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Mouloudji, Marcel

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Mouloudji, Marcel (1922-1994), auteur, compositeur, interprète, comédien et peintre français.

Né à Paris, Marcel Mouloudji est le fils d’une mère bretonne et d’un père maçon d’origine kabyle. De 1922 à 1935, le couple et ses deux enfants, Marcel et André, vivent chichement, logés dans diverses pièces, sans eau, du xixe arrondissement. Le dimanche, les deux frères fréquentent un centre aéré dirigé par des communistes dont la vocation est d’éveiller les qualités artistiques des enfants par de petits spectacles. Les frères Mouloudji, eux, chantent. En 1935, le metteur en scène Sylvain Itkine voit chanter Marcel et lui fait rencontrer Jean-Louis Barrault, encore inconnu à l'époque, qui cherche un enfant pour un petit rôle. Cette rencontre en amène une autre : celle du groupe Octobre.

En 1936, Mouloudji fait ses débuts dans une pièce de Cervantès adaptée par Jacques Prévert, le Tableau des merveilles, où il interprète sa première chanson, « l’Enfance », signée de Kosma et de Prévert. Ce dernier le fait engager la même année dans le film de Marcel Carné, Jenny. De 1936 à 1939, la carrière cinématographique du jeune Mouloudji semble prometteuse (les Disparus de Saint-Agil, de Christian-Jaque). Pendant l’Occupation, il reste à Paris avec quelques octobristes, dont Roger Blin, et, sur les encouragements du couple Sartre-Beauvoir, rédige, à vingt ans, le tome premier de ses Mémoires (Enrico). Il ruse pour échapper au STO, tourne les Inconnus dans la maison d’Henri Decoin, travaille avec Christian-Jaque, Jean Dréville ou Pierre Prévert. Touche-à-tout, autodidacte et dilettante, Mouloudji s’adonne également, à partir de 1947, à la peinture (plusieurs centaines de toiles accumulées depuis lors ont fait régulièrement l’objet d’expositions).

1951 marque le virage définitif de Mouloudji vers la chanson : une interprétation remarquée de la fameuse « Complainte des infidèles », dans le film de Carlo Rim, la Maison Bonnadieu, l’amène vite à enregistrer un premier disque, dont on retient, entre autres, « Rue de Lappe » de Francis Lemarque, « Si tu t’imagines », de Queneau, et « Barbara » de Prévert et Kosma. Quelques mois plus tard, Mouloudji est engagé par Jacques Canetti, directeur artistique chez Philips, pour lequel il enregistre « Comme un p’tit coquelicot », emblématique chanson d’amour et de mort. En 1954, la censure interdit de radiodiffusion et fait retirer du commerce « le Déserteur », de Boris Vian, créé, sans qu’il le sache, le jour même de la chute de Diên Biên Phu.

C’est vers 1956 que Mouloudji commence à chanter ses propres textes, comme « Moi, j’aime les femmes fatales ». « Les Beatles de 40 » (1966), « Auto-portrait » (1970), « Comme le dit ma concierge » (1971), « Tout fout l’camp » (1972) sont, au cours des années qui suivent, quelques-uns de ses meilleurs succès. Sans oublier deux séries de récitals mémorables, au Théâtre de la Renaissance, en 1974, et à l’Olympia en 1975.

L’histoire officielle oublie Mouloudji après 1976. Si cela ne l’empêche pas de travailler à un rythme soutenu — albums, concerts, écriture, peinture —, il en éprouve toutefois, de son propre aveu, une grande souffrance. Cet « aristocrate ouvrier », comme on l’a surnommé (ouvrier par ses origines et par ses attachements, aristocrate par un regard, une intonation, une distance qu’il a appris à prendre à l’égard des choses) meurt à l’âge de soixante-douze ans.

Sélection discographique :

  • 1992 - Récital au Théâtre de la Renaissance (Double CD, Déesse-Sony 299)
  • 1992 - Les Meilleures Chansons de Mouloudji (Déesse-Sony 32029)
  • 1994 - Mouloudji (Double CD Master Série, Polygram 522 851).

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