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Plan de l'article
Présentation ; La définition comptable de l'épargne ; L'évolution du niveau et de la composition de l'épargne
épargne, en économie, partie du revenu qui n'est pas consacrée à la consommation. L'épargne est un stock de ressources que l'on met de côté en renonçant au plaisir que pourrait procurer son utilisation immédiate, pour préparer une consommation future, donc une satisfaction future. Les individus épargnent pour pouvoir s'acheter un logement ou des biens de consommation courante, ils placent leur argent sur des marchés financiers en espérant accroître leurs revenus ou agissent par précaution, en se constituant une réserve qui les protège de certaines éventualités (une période de chômage, par exemple).
L'épargne est un élément fondamental dans l'économie : elle est la contrepartie de l'investissement, lequel permet à la croissance de se maintenir et de progresser. En principe, plus le niveau d'épargne est élevé, plus les entreprises peuvent avoir accès à des financements bon marché qui leurs servent à augmenter leurs capacités de production et à produire davantage en distribuant ainsi plus de revenus à leurs salariés et à la collectivité. Il est donc indispensable d'avoir une bonne mesure de cette variable. Pour les économistes, l'épargne n'est pas analysée seulement comme un stock, elle est considérée aussi comme un flux. La comptabilité nationale, en France, s'efforce de calculer les sommes non consommées par les ménages, par les entreprises et l'État sur la base d'une période d'un trimestre ou d'un an, et non à un moment donné. La totalité des sommes épargnées correspond à l'épargne nationale, la part de cette épargne dans le produit intérieur brut (PIB) étant pour sa part appelée taux d'épargne national. L'épargne des entreprises est égale à leur autofinancement : il s'agit de la part de leur bénéfice net qui n'est pas versée aux actionnaires, augmentée de l'amortissement (revenus servant à reconstituer le capital technique). L'épargne des ménages, pour sa part, se décompose en épargne non financière, qui regroupe les investissements immobiliers des ménages et leurs investissements en entreprises, et épargne financière. Dans cette dernière catégorie entrent les liquidités, les placements financiers (actions, obligations, assurance-vie, etc.) et les crédits. Les frontières entre consommation et épargne apparaissent parfois très floues dans ce schéma : le crédit pour l'achat de biens durables ou d'un logement est considéré comme une désépargne, il est compté avec un signe négatif, les achats de biens durables (réfrigérateur, automobile) sont comptés dans la consommation et les investissements immobiliers dans l'épargne — autant de choix qui ont été faits par les statisticiens et qui ne vont pas toujours de soi.
Depuis le début des années 1970, l'épargne a connu en France des évolutions contrastées : le taux d'épargne des ménages a atteint progressivement un sommet de 20 p. 100 en 1975 avant de décliner pour plafonner à 12 p. 100. Ce mouvement se retrouve, avec des niveaux différents de taux, dans les autres pays de l'OCDE (notamment le Japon, les États-Unis, la RFA). La composition de l'épargne s'est profondément modifiée puisque l'épargne liquide a fortement régressé au profit des placements en valeurs mobilières et des contrats d'assurance-vie, tandis que la part de l'épargne non financière enregistrait une tendance à la baisse. Il existe un débat relatif à l'explication des variations relevées. Il semble établi que des facteurs comme le ralentissement de la croissance des revenus et l'incertitude liée à l'évolution du chômage ont joué contre le niveau d'épargne. Les innovations financières (comme les SICAV et les FCP) et les incitations fiscales de l'État à épargner (à travers les PEP, les PEA, l'assurance-vie) ont influencé la répartition entre titres financiers et épargne liquide, mais pas le montant global de l'épargne. La crise de l'immobilier affecte quant à elle l'épargne non financière sous forme de logements. En revanche, l'inflation ne semble avoir joué qu'un rôle très limité. On pourrait imaginer par exemple que, si les prix augmentent, les consommateurs décident d'acheter moins car leur pouvoir d'achat baisse, et réciproquement, ou encore que l'inflation favorise les achats de précaution (quand on anticipe une inflation future encore plus importante), mais en réalité les prix n'expliquent pas les fluctuations du taux d'épargne qui dépend surtout du revenu. Depuis quelques années, une remontée des taux d'épargne s'effectue dans les pays occidentaux avec la reprise de la croissance économique et le phénomène de la dénatalité (la proportion de personnages âgées de plus de quarante ans et de moins de soixante augmente, or ces personnes épargnent en moyenne plus que les autres).
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