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Plan de l'article
Présentation ; Le Siècle d’or politique ; Le Siècle d’or de la civilisation espagnole ; Le déclin de la puissance espagnole
Siècle d'or, période d’apogée de la couronne espagnole qui, selon les acceptions, correspond soit à la marque de la prépondérance politique de l’Espagne (1525-1648), soit à l’épanouissement de la civilisation dans les sciences, les arts et les lettres (1550-1660, voire 1681). L’expression « Siècle d’or » évoque tout à la fois le flamboiement des galions rapatriant l’or des colonies du Nouveau Monde, l’apogée de l’empire des Habsbourg sur lequel « le soleil ne se couche pas » et le rayonnement culturel de la péninsule Ibérique.
À la fin du xve siècle les Rois Catholiques, Isabelle de Castille et son époux Ferdinand d’Aragon ont réalisé, plus qu’une unification de l’Espagne, une union dynastique incarnée par leur héritier Charles Quint. Néanmoins, le Siècle d’or politique de la péninsule Ibérique débute plus avec la pacification du pays (1525) qu’avec l’accession de Charles Quint au trône d’Espagne (1516). À cette date, le nouveau souverain règne non seulement sur un empire, mais plus encore sur un territoire pacifié. La mise en place d’un État moderne, déjà ébauché par les Rois Catholiques (domestication des grands nobles, canalisation de l’esprit d’aventure vers les nouvelles terres, création d’une police), se prolonge avec l’instauration d’une bureaucratie efficace (création des grands conseils, d’une chancellerie) et surtout par l’irruption d’une noblesse à la mentalité somptuaire dont le rôle en tant que classe politique s’affine. De surcroît, la conquête du Nouveau Monde, entre 1510 et 1533, permet à l’Espagne de trouver l’argent nécessaire pour étendre sa puissance. La découverte de mines d’or et d’argent enrichit le trésor royal, grâce au quinto — impôt sur un cinquième de la production des métaux précieux en provenance des « Indes » —, et sert à financer les guerres contre François Ier de France et à asseoir l’hégémonie espagnole dans le monde. Plus que l’or lui-même, l’espoir de la découverte de métaux précieux permet à l’Espagne de soutenir de grandes entreprises économiques et d’étendre sa puissance en Occident.
Prospère, l’Espagne, jusqu’alors largement rurale et agricole, développe alors une industrie qui, bien qu’encore artisanale, est reconnue dans toutes les foires européennes (industrie de la laine, de la soie, des constructions navales, etc.). L’essor de la façade sud-ouest de la péninsule (Cadix, Séville), la plus active, favorise le commerce à la fois pour l’Europe et l’Amérique. L’échange des huiles, des vins, des toiles contre du cuir, du sucre, de l’indigo et surtout des métaux précieux du Nouveau Monde explose jusque dans les années 1610-1620. Si en 1556 Charles Quint est contraint d’abdiquer, son fils, Philippe II, poursuit sa politique et conclut même la paix avec la France (traité du Cateau-Cambrésis, 1559). Avec l’annexion du Portugal en 1580, Philippe II fonde le plus vaste empire du monde en récupérant non seulement la péninsule Ibérique dans sa totalité, mais surtout des terres portugaises d’Asie, d’Afrique et du Brésil.
L’épanouissement espagnol dans le monde des arts, des lettres et de la pensée a été préparé par le développement des universités (Salamanque, Alcalá) et les progrès de la langue du xve siècle. C’est d’abord en science où les médecins, astronomes, botanistes, philologues et historiens se succèdent pour faire de l’Espagne le premier pays de l’« intelligence ». En économie, Martin de Azpilcueta donne la première expression de la théorie quantitative de la monnaie. En droit, Francisco Suárez et Francisco de Vitoria établissent des théories sur le fondement des pouvoirs et le droit des individus.
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