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président de la République

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Ve République : élections présidentiellesVe République : élections présidentielles
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1

Présentation

président de la République, titre donné au chef de l’État dans le cadre de régimes républicains.

Depuis la création de cette institution en 1848, la France a connu 23 présidents, dont 6 sous la Ve République : Charles de Gaulle (janvier 1959-avril 1969) ; Georges Pompidou (juin 1969-avril 1974) ; Valéry Giscard d'Estaing (mai 1974-mai 1981) ; François Mitterrand (mai 1981-mai 1995) ; Jacques Chirac (mai 1995-mai 2007) ; Nicolas Sarkozy (mai 2007- ).

2

La naissance d’une institution

La chute du régime orléaniste et l’adoption du texte qui allait devenir la Constitution de 1848 ont consacré un événement politique de première importance : la proclamation de la République — celle instaurée par la Constitution jacobine de 1793 pouvant être qualifiée de mort-née, car ce texte n’a jamais été appliqué.

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La IIe République et le texte constitutionnel de 1848

Pour la première fois dans l’histoire constitutionnelle de la France, sous la IIe République, le peuple délègue le pouvoir exécutif à un citoyen qui reçoit le titre de président de la République. Depuis lors, les textes de 1875, comme celui de 1946 ainsi que l’actuelle Constitution, donnent au chef de l’État le titre de président — il faut exclure de cette énumération la parenthèse que constitue la loi du 10 juillet 1940 offrant les pleins pouvoirs politiques au maréchal Pétain.

Toutefois, à l’origine, le titre même de président n’a pas toujours coïncidé avec l’existence d’une véritable volonté républicaine. De nombreux parlementaires étaient hostiles à cette institution, ne voyant dans la personne du président que l’incarnation d’une royauté déguisée, recouverte des oripeaux républicains. Au-delà, il existait de vives controverses quant à son mode de désignation. Les livres d’histoire retiennent le rôle déterminant d’Alphonse de Lamartine en faveur de l’élection populaire du président en lieu et place d’une désignation par les assemblées parlementaires — une motivation renforcée par la volonté du poète de concourir lui-même à la fonction (il ne recueillit que 17 914 voix, alors que plus de 5,5 millions de suffrages se portèrent sur la personne de Louis-Napoléon Bonaparte). Le nouvel élu dispose d’un mandat de quatre ans, il est non rééligible, il bénéficie de l’initiative en matière législative, attributions qu’il exerce concurremment avec les assemblées.

Bien que la présidence n’ait pu se garantir elle-même, ni préserver la République — le régime succombe lors du coup d’État du 2 décembre 1851 —, l’institution de la présidence est posée.

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L’enracinement républicain

La fin du second Empire ouvre une période constitutionnellement troublée, qui voir resurgir un chef de l’exécutif qualifié de président, poste successivement occupé par Adolphe Thiers, puis par Mac-Mahon, ce dernier, malgré son titre, demeurant un royaliste convaincu. L’adoption des lois constitutionnelles de 1875 met un terme à ce flottement institutionnel. Le président de la République est désigné par la Chambre des députés et par le Sénat réunis en Assemblée nationale : le pouvoir personnel se mue en institution constitutionnelle. De là date la fixation de la forme républicaine de l’État. En contrepartie, le président peut, après avis conforme du Sénat, dissoudre la Chambre.

Les tensions politiques entre conservateurs et républicains conduisent à la nomination de Jules Grévy, un ennemi de l’institution, à la fonction présidentielle. Se déclarant soumis « à la grande loi du régime parlementaire » et faisant état de sa volonté de ne jamais s’opposer à « la volonté nationale exprimée par ses organes constitutionnels », Grévy inaugure une pratique des institutions contraire à la lecture orléaniste du dispositif institutionnel mis en place en 1875. La présidence se réduit à une magistrature d’apparat et d’apparence, un état de fait qui perdurera durant toute la durée de la IIIe et de la IVe République.

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