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Présentation ; L'orléanisme sous l'Ancien Régime ; L'orléanisme au pouvoir ; Le ralliement à la IIIe République
orléanisme, terme qui a désigné au XIXe siècle les partisans de la famille d’Orléans et du régime de la monarchie de Juillet, et qui s’est parfois appliqué depuis aux courants politiques de la droite modérée.
Depuis la mort de Louis XIV en 1715, suivie de la Régence confiée à Philippe, duc d’Orléans, s’était organisée autour de la branche d’Orléans une opposition à l’absolutisme réunissant de grands aristocrates parlementaires et financiers. Le courant orléaniste se développe face à la royauté. Durant la Révolution de 1789, le duc d’Orléans, Philippe Égalité, est même pressenti par certains (Mirabeau, Sieyès, Choderlos de Laclos) pour occuper le pouvoir, dans la mesure où sa personne paraît constituer un compromis satisfaisant entre l’Ancien Régime et les idées véhiculées par les Lumières.
Le fils de Philippe Égalité, Louis-Philippe, s’autoproclame duc d’Orléans à la mort de son père, alors que ce titre non héréditaire était traditionnellement attribué au frère du roi ; héritier des valeurs révolutionnaires et nationales (il a combattu à Valmy et à Jemmapes), il fait figure de recours après l’effondrement de la branche aînée des Bourbons (1830) et fonde la monarchie de Juillet, régime modéré qui permet à la grande bourgeoisie d’accéder enfin au pouvoir. Le courant politique de l’orléanisme ne saurait se résumer à la maintenance d’une tradition familiale. L’orléanisme est d’abord une conception moderne et laïcisée de la monarchie qui n’est plus de droit divin mais trouve son origine dans la volonté populaire. Le serment prêté à la charte révisée remplace le sacre, la formule juridique supplante le rite liturgique, un véritable régime constitutionnel inspiré du modèle anglais remplace un régime dominé par l’autorité du souverain ; l’orléanisme s’appuie sur le Parlement avec un système bicaméral prononcé. En matière économique, il prône un libéralisme excluant pratiquement toute intervention de l’État dans le secteur économique. À l’extérieur, les orléanistes mènent une politique de paix et de modération, contrastant fortement avec la politique agressive qui caractérisait l’épopée napoléonienne. En réprimant les insurrections ouvrières, dont celle des canuts de Lyon en 1831, et en assurant le triomphe des intérêts de la bourgeoisie d’affaires, l’orléanisme, modéré, glisse vers le conservatisme. L’enjeu en est de maintenir et de conserver l’acquis de 1830. Pour cela, les orléanistes s’appuient sur deux forces : les milieux de la grande bourgeoisie et les notables, qui sont d’ailleurs les seuls à pouvoir voter, en raison de l’instauration d’un cens électoral.
Les partisans de l’orléanisme passent dans l’opposition en 1848, puis sous le second Empire, même si une partie d’entre eux se rallie à Napoléon III. Durant les premières années de la IIIe République, les orléanistes jouent un rôle important. Ils suivent d’abord Thiers avant de lui préférer, sous l’impulsion du duc de Broglie, le général Mac Mahon, comme chef de l’État. Face à l’hostilité des légitimistes qui soutiennent le comte de Chambord et prônent un retour pur et simple à l’Ancien Régime, les orléanistes, partisans du comte de Paris, comme prétendant au trône de France, adhèrent progressivement aux institutions républicaines, par attachement au système parlementaire. Même après le ralliement des légitimistes au comte de Paris, au lendemain de la mort du comte de Chambord (1873), les orléanistes n’en demeurent pas moins fidèles au nouveau régime, la république, dont ils souhaitent qu’elle soit conservatrice et protectrice de leurs intérêts. Voir aussi Orléans, maison d’.
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