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  • CASARES Maria

    Elle était la fille de Santiago Casares Quiroga (La Corogne 1884- Paris 1950) avocat de profession, Premier ministre de la seconde République espagnole ...

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    Casarès, Maria 1922-1996, tragédienne et actrice française qu’ont révélée au public ses interprétations des œuvres d’Albert Camus.

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Casarès, Maria

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Maria CasarèsMaria Casarès
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Présentation

Casarès, Maria (1922-1996), tragédienne et actrice française qu’ont révélée au public ses interprétations des œuvres d’Albert Camus.

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Naissance d’une tragédienne

Née à La Corogne, Maria Victoria Casarès Perez, dite Maria Casarès, est la fille d’un homme politique républicain espagnol. Avec l’avènement du franquisme, elle s’exile en France où elle suit, au Conservatoire national d’art dramatique de Paris, les cours de la comédienne Béatrix Dussane. En 1942, elle fait ses débuts auprès de Marcel Herrand dans Deirdre des douleurs de Synge. À 22 ans, elle fait la rencontre d’Albert Camus : tous deux ont en commun le même sentiment tragique de la vie et un engouement pour le théâtre. Elle connaît avec lui (jusqu’à la mort accidentelle de l’écrivain en 1960) une liaison passionnée, créant les principaux rôles féminins de ses pièces (le Malentendu, 1943 ; l’État de siège, 1948 ; les Justes, 1949).

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Casarès et le théâtre contemporain

En 1952, elle entre à la Comédie-Française et y interprète Elvire dans le Dom Juan de Molière. À partir de 1954, elle participe avec Jean Vilar à l’aventure du TNP puis à celle du Festival d’Avignon. Proche du théâtre contemporain, elle joue, en 1966, dans les Paravents de Jean Genet qui, mis en scène par Roger Blin juste après la fin de la guerre d’Algérie, suscite un énorme scandale en raison de son anticolonialisme provocateur ; en 1983, Patrice Chéreau la dirige dans la même pièce.

Dans les années 1960, elle travaille également avec Maurice Béjart, jouant dans des spectacles qui mêlent texte et chorégraphies, comme la Reine verte (1962), À la recherche de Don Juan (1962) et la Nuit obscure (1968). Interprète de Copi, Koltès ou Sarraute, elle est la partenaire de Sami Frey dans Le borgne est roi de Carlos Fuentes et, en 1989, elle joue Hécube d’Euripide dans une mise en scène de Bernard Sobel, un rôle tragique à sa mesure. En 1992, la cour d’honneur du palais des Papes à Avignon — où se joue les Comédies barbares de Valle Inclán, mis en scène par Jorge Lavelli —, résonne à nouveau des accents puissants de sa voix rauque et vibrante. Ce retour dans la cité des Papes est à l’image de toute la carrière de cette comédienne : d’une grande constance. Quant à sa présence sur scène, d’une vitalité débordante, elle relève d’un mélange savamment dosé de vérité et d’artifice, de générosité et de secret, de rébellion et d’extraordinaire orgueil.

En 1993, Bernard Sobel lui offre un de ses derniers grands rôles au théâtre en lui confiant l’interprétation du rôle masculin de Lear dans le Roi Lear de Shakespeare. Il la dirige également l’année suivante dans les Géants de la montagne de Pirandello.

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Une actrice mythique

Même si elle affirme que « le cinéma n’est pas [son] aventure », Maria Casarès joue dans les Enfants du paradis (1945) de Marcel Carné et dans les Dames du bois de Boulogne (1945) de Robert Bresson. En 1948, elle incarne la duchesse Sanseverina dans la Chartreuse de Parme, sous la direction de Christian-Jaque. En 1950, Orphée de Jean Cocteau lui offre un de ses meilleurs rôles à l’écran ; elle y personnifie la Mort. Le réalisateur fait de nouveau appel à elle en 1960 pour le Testament d’Orphée. Elle se fait alors rare au cinéma, où elle n’apparaît que de temps à autre ; elle joue notamment, en 1987, aux côtés de Miou-Miou dans la Lectrice de Michel Deville et tourne avec Julian Esteban Rivera (Monte bajo, 1989), Denis Llorca (les Chevaliers de la Table ronde, 1990) et enfin Goran Paskaljevic (Someone’s Else America – L’Amérique des autres –, 1995).

Dans les Mémoires qu’elle publie en 1980 (Résidente privilégiée), Maria Casarès lève un léger voile sur son tempérament, sur sa souffrance d’exilée et sur ce qui l’a incitée à prendre sans cesse des risques en tant que comédienne ; elle y exprime aussi ses appréhensions de voir ignorées les intentions de l’auteur par les metteurs en scène d’aujourd’hui.

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