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    Jacques Lassalle est un metteur en scène, acteur et écrivain français né à Clermont-Ferrand le 6 juillet 1936. Dans les années 1980 il fut directeur du Théâtre national de ...

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Lassalle, Jacques

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Jacques LassalleJacques Lassalle
Plan de l'article
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Présentation

Lassalle, Jacques (né en 1936), auteur dramatique, metteur en scène et directeur de théâtre français.

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Le Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine

Né à Clermont-Ferrand, Jacques Lassalle, agrégé de lettres modernes, ancien élève du Conservatoire dans la classe de l’acteur et metteur en scène Fernand Ledoux (1897-1993), fonde en 1967 le Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Il y met en scène le Ruzzante (Bilora et la Parlerie), Goldoni (Barouf à Chioggia), Labiche (Célimare le bien-aimé), et en 1978 des œuvres d’auteurs contemporains encore peu connus à l’époque, comme Franz Kroetz (Travail à domicile, Heimarbeit), Michel Vinaver (Théâtre de chambre) ou Anna Seghers (Remagen). Héritier de Vilar et de Brecht, il donne aussi des spectacles dans les écoles ou les entreprises ; ce souci de pédagogie reste une constante dans son parcours.

De 1969 à 1971, Jacques Lassalle enseigne l’art du théâtre à l’université Paris III, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique (1982-1983). Il écrit lui-même des pièces qu’il met en scène, comme Un couple pour l’hiver (1974), le Soleil entre les arbres (1976), Un dimanche indécis dans la vie d’Anna (1980) et Avis de recherche (1982). Son théâtre s’inscrit dans l’espace de la confidence, du dialogue fragile, et n’est pas sans lien avec le « théâtre de chambre » de Vinaver, auteur qu’il met encore en scène en 1980 (À la renverse). Suivent la Locandiera de Goldoni (1981) et les Estivants de Gorki (1983) à la Comédie-Française, ainsi que Lohengrin de Wagner (1982) et Lear d’Aribert Reimann (1982) à l’Opéra de Paris.

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L’aventure du Théâtre national de Strasbourg

En 1983, Jacques Lassalle est nommé directeur du Théâtre national de Strasbourg (TNS) et de l’école d’art dramatique qui en dépend, en remplacement de Jean-Pierre Vincent. Il est reconduit à ce poste en 1986 et 1989. Il y monte Molière (Tartuffe, 1983, avec Gérard Depardieu et François Périer), Adamov (le Professeur Taranne, 1985), Lessing (Emilia Galotti, 1984), redécouvre des textes peu joués comme l’Heureux Stratagème de Marivaux, la Clé de Labiche ou la Bonne Mère de Goldoni, et dirige les derniers « exercices » de chaque promotion de l’école, présentés en Avignon (notamment Woyzeck et Léonce et Léna de Büchner en 1984 et 1989, ainsi que les Acteurs de bonne foi de Marivaux, en 1987).

Épaulé par le critique et universitaire Bernard Dort (1929-1994), son conseiller littéraire de 1983 à 1987, il encourage vigoureusement la création contemporaine — notamment Jean-Pierre Sarrazac (1946- ), Vinaver, Jean-Marie Besset (1959) — se faisant un devoir « d’aider à naître » des jeunes auteurs et animateurs de compagnies comme Catherine Anne, François Tanguy ou Philippe Faure.

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De la Comédie-Française à l’indépendance

En 1990, Jacques Lassalle est nommé administrateur de la Comédie-Française. De cette période datent quelques-uns de ses plus beaux spectacles : la Fausse Suivante de Marivaux (1991), la Serva amorosa de Goldoni (1992) et Dom Juan de Molière (1993), avec Andrzej Seweryn. Il voue la salle du Vieux-Colombier au répertoire contemporain et ouvre la salle Richelieu à des œuvres rares, à des metteurs en scène et cinéastes étrangers comme Anatoli Vassiliev, le Burkinabé Idrissa Ouedraogo (1954- ) ou encore Youssef Chahine.

Lassalle est cependant écarté de la maison de Molière trois ans plus tard. En 1994, son Andromaque d’Euripide, montée au Festival d’Avignon, est vivement critiquée. Il envisage un moment de renoncer à la scène, du moins en France. Il reprend néanmoins la même année son enseignement au Conservatoire, puis monte la Cerisaie à Oslo (1995) et revient au théâtre de la Colline en 1996 avec l’Homme difficile d’Hugo von Hofmannsthal, qui connaît un succès mérité. Il continue à fréquenter les grandes institutions nationales, multipliant également les expériences dans le théâtre privé. Il monte notamment Tout comme il faut de Pirandello (1997) et la Cagnotte de Labiche (1998), au théâtre Hébertot, Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute (1998), Chaos debout de Véronique Olmi (1998), le Misanthrope de Molière (1998), la Controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière (1998) et la Vie de Galilée de Brecht (théâtre de la Colline, 2000), deux spectacles avec Jacques Weber, Médée d’Euripide avec Isabelle Huppert (Festival d’Avignon 2000), les Papiers d’Aspern d’après Henry James (Lausanne). Son Dom Juan de Molière est repris début 2002 à la Comédie-Française. Il monte ensuite Monsieur X dit Pierre Rabier, à partir d’un texte de Marguerite Duras (2003), la Douleur, ainsi qu’une adaptation d’Henry James, la Bête dans la jungle (2004) et Requiem pour une nonne, de William Faulkner (2005).

Dans son essai l’Amour d’Alceste : une décennie au théâtre (2000), qui recouvre la période 1989-2000, comme Pauses (1991) recouvrait les années 1980-1990, il donne à lire son parcours de metteur en scène marqué par un questionnement permanent. Fin cinéphile, il a joué dans le Vent de la nuit de Philippe Garrel en 1999. Il est également l’auteur de plusieurs pièces de théâtre : Jonathan des années 30, Un couple pour l’hiver (1974), le Soleil entre les arbres (1976), Un dimanche indécis dans la vie d’Anna (1980), Avis de recherche (1982) et Lola, rien d'autre ou La madone des poubelles (2004).

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