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Aperghis, Georges

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Aperghis, Georges (1945- ), compositeur d’origine grecque, initiateur du théâtre musical en France et fondateur, en 1976, de l’ATEM (Atelier théâtre et musique).

Né à Athènes dans un milieu d’artistes, Georges Aperghis se partage d’abord entre la peinture et la musique. Les premières expériences en musique concrète de Pierre Schaeffer et de Pierre Henry constitueront pour lui une véritable révélation.

Installé à Paris dès 1963, il choisit de se consacrer entièrement à la musique et étudie la direction d’orchestre avec Pierre Dervaux. Comme en témoignent Anakroussis (1967) et Bis (1968), ses premières œuvres sont influencées par le sérialisme et les recherches de Iannis Xenakis, pour lequel il ne cessera de nourrir une constante admiration. Par la suite, son évolution le rapproche des univers de John Cage, de Mauricio Kagel et surtout du théâtre (il épouse d’ailleurs la comédienne Édith Scob). Dans cette perspective, il va participer activement à l’aventure du théâtre musical née au Festival d’Avignon. En 1971, la Tragique Histoire du nécromancien Hiéronimo et de son miroir, sa première pièce de théâtre musical, emblématique de son style hybride, y est donnée. Suivront Vesper (1972) et son opéra Pandemonium (1973). Dès lors, sa recherche et son écriture se tournent résolument vers les rapports entre musique, texte et scène.

En 1976, il crée et anime à Bagnolet l’ATEM (qui s’installe au théâtre des Amandiers de Nanterre à partir de 1991). Aperghis y invente ses propres modes d’action culturelle, véritable travail au quotidien fondé sur une dynamique de groupe composé de personnalités polyvalentes (compositeurs, comédiens, instrumentistes, vocalistes). Sur le principe du détournement généralisé, il transpose des faits sociaux dans un monde poético-absurde, ce qui donne naissance à la Bouteille à la mer (1976), premier spectacle de son atelier. Directement issu de l’expérience de Mai 68, le projet consiste à aller au-devant des gens pour leur offrir des spectacles inhabituels. Sous la direction artistique d’Aperghis, l’ATEM a poursuivi sa recherche en vue d’élaborer un nouveau langage, fondé sur l’interaction du son et du geste, du mot et de l’image, inséré dans la vie quotidienne. En 1997, désireux de retrouver son autonomie et d’explorer de nouveaux espaces tout en gardant en lui l’esprit de l’ATEM, Aperghis laisse l’atelier de Nanterre continuer son développement sans lui. Depuis cette date, il anime au conservatoire de Strasbourg des ateliers où il écrit avec et pour ses jeunes élèves de nouvelles compositions (Strasbourg instantanés, donné en concert fin 1997, est issu de ce travail).

Parmi l’abondante production d’Aperghis, il faut distinguer les pièces pour instruments seuls ou destinés à des interprètes précis (Corps à corps pour percussionniste et son zarb, 1978, pour le percussionniste Jean-Pierre Drouet ; les fameuses Récitations, 1982, pour la chanteuse Martine Viard ; Solo, 1983, pour la comédienne Édith Scob ; Tingel-Tangel, 1991), des pièces pour ensemble instrumental (Ascoltare Stanca, 1972 ; Mouvement, 1975), pour orchestre (Plastic Piece, 1968) et pour l’opéra (Histoire de loups, 1976 ; Je vous dis que je suis mort, 1979 ; l’Écharpe rouge, 1984 ; Tristes Tropiques, 1996).

Proche d’Antoine Vitez avec lequel il partageait une même conception d’un art « élitaire pour tous », il a composé la musique de ses mises en scène de Phèdre (1975), Électre (1986), le Soulier de satin (1987) et la Célestine (1993). Cherchant à se laisser séduire par les rencontres improbables, par les fouillis de sons, il fonde son esthétique sur le principe du bricolage : en témoignent notamment H, litanie musicale et égalitaire (1992), pièce créée à partir de la lettre « H », selon un procédé cher à Georges Perec, et Commentaires (1996).

Son style et sa virtuosité lui ont valu de nombreuses distinctions : prix de la Sacem, grand prix musical de la Ville de Paris (1988), grand prix de la musique SACD (1994).

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