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Plan de l'article
armée de terre, ensemble des forces terrestres qui, en France, ont pour mission d’assurer la sécurité de la population, la préservation de l’intégrité du territoire national contre toute agression extérieure armée et de participer à toute intervention extérieure qui leur est éventuellement assignée par les pouvoirs publics. Cette mission s’exerce en coopération avec les autres armées (marine nationale, armée de l’air et gendarmerie) et en complément des moyens nucléaires stratégiques et préstratégiques.
Depuis la décision prise par le président de la République le 22 février 1996 de professionnaliser les forces armées, l’armée de terre s’est engagée dans une refonte complète de son dispositif. Ses missions ont conséquemment évolué. Les forces terrestres ont vocation à s’engager au sol et au plus près du sol pour contrôler, dans la durée et la permanence, un milieu hétérogène et difficile. Elles doivent faire face à une grande variété de situations souvent complexes dans des zones très différentes. En tous lieux et en toutes circonstances, elles doivent être à même de mener leurs missions. Les missions de l’armée de terre sont de défendre les intérêts majeurs de la France, de contribuer à l’équilibre des forces en Europe, de participer à la sécurité de la défense de l’espace euro-méditerranéen, d’agir en faveur de la paix et pour le respect du droit international, sous l’égide d’organisations internationales comme l’ONU et l’OTAN ou dans le cadre et en application d’accords de défense.
De par ses nouvelles missions et sa nouvelle organisation, l’armée de terre doit être en mesure :
Afin de répondre aux nouvelles missions qui lui sont confiées, l’organisation de l’armée de terre a subi de profonds bouleversements. Cette nouvelle organisation repose sur un principe de modularité qui a pour objectif de pouvoir mettre sur pied des forces opérationnelles de circonstances, organisées à chaque fois de façon différente et adaptées à la mission, à l’adversaire et au terrain, par l’assemblage des unités et des états-majors les plus appropriés. D’autres concepts ont également été pris en compte dont l’économie de moyens, en renonçant à doter en permanence chaque niveau opérationnel de la totalité des moyens nécessaires à la conduite des opérations (artillerie sol-air, lance-roquettes multiples, renseignement, guerre électronique, moyens de franchissement, logistique, etc.) mais en les regroupant au niveau de brigades spécialisées. Actuellement, l’organisation territoriale militaire comprend cinq grandes « régions terre » qui ont leurs états-majors respectifs à Rennes (Région terre nord-ouest), Bordeaux (Région terre sud-ouest), Lyon (Région terre sud est), Metz (Région terre nord-est) et Paris (Région terre Ile-de-France). Ces régions coordonnent l’emploi des ressources et des moyens qui concourent d’une part à la mise et au maintien en condition des forces et d’autre part au soutien et à la vie courante de toutes les formations stationnées dans les limites géographiques de chaque région terre. Pour sa part, l’organisation du commandement des forces comprend le commandement de la force d’action terrestre (CFAT) basé à Lille, le commandement de la force logistique terrestre (CFLT) basé à Montlhéry, le corps européen (l’Eurofor) et le commandement des forces spéciales terre (CFST). Le CFAT a pour mission d’assurer la préparation opérationnelle des états-majors et des forces terrestres « projetables » et d’être en mesure de mettre sur pied, pour une opération majeure, un PC de corps d’armée de classe OTAN ou un PC de théâtre multinational. Le CFAT comprend quatre état-majors de Force (EMF), des brigades (8 brigades interarmes comprenant chacune entre 4 et 7 régiments, 1 brigade aéromobile, 4 brigades d’appuis spécialisés, 1 brigade franco-allemande). Le CFLT pour sa part comprend deux brigades logistiques. Sa mission est de conduire le soutien opérationnel de toutes les actions menées par les forces, en toutes circonstances et en tous lieux.
La loi de programmation prévoit les effectifs suivants en fin de restructuration : 16 000 officiers, 50 000 sous-officiers, 66 500 militaires du rang engagés, 5 500 volontaires, soit un total de 138 000 hommes. Par ailleurs, l’armée de terre comprendra 34 000 personnels civils et 30 000 réservistes. Son budget 2000 s’élevait à 48 732 millions de francs (7 429,15 millions d’euros), soit 25,9 p. 100 du budget du ministère de la Défense. Les officiers ont pour vocation d’encadrer des unités opérationnelles, d’exercer d’importantes responsabilités en état-major ou en école de formation. Ils sont formés au commandement, à la tactique ainsi qu’aux technologies de pointe. Leurs compétences et leur connaissance de l’institution leur permettent de jouer un rôle de conception. La formation initiale des officiers se déroule à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr qui propose, durant trois années un enseignement pluridisciplinaire alliant la formation à l’exercice du commandement, la connaissance des technologies nouvelles et un entraînement physique intense. A l’issue de cette formation, les officiers sont affectés dans une des huit écoles d’application d’arme (infanterie, cavalerie, génie, artillerie, transmissions, matériel, train, aviation légère de l’armée de terre) pour une scolarité d’une année avant de rejoindre une formation de combat ou de soutien. Les officiers peuvent également intégrer l’armée de terre par voie de concours ou par recrutement interne (école du commissariat de l’armée de terre, école militaire du corps technique et administratif, école militaire interarmes). Enfin, sur titres, l’armée propose des contrats de cinq à vingt ans maximum à des jeunes diplômés, particulièrement dans le domaine de l’informatique, des langues étrangères, du droit, ou de la communication. Les sous-officiers, ciment de l’armée de terre, sont plus généralement chargés de la formation et du commandement d’un groupe de soldats (de 10 à 20 soldats) et de l’organisation de leurs activités. Leurs compétences techniques s’exercent dans des domaines aussi variés que l’entraînement au combat, le suivi des matériels, les services administratifs ou techniques. Ils reçoivent des formations de spécialité, notamment dans le domaine du déminage, de l’électromécanique, de la mécanique, du traitement des eaux, des systèmes d’armes sophistiqués, etc. Les sous-officiers reçoivent une formation initiale de sept mois à l’école nationale des sous-officiers d’active. À l’issue de leur formation initiale, ils reçoivent une formation d’une durée de quatre à huit mois en école d’application. Les militaires du rang sont incorporés directement dans un régiment où ils reçoivent une double formation militaire et technique, dans des domaines très variés suivant l’unité à laquelle ils appartiennent : artilleur sol air, maître-chien, radiotélégraphiste, mécanicien, parachutiste, pilote d’engin blindé ou d’engin de travaux publics, démineur, etc.
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