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Balenciaga, Cristóbal

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Balenciaga, BoléroBalenciaga, Boléro
Plan de l'article
1

Présentation

Balenciaga, Cristóbal (1895-1972), couturier espagnol établi à Paris, dont les modèles, caractérisés par une certaine austérité alliée à l’audace de la coupe, l’ont imposé comme l’un des créateurs les plus recherchés de l’après-guerre.

2

Une ascension rapide

Né à Guetaria, près de Saint-Sébastien, Cristóbal Balenciaga Eisaguri est le fils d’une couturière, qui oriente très tôt sa vocation. Encouragé par une cliente de sa mère, la marquise de Casa Torrès, il entre en apprentissage chez un tailleur de Madrid puis ouvre, à l’âge de seize ans, son premier atelier. Fondateur d’une maison de couture à Saint-Sébastien en 1914, puis d’une autre à Madrid à la fin des années vingt, il doit quitter l’Espagne pendant la guerre civile et s’établit à Paris.

Couturier des milliardaires, des actrices et des princesses (il réalise pour le mariage de sa compatriote doña Fabiola de Mora y Aragón avec le roi Baudouin Ier une robe de satin double bordée de vison blanc), contrôlant un véritable empire familial établi à Barcelone, à Madrid et à Saint-Sébastien, il apparaît dans les années cinquante comme le principal rival de Christian Dior.

Les années soixante, qui voient l’émergence de la minijupe (que l’un de ses anciens collaborateurs, André Courrèges, contribue à populariser) et l’introduction du prêt-à-porter, sont marquées par une certaine désaffection du public à son égard, ce qui l’incite à interrompre ses activités à partir de 1968. Il vivra dès lors et jusqu’à sa mort dans une semi-retraite.

3

Un style à l’opposé du « new-look »

D’une austérité toute espagnole, son style, qui fait un large usage du noir (parfois marié à du beige), se réclame de l’influence de Vélasquez et de Goya, qui lui a inspiré ses robes d’infante, entièrement réalisées en dentelle. Maîtrisant à la perfection toutes les techniques (qu’il s’agisse de l’empiècement, du drapé ou du pli), agrémentant ses modèles de larges nœuds, privilégiant les tissus raides à forte tenue, il laisse éclater son sens du faste dans ses modèles du soir. Mais il apparaît également comme un créateur de formes nouvelles conçues pour la ville, comme la robe tunique et la robe chemise, ou la ligne « Empire » à taille haute, apparues dans les années cinquante.

Par l’importance donnée au décintrement de la taille, aux talons plats et au drapé, ces réalisations sont en totale opposition avec le style « new-look » immortalisé par Christian Dior.

Créateur de costumes pour le théâtre et pour le cinéma (il habille notamment Arletty, à la ville comme à la scène), il lance plusieurs parfums, dont Dix (1948) et Quadrille (1955). En 1973, un premier hommage lui est rendu au Costume Institute de New York.

La griffe Balenciaga a été rachetée en 1986 par le groupe Bogart, qui, depuis, exploite sous ce nom des licences de haute couture et de parfumerie.

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