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Depardon, Raymond

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Présentation

Depardon, Raymond (né en 1942), photographe français, également réalisateur de documentaires et de longs métrages.

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Raymond Depardon, reporter photographe

Né à Villefranche-sur-Saône (Rhône), dans une famille de cultivateurs, Raymond Depardon se tourne très jeune vers la photographie de reportage. En 1958, il s’installe à Paris et devient assistant du photographe Louis Foucherand. Il rejoint l’agence Dalmas deux ans plus tard et décroche sa première publication importante dans Paris-Match avec une série de clichés sur l’opération SOS-Sahara (1961). Devenu l’un des principaux reporters de son agence, il photographie les personnalités, les faits divers, les jeux Olympiques (Tokyo, 1964), et multiplie les reportages à l’étranger.

Avec plusieurs autres photographes, il fonde en 1967 l’agence Gamma qui met en place un fonctionnement nouveau offrant autonomie et responsabilité. Cinq ans plus tard, il en prend la direction et réalise, en parallèle, des reportages au Tchad, au Chili et au Yémen. En 1978, il rejoint l’agence Magnum et couvre la guerre civile au Liban avant de se rendre en Afghanistan (Notes, 1979). En 1984, il fait partie des photographes de la mission DATAR. Son travail est couronné par le prix Pulitzer (1977) et par le Grand Prix national de la Photographie (1991).

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Raymond Depardon, cinéaste

Également réalisateur, Raymond Depardon aime à se plonger à la manière d’un ethnologue dans le milieu qu’il prend pour sujet. Son premier documentaire, Ian Palach (1969), est tourné en Tchécoslovaquie un an après le Printemps de Prague. Il signe ensuite Tchad I (1970), II et III (1975-1976), ces deux derniers contenant des entretiens de Françoise Claustre, otage française des Toubou. En 1976, Tibesti Too est nominé aux césars, tandis que New York, N.Y. (1986) obtient le césar du meilleur documentaire.

Ses longs métrages tiennent à la fois du documentaire et du cinéma d’auteur. En 1974, à l’occasion de la campagne présidentielle, le candidat Valéry Giscard d’Estaing lui demande de le suivre. Toutefois, le principal protagoniste de 50,81 % « bloque » et interdit la diffusion du documentaire qui n’est présenté au grand public qu’en 2002, sous un nouveau titre, 1974, une partie de campagne. Suivent Numéros zéro (1977), tourné dans la rédaction du Matin sur le point de naître, Reporters (1981, césar du meilleur documentaire), tourné au sein de l’agence Gamma, San Clemente (1982), première évocation de l’univers psychiatrique et de ses « minorités » (selon l’auteur lui-même), Faits divers (1983), qui suit les policiers du Ve arrondissement de Paris, Urgences (1987), tourné dans le service des urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, et Délits fragrants (1994, césar du meilleur documentaire 1995), une suite d’interrogatoires de prévenus filmés à la Préfecture de police de Paris. En 1996, Afriques : comment ça va avec la douleur ? le montre traversant le continent africain du sud au nord, seul avec sa caméra, à l’écoute des douleurs des populations, et s’interrogeant sur sa responsabilité d’homme d’image. En 2000, il tourne le premier volet d’une trilogie sur le monde rural (Profils paysans, l’approche).

Raymond Depardon aborde par ailleurs le cinéma de fiction avec Empty Quarter (Une femme en Afrique) (1985), la Captive du désert (1990), inspiré d’une histoire vraie, avec Sandrine Bonnaire, Paris (1997) et Un homme sans l’Occident (2003), adapté librement d’un roman de Diego Brosset qui servit comme officier de l’armée coloniale française au début du XXe siècle.

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Publications de et autour de Raymond Depardon

Raymond Depardon est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages associant le plus souvent texte et photographies. Dans Notes (1979), il associe à ses images de courtes légendes dans lesquelles il confie ses doutes, ses émotions, ses réflexions sur sa pratique photographique, marquant une rupture dans le photo-journalisme. En 1981, Correspondance new-yorkaise constitue une expérience inédite puisque le photographe fait parvenir une image par jour et quelques notes d’accompagnement pendant un mois au journal Libération. Suivent le Désert américain (1983), les Fiancées de Saïgon (1986) et, en 1993, la Colline des anges : retour au Vietnam (1972-1992), sur un texte de Jean-Claude Guillebaud. Dans la Ferme du Garet (1995), ouvrage autobiographique, il revient sur ses origines paysannes et mêle avec nostalgie — à la manière du Je me souviens de Georges Perec — les photographies de jeunesse et les clichés récents, le noir et blanc (Chaise d’enfant, 1956) à la couleur (la même Chaise d’enfant, 1986). L’année 1996 voit la publication de la Porte des larmes : retour en Abyssinie, à nouveau avec Guillebaud, et d’un livre de photographies et de textes issus de son long périple africain (En Afrique).

Dans le cadre de la vingtième édition du Mois de la photo à Paris (automne-hiver 2000-2001), une exposition « Raymond Depardon », organisée à la Maison européenne de la photographie, a offert une rétrospective de son œuvre (Détours), couronnée par une commande intitulée Errance. Le livre Détours est un épais journal intime où photos, livres et films de Raymond Depardon sont associés à toutes sortes de documents (lettres, cartes postales, coupures de presse, autoportraits, etc.). Errance est un dialogue texte-images dans lequel le photographe-écrivain tente de cerner sa propre définition du thème, distillant éléments biographiques et réflexions sur son art. Les photographies (verticales et noir et blanc) explorent « des zones intermédiaires, un entre-deux qui tend à se standardiser » (Raymond Depardon) et témoignent du souci de « moralité du regard » manifesté par l’artiste au gré de ses investigations.

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