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Résultats avec Windows Live® Search décentralisation théâtraleArticle
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décentralisation théâtrale, politique culturelle mise en place en France peu après la Libération en vue de permettre une démocratisation du théâtre, qui se traduisit par la création d’un réseau d’établissements culturels dans les régions.
Due à l’initiative de Jeanne Laurent, sous-directrice des spectacles et de la musique à la Direction générale des arts et lettres de 1946 à 1952, la décentralisation théâtrale avait été amorcée dès 1945 par l’installation à Grenoble du groupe de Jean Dasté comme troupe régionale subventionnée. Partie à la conquête du public populaire en jouant dans les usines, la compagnie se heurta cependant à la résistance des autorités locales et dut s’implanter finalement à Saint-Étienne. Dès 1946, l’État mit en place les premiers Centres dramatiques nationaux (CDN), notamment en Alsace, où fut créé le CDN de l’Est, dirigé par Roland Piétri, qui fut chargé d’animer une troupe permanente et se vit confier également la direction d’une école de formation d’acteurs, reconnue par l’État. D’abord basé à Colmar, le CDN s’installa à Strasbourg en 1954 et devint Théâtre national en 1968. Après ceux d’Alsace et de Saint-Étienne, d’autres CDN virent le jour en France : la Comédie de l’Ouest d’Hubert Gignoux à Rennes ; le Grenier de Toulouse de Maurice Sarrazin en 1949 ; la Comédie de Provence de Gaston Baty en 1952 et le Centre dramatique du Nord en 1960. En outre, l’État créa, durant les années 1960, onze troupes permanentes qui devinrent par la suite des CDN, notamment à Villeurbanne (Roger Planchon), Bourges (Gabriel Monnet), Lyon (Marcel Maréchal), etc.
Dans les années 1960 et 1970, en plus des CDN, furent créés les centres d’action culturelle et les centres de développement culturel pour favoriser la diffusion et la création artistique sur tout le territoire. Avec les maisons de la culture — créées par André Malraux, premier ministre des Affaires culturelles dès 1959 —, ces établissements formaient les Scènes nationales. Les années 1970 et 1980 virent le réseau s’étoffer, notamment en banlieue parisienne avec, en 1983, la reconnaissance des CDN de Saint-Denis, de Gennevilliers et de Châtenay-Malabry. À partir de 1982, aux Centres dramatiques nationaux s’ajoutèrent les centres dramatiques régionaux (CDR), étroitement liés aux collectivités locales et aux besoins spécifiques locaux. Financés par l’État, par les collectivités locales et par des ressources propres, dans différentes proportions selon qu’il s’agissait de CDN, de CDR ou de Scènes nationales, ces établissements avaient dès le début une mission de service public : appelés à faire œuvre de création, ils étaient chargés également de la diffusion de la culture auprès d’un large public. Pour André Malraux, la décentralisation signifiait « la fin du privilège parisien » et « la conquête progressive d’un public qui ne serait allé ni au théâtre ni au concert ni au musée parce qu’il n’en avait pas la possibilité matérielle ou parce qu’il pensait que cela ne le concernait pas ». Près de trente ans après ce discours tenu en 1968, l’élan généreux s’est quelque peu essoufflé. La dévalorisation de l’action socioculturelle, très active dans les années 1970, en fut grandement responsable. Il en demeure toutefois un équipement irremplaçable et, dans bien des cas, une activité culturelle exceptionnelle sur le terrain. En 1996, on comptait en France 29 CDN, 6 Centres dramatiques nationaux pour l’enfance et la jeunesse), 8 CDR et 62 Scènes nationales.
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