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Noir Désir

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Bertrand Cantat, chanteur de Noir DésirBertrand Cantat, chanteur de Noir Désir
Plan de l'article
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Présentation

Noir Désir, groupe de rock français formé en 1980, l’une des formations majeures de la scène nationale dont la ligne musicale s’est accompagnée au fil des albums d’un discours politico-social militant qui a contribué à définir son identité.

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Une personnalité artistique affirmée

À l’aube des années quatre-vingt, Bertrand Cantat (textes, chant, guitare et harmonica) rencontre Serge Teyssot-Gay (guitares) et Denis Barthe (batterie) dans un lycée bordelais, puis Frédéric Vidalenc (basse) ; ensemble, ils décident de former Noir Désir. Évoluant en marge du courant rock alternatif en vogue à cette époque (voir rock indépendant), Noir Désir s’en distingue notamment par sa sonorité anglo-saxonne — l’influence de la new wave britannique est dans un premier temps omniprésente — et par la qualité de ses textes à la fois poétiques et tourmentés. Mais, pour le public, la réussite du groupe repose avant tout sur son chanteur, Bertrand Cantat : son timbre de voix unique et son jeu de scène fougueux lui confèrent un charisme et un charme mystérieux que les médias comparent volontiers à ceux du chanteur des Doors, Jim Morrison, influence par ailleurs clairement revendiquée par le groupe.

En 1986, Noir Désir accepte de signer chez Barclay tout en restant critique par rapport au star system et fidèle à ses convictions artistiques et politiques. Le groupe sort en 1987 son premier album, contenant six titres et intitulé Où veux-tu qu’je r’garde ?, qui contient déjà en germe toute la rage d’une musique fondée sur de violentes ruptures de rythme.

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Les premiers succès : indépendance et fidélité

C’est en 1989 que Noir Désir connaît son premier succès commercial avec l’album Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient), que la critique rock et le public saluent unanimement (330 000 exemplaires vendus). Le single « Aux sombres héros de l'amer » entre dans le Top 50 (hit-parade des meilleures ventes de disques en France) et offre au groupe une notoriété qui les inquiète, car ce morceau n’est, selon eux, pas caractéristique de l’album. C’est donc à nouveau sur scène qu’ils vont réaffirmer leur ligne musicale et fidéliser un public de plus en plus large.

Leur troisième album, Du ciment sous les plaines (1990), s’inscrit dans une lignée rock « pure et dure », notamment représentée par le titre « En route pour la joie ». Le groupe confirme ainsi la nature de son style musical, qui s’accorde pleinement avec ses remarquables et énergiques prestations scéniques. En 1992, Tostaky (contraction de l’expression espagnole Todo esta aqui, soit, littéralement, « tout est ici ») et son 45 tours éponyme font l’effet d’un véritable raz-de-marée (400 000 exemplaires vendus). La longue tournée qui accompagne la sortie de l’album (environ 120 concerts) est triomphale et donne lieu à un double album live intitulé Dies irae (1994).

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L’évolution d’un groupe devenu culte

Noir Désir revient sur le devant de la scène en 1996 avec un nouveau bassiste, Jean-Paul Roy, et un talentueux saxophoniste, Szelevenyi Akosh. L’album 666.667 Club, vendu à plus de 700 000 exemplaires, est celui de la maturité. C’est l’année de la consécration pour Noir Désir : adulé par le public et encensé par les professionnels du disque (meilleur groupe de l’année 1997 et meilleure chanson avec « l’Homme pressé » aux Victoires de la musique), le groupe prouve qu’il est possible d’accéder à la popularité sans renier ses convictions artistiques et politiques.

Attirés par de nouvelles expériences musicales — 13 titres du répertoire de Noir Désir sont notamment remixés par différents artistes appartenant pour la plupart à la scène techno dans le cadre du disque One Trip One Noise (1998) —, les membres du groupe multiplient les collaborations (Alain Bashung, Yann Tiersen, etc.), s’investissent dans des projets personnels (tel Serge Teyssot-Gay, dont l’album solo On croit qu’on en est sorti paraît en 2000) et se plongent dans le répertoire « classique » de la chanson française en reprenant notamment une chanson de Jacques Brel et de Georges Brassens dans le cadre d’albums collectifs — respectivement Aux suivants (1998) et Les oiseaux de passage (2001). Des visages, des figures, synthèse de ces influences éparses (musiques électroniques, free jazz, etc.), paraît à l’automne 2001 : projet ambitieux, parfois teinté de minimalisme formel — les arrangements et la tonalité d’ensemble y témoignent, à quelques exceptions près, d’une sobriété inédite —, l’album permet au groupe de tenter un profond renouvellement de ses acquis.

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