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Pialat, Maurice

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Maurice PialatMaurice Pialat
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4.2

L’incompréhension

Sous le soleil de Satan (1987), adaptation du roman de Georges Bernanos qui s’inscrit dans la lignée du Journal d’un curé de campagne (1950) de Robert Bresson, est une œuvre à part dans la filmographie de Maurice Pialat, principalement en raison du thème abordé — la foi chrétienne et ses corollaires, le doute et la peur du Mal —, puisque le filmage et la « manière » ne dérogent pas au souci de naturalisme et de vérité qui préside à l’œuvre du cinéaste depuis ses débuts.

Habités par leurs personnages respectifs, Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire et Maurice Pialat délivrent chacun une prestation impressionnante. Toutefois, si le film est récompensé par la palme d’or au festival de Cannes, son réalisateur doit affronter les quolibets lors de la cérémonie de remise des prix, auxquels il adresse une réponse en forme de provocation, confirmant et aggravant ainsi l’incompréhension dont il a souvent été victime.

5

Les derniers films : le retour aux sources

Porté par l’interprétation de Jacques Dutronc (césar du meilleur acteur) dans le rôle-titre, Van Gogh (1991) est souvent considéré comme le chef-d’œuvre de Maurice Pialat : au plus proche de ses premières amours artistiques — la peinture —, il atteint une grande maîtrise formelle, mais répudie néanmoins tout esthétisme et accorde une liberté « sous contrôle » à ses acteurs. Les derniers jours du peintre sont décrits sans romantisme, du point de vue de l’homme, angoissé et finalement seul. De même le Garçu (1995) peut-il être envisagé comme un hymne à la vie, une réflexion sur la paternité et la transmission du père (Maurice Pialat lui-même, joué par Gérard Depardieu) à l’enfant (Antoine Pialat, le propre fils du réalisateur).

En deux films très personnels, les derniers, Maurice Pialat revient sur lui-même, ce qui l’a construit et ce qu’il a lui-même édifié, bouclant ainsi la boucle d’une vie et d’une carrière guidées par la volonté d’être toujours près des autres.

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