faveur de cette première réussite financière, Maurice Pialat fonde sa propre maison de production. La Gueule ouverte (1974), notamment interprété par Philippe Léotard et Nathalie Baye, poursuit cette recherche à la fois minutieuse et obsessionnelle de l’authenticité dans un registre sombre et dérangeant, puisqu’il oppose la mort d’une femme malade à l’élan vital de son mari et de son fils. Dernier volet de cette première « période », Passe ton bac d’abord (1979) aborde avec réalisme et sensibilité le passage de l’adolescence à l’âge adulte ; à la fois « juge et parti », spectateur doté d’un regard tour à tour distant et affectueux, le cinéaste y suit l’évolution d’un groupe de lycéens issus d’un milieu populaire dans le nord de la France.

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L’apogée du « style Pialat » : exigence, vérité et polémique

4.1

La route vers la consécration

Loulou (1980) constitue une étape décisive dans la carrière de Maurice Pialat : d’une part, il fait la connaissance de Daniel Toscan du Plantier (1941-2003), qui va devenir son producteur « fétiche » ; d’autre part, il dirige deux jeunes vedettes du cinéma français, Isabelle Huppert et Gérard Depardieu, dans une histoire d’amour impossible entre un loubard et une petite bourgeoise. À nos amours (1983) est couronné par le césar du meilleur film, connaît un triomphe public et permet la découverte de Sandrine Bonnaire dans le rôle d’une adolescente indomptable, à la fois révoltée et rêveuse ; Maurice Pialat (également acteur) y décortique l’éclatement de la cellule familiale et impose une mise en scène et une direction d’acteurs peu orthodoxes privilégiant l’improvisation, dévoilant ainsi un lien de parenté avec le cinéma de l’Américain John Cassavetes. Malgré son statut d’œuvre de commande et la présence de « stars » confirmées au générique — Sophie Marceau, Richard Anconina et de nouveau Gérard Depardieu —, Police (1985) fonctionne selon des principes déjà éprouvés par le réalisateur. Sur une idée originale de Catherine Breillat, ce dernier décrit le quotidien ennuyeux, parfois sordide, d’un commissariat parisien et s’attache à la relation ambiguë qu’un inspecteur entretient avec une prostituée, petite amie d’un trafiquant de drogues.

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