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Bodin, Jean

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Jean BodinJean Bodin

Bodin, Jean (1529 ou 1530-1596), philosophe, juriste et économiste français, théoricien de la monarchie absolue qui a apporté une importante contribution à la philosophie politique au XVIe siècle.

Né à Angers, Jean Bodin étudie à Toulouse et devient avocat au parlement de Paris en 1561. En 1571, il est secrétaire du duc François d’Alençon, futur duc d’Anjou, puis député du Vermandois aux états généraux de Blois en 1576 et 1577. Entre 1584 et 1588, il exerce la fonction de lieutenant général puis de procureur du roi dans le bailliage de Laon.

Bodin, homme de grande érudition, a fait preuve dans tous ses écrits d’un véritable sens de la réflexion politique. Il est l’auteur d’une Méthode de l’Histoire (Methodus ad facilem historiarum cognitionem, 1566) dans laquelle il insiste sur le fait que la connaissance de l’histoire et de l’histoire du droit permet de dégager les principes de la politique. En 1568, il publie une réponse aux Paradoxes de M. de Malestroit touchant le fait des monnaies et l’enrichissement de toutes choses, dans laquelle il aborde des questions touchant à l’économie, en particulier la monnaie, et où il se montre favorable au libre-échange.

L’œuvre maîtresse de Bodin est son traité intitulé les Six livres de la République, publié en 1576. Cet ouvrage constitue une enquête sur la nature de l’État. Il s’y livre à des recherches sur la nature des régimes politiques, en rejetant l’approche utopiste que certains de ses devanciers, en particulier Thomas More, avaient adoptée. Il propose une théorie de la souveraineté comme fondement de l’État quelle que soit la nature de celui-ci.

Dans cette typologie des régimes politiques, Bodin distingue trois formes d’exercice de la souveraineté qui s’incarnent dans l’État populaire, l’État aristocratique et l’État monarchique. Il s’attache à dégager les principes institutionnels qui les gouvernent ainsi que leurs avantages et leurs inconvénients. Bodin affiche une préférence claire pour l’État monarchique, « une sorte de République en laquelle la souveraineté gît en un seul prince ».

Il distingue alors trois formes de monarchies : la monarchie tyrannique, la monarchie seigneuriale — la première historiquement — et la monarchie royale ou légitime. C’est cette dernière forme qu’il retient, où la souveraineté est une et indivisible en la personne du roi, qui de ce fait se tient au-dessus des querelles de religion, et dont le pouvoir n’est ni temporaire, ni délégué. Là se trouvent les fondements de l’absolutisme.

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