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bonapartisme, courant politique français se réclamant de l’empereur Napoléon Ier à partir de 1815 et encore significatif au début du xxie siècle.
Le bonapartisme des origines se place dans la mouvance de Napoléon et assume une bonne part de l’héritage révolutionnaire (notamment la souveraineté nationale). Ce mouvement ambigu se définit plus nettement dans sa pratique à partir de l’accession au pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte (le futur Napoléon III) en 1848. Plus qu’un corps de doctrines pouvant fonder la stratégie d’un parti politique, le bonapartisme constitue un état d’esprit, une nostalgie de la grandeur militaire de l’empire et le refus du retour à l’Ancien Régime. Il a inspiré des écrivains, notamment Alfred de Musset, Honoré de Balzac et Stendhal, et des journalistes libéraux. Lors de la cérémonie du retour des cendres de Napoléon Ier en 1840, aux Invalides, cet état d’esprit culmine en une véritable communion nationale. Louis Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon Ier, a donné au bonapartisme ses traits caractéristiques. En dépit du peu de succès rencontré par ses revendications dynastiques sous la monarchie de Juillet, il est élu président de la République, principalement grâce à son nom, le 10 décembre 1848. Après le coup d’État du 2 décembre 1851 et le plébiscite du 7 novembre 1852, Louis Napoléon Bonaparte est proclamé empereur héréditaire. Dans ce contexte, le bonapartisme est à la fois autoritaire et antiparlementaire, égalitaire et populaire. L’originalité du bonapartisme consiste à vouloir fonder une dynastie autoritaire reposant sur l’adhésion populaire. La pratique bonapartiste repose sur des principes simples : affaiblissement des élites locales au profit de l’exercice solitaire du pouvoir, contact direct entre le souverain et le peuple par le plébiscite, confiscation des libertés publiques, antiparlementarisme, grandeur nationale. La Constitution de 1852 consacre ainsi les pouvoirs de l’empereur Napoléon III, responsable devant la nation, le Sénat et le corps législatif étant réduits au rôle d’assemblées consultatives. Malgré le plébiscite très favorable de mai 1870, le second Empire ne survit pas à la défaite de 1870. Cependant, le mouvement bonapartiste perdure et, sous la IIIe République, les élus bonapartistes conservent une certaine influence. En 1879, la mort du prince impérial entraîne des divisions dans le mouvement et l’affaiblit définitivement.
Le bonapartisme est aujourd’hui une référence historique et théorique dans le domaine des sciences politiques. Il a permis à l’historien René Rémond de fonder une classification des droites en France (les Droites en France, 1954, refondu en 1982), qui distingue les droites de mouvance légitimiste, les droites de tendance orléaniste et les droites d’héritage bonapartiste. S’inscriraient ainsi dans la mouvance du bonapartisme le boulangisme, le nationalisme de la fin du xixe siècle, l’effervescence antiparlementaire des ligues de l’entre-deux-guerres, le poujadisme, et même certaines manifestations du gaullisme ; avec l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République en 2007, le bonapartisme se retrouve sous la plume des commentateurs en référence à ses discours insistant sur la nation et l’autorité et à sa volonté de mettre la présidence de la République au cœur des institutions.
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