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Vionnet, Madeleine

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1

Présentation

Vionnet, Madeleine (1876-1975), couturière française, célèbre pour sa maîtrise de la coupe en biais, qui prit une part déterminante dans l’évolution de la silhouette féminine.

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Les débuts

Née à Chilleurs-aux-Bois (Loiret), Madeleine Vionnet passe son enfance à Aubervilliers. Placée en apprentissage chez une lingère, elle devient ouvrière dans la couture à Paris puis part pour Londres où elle se forme dans la maison de couture de Kate Reilly. Revenue à Paris, elle est embauchée chez les sœurs Callot. Elle devient l’assistante de l’aînée de la famille, Mme Gerber, l’un des grands noms de la couture au début du XXe siècle, pour laquelle Madeleine Vionnet devait toujours garder une grande admiration, estimant son talent supérieur à celui de Paul Poiret.

Engagée en 1906 chez Jacques Doucet pour « rajeunir la maison », Madeleine Vionnet y crée ses premiers modèles de vêtements sans corset et habille de grandes actrices comme Réjane et Lantelme. Elle ouvre sa propre maison de couture en 1912, 221, rue de Rivoli. La Première Guerre mondiale l’oblige à fermer, mais elle rouvre en 1918. Elle connaît alors le succès et s’installe dès 1922 au 50 de l’avenue Montaigne, dans l’ancien hôtel Lariboisière, dont elle fait décorer les salons de fresques de Georges de Feure.

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Une technique incomparable

S’inspirant du drapé des statues antiques, elle révolutionne l’univers de la mode en prenant pour base de ses créations la coupe en biais, jusque-là réservée à certaines parties du vêtement (cols et garnitures, principalement) : élargissant l’utilisation de cette technique à la robe entière, elle conçoit le vêtement comme une structure souple en trois dimensions. Elle réalise d’abord ses modèles sur un petit mannequin de bois, à partir duquel elle expérimente les mouvements du tissu, puis confectionne le modèle en grandeur nature, essayé par les mannequins.

Réalisées le plus souvent en crêpe lourd, fixées sur le corps par quelques points d’attache ménageant la souplesse du mouvement, ces robes sont souvent agrémentées de nervures, de broderies dont le motif est emprunté aux vases étrusques ou grecs, ou encore d’effets de contrastes entre des tissus mats et brillants. Certaines en mousseline de soie donnent une impression de voile. Beaucoup de ses modèles du soir, agrémentés d’écharpes flottantes, nouées autour du cou ou de la taille, se terminent par des franges, qui ajoutent encore de la légèreté.

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Les dernières années de création

Vers 1930, lorsque les robes redeviennent longues, la coupe en biais connaît une grande vogue et la plupart des maisons s’inspirent de ses créations. Cependant, dès cette époque, Madeleine Vionnet comprend la nécessité de s’adapter à une nouvelle évolution. À partir de 1935, elle propose, en plein retour de la mode romantique, d’amples robes de taffetas à la Watteau, à effet de panier sur les hanches, et d’autres robes de plus en plus larges, dont les volumes sont uniquement créés par la coupe.

À la tête d’une très importante maison, Madeleine Vionnet se montre en avance sur le plan social (elle instaure, bien avant 1936, les congés payés et se montre toujours attentive à la formation de ses employées), comme dans la lutte contre la contrefaçon (elle prend l’habitude, très tôt, de faire photographier chacun de ses modèles sous trois angles différents). Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Madeleine Vionnet ferme sa maison et se retire.

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