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Plan de l'article
Présentation ; Aux sources de la Nouvelle Vague ; La « cinécriture » ; Liberté de glaner, liberté de filmer
Varda, Agnès (1928- ), réalisatrice, scénariste, dialoguiste, productrice, directrice de la photographie et actrice de cinéma française. Photographe autant que cinéaste, Agnès Varda a bâti une œuvre atypique autour d’une réflexion sur l’image et la représentation. Sa filmographie est en outre traversée par une recherche permanente de vérité, au plus proche de l’humain.
Née à Bruxelles (Belgique) de parents franco-grecs, Agnès Varda ambitionne d’être conservatrice de musée, avant d’être photographe du Théâtre national populaire (TNP) de Jean Vilar. Autodidacte, elle réalise la Pointe courte (réalisé en 1954, sorti en 1956), chronique néoréaliste d’un village de pêcheurs, avec le soutien d’un groupe d’amis (Alain Resnais, Chris Marker, Jacques Demy), qualifié de « Rive gauche » en référence à leurs exigences esthétiques et littéraires typiques d’un cercle artistique parisien implanté dans les quartiers de Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés ; ce premier film préfigure l’avènement, quelques années plus tard, de la Nouvelle Vague. L’essai est suivi d’une commande (Ô saisons, ô châteaux, 1956) et de courts métrages personnels (Du côté de la côte en 1958, l’Opéra-Mouffe en 1960), avant sa découverte par le grand public avec Cléo de 5 à 7 (1961), portrait sensible d’une jeune fille capté sur le vif.
De sa passion pour la photographie naît une approche artistique nommée, rétrospectivement, « cinécriture », destinée à capter la part la plus indicible des êtres et des choses : les courts métrages Salut les Cubains (1964, réalisé à partir de photomontages), Elsa la rose (1966), Réponse de femmes (1975) et Plaisir d’amour en Iran (1977), mais également le Bonheur (1965), les Créatures (1966), Lions Love (1969), Nausicaa (1970) et Daguerréotypes (réalisé en 1975, sorti en 1978). Agnès Varda y trouve une narration et un cadre (composition interne des plans, éclairage) pour parler d’elle-même et donner voix à ses rencontres (Loin du Viêt Nam et les courts métrages Oncle Yanko en 1967 et Black Panthers en 1969) et ses expérimentations (Daguerréotypes, Mur murs et Documenteur en 1980, Ulysse en 1982). Toutefois, son témoignage en forme de fiction sociale critique sur les années de combat féministe, L’une chante, l’autre pas (1977), est un échec qui la ramène à des formes plus maîtrisées (Les dites-cariatides et 7p., cuis., s. de b.,… à saisir en 1984).
Sans toit ni loi (1985), l’histoire d’une marginale (Sandrine Bonnaire) racontée dans un style clinique, brutal et sans apprêt consacre Agnès Varda par un lion d’or au festival de Venise. La réalisatrice s’autorise ensuite des œuvres plus dilettantes (T’as de beaux escaliers, tu sais, 1986) ou personnelles, comme ses témoignages sur son compagnon Jacques Demy (Jacquot de Nantes en 1991, Les Demoiselles ont eu 25 ans en 1992, l’Univers de Jacques Demy en 1995). La rencontre avec Jane Birkin donne Jane B. par Agnès V. (1988), puis une comédie, Kung-fu Master (1988), caractéristiques de son style « documenteur », ni film, ni documentaire. Les Cent et Une Nuits (1995), fantaisie cinéphile d’humour et de tendresse, est pour sa part bien loin du film commémoratif attendu pour fêter le centenaire du 7e art, et connaît un échec public malgré une kyrielle d’acteurs prestigieux. Agnès Varda signe ensuite un diptyque, les Glaneurs et la Glaneuse (2000) et Deux ans après (2002), poignante description des « glaneurs » modernes récupérant les rebuts alimentaires de la société, puis le court métrage le Lion volatil (2003) : le regard aux aguets de la réalisatrice, tendre et pudique dans son observation du quotidien, permet de magnifier la beauté invisible. Quelques veuves de Noirmoutier (2005), transposition à l’écran sous forme de documentaire d’une installation d’art contemporain réalisée dans une galerie, propose seize portraits de femmes, dignes et humaines dans leurs souvenirs, leur solitude et leur douleur.
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