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Garde nationale

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Berthault, Bénédiction des drapeaux de la Garde Nationale Parisienne à Notre-Dame le 27 Septembre 1789Berthault, Bénédiction des drapeaux de la Garde Nationale Parisienne à Notre-Dame le 27 Septembre 1789
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Le corps militaire des régimes successifs

Révélatrice des opinions publiques locales durant la Révolution, la Garde nationale est ensuite préservée par les Constitutions du Consulat (1799-1804) et du premier Empire napoléonien (1804-1814). De même, les chartes de 1814 et 1830 — armatures constitutionnelles de la Restauration monarchique (1814-1830) et de la monarchie de Juillet (1830-1848) —, la Constitution de la IIe République (1848-1852) et celle du second Empire (1852-1870) pérennisent l’institution.

Cette permanence inscrit la Garde nationale, dont le rôle militaire et politique est largement contrôlé par les pouvoirs successifs, dans une symbolique et continue fonction du peuple en armes défendant la nation constituée. Mais cette continuité est aussi celle de l’ambiguïté propre à l’institution : en juillet 1830 (les « Trois Glorieuses » journées insurrectionnelles ayant engendré la Révolution de 1830), en février 1848 (le refus de réprimer les insurgés de la Révolution de 1848) comme en mars 1871 (avec les barricades de la Commune insurrectionnelle de Paris), la Garde nationale est l’âme des révolutions ; inversement, en juin 1832 ou en juin 1848, elle constitue l’arme de la répression contre les républicains.

Malgré l’ironie de Stendhal qui y voit le symbole même de la vanité, la Garde nationale est ainsi l’une des institutions qui a marqué la continuité révolutionnaire, dans toute sa contradiction, durant le XIXe siècle.

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