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Plan de l'article
Présentation ; Les premières années : un théâtre éclectique ; Maurice Lehmann : les « musicals » et l’opérette ; Jean-Albert Cartier et le TMP ; La décennie Stéphane Lissner
Châtelet, théâtre du, théâtre public dont l'histoire est marquée par des productions à grand spectacle, et qui présente des spectacles dans les genres musicaux les plus variés.
Construit en 1862 par l'architecte Gabriel Davidoud, le Théâtre impérial du Châtelet est alors, avec ses 2 500 places et une scène de 24 × 35 m, le plus grand théâtre de Paris. Il se distingue dès les premières années par des qualités acoustiques remarquables, grâce à ses parquets, ses sièges en bois et une coupole de verre permettant la réflexion des sons. La visibilité est également excellente, cependant réduite par les nombreuses colonnettes. Ses machineries demeurent longtemps uniques au monde ; le théâtre possède également d’importants moyens en effets spéciaux et pyrotechniques et attire un public nombreux avec des genres à grand spectacle comme les féeries et les drames militaires. En 1863, le célèbre acteur Frédérick Lemaître y joue Don César de Bazan. Suivent de nombreuses pièces et adaptations d’Alexandre Dumas, d’Émile Zola ou d’Eugène Sue. Le théâtre présente aussi le Tour du monde en quatre-vingts jours d'après Jules Verne, créé en 1876, et Michel Strogoff, créé en 1880, qui reviennent régulièrement à l’affiche. Le Théâtre du Châtelet joue également un rôle important dans la vie musicale française avec, à partir de 1873, les concerts Colonne — au cours desquels sont données en création la plupart des œuvres majeures de la fin du XIXe et du début du XXe siècle —, et à partir de 1906, les légendaires « saisons » mises en place par Gabriel Astruc. En 1907 a lieu la création française de Salomé de Richard Strauss. En 1910, Claude Debussy crée le Martyre de saint Sébastien. La même année, le Châtelet propose une saison italienne avec Arturo Toscanini et le Metropolitan Opera de New York, ainsi que le grand Caruso se produisant notamment dans I Pagliacci et Aïda. Dans le domaine de la danse, 1909 est l’année de la première saison des Ballets russes de Diaghilev, pour le Châtelet. Puis, de retour en 1911, les Ballets russes y présentent notamment le Spectre de la rose et Petrouchka, interprétés par Nijinski, dans une chorégraphie de Fokine. Diaghilev y propose la saison suivante Daphnis et Chloé, l’Oiseau de feu et le Prélude à l’après-midi d’un faune. En 1917, les Ballets russes y présentent Parade.
De 1928 à 1966, le Châtelet est dirigé par Maurice Lehmann qui programme les « musicals » qui font fureur à Broadway, comme Mississippi Show Boat d’Oskar Hammerstein et Jerome Kern. Il privilégie également l’opérette à grand spectacle et signe lui-même de nombreuses mises en scène. En 1941, il triomphe avec Valses de Vienne. Viennent ensuite l’Auberge du cheval blanc (1948), Méditerranée (1955), ainsi que le Chanteur de Mexico (1951) et Monsieur Carnaval (1965) de Francis Lopez.
À partir de 1966, les directions se succèdent. En 1979, le théâtre étant confronté à de graves difficultés financières, la Ville de Paris décide de le gérer elle-même. La fosse, la scène et la salle sont alors rénovées. En 1980, le Châtelet, dénommé Théâtre musical de Paris (TMP), rouvre sous la direction de Jean-Albert Cartier et sous la présidence de Marcel Landowski. L’ère Cartier est marquée par le lancement de la série « Grands interprètes et jeunes talents », la création d’un « Festival d’orchestres », des « Opéras d’une heure », qui permettent l’incursion dans la création contemporaine (Berio, Aperghis…), et par l’organisation de séries thématiques autour d’un compositeur, d’une époque ou d’un pays. Avec une programmation variée, le Théâtre musical de Paris s’impose comme l’un des lieux musicaux les plus vivants de la capitale.
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