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Autant-Lara, Claude

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Autant-Lara, Claude (1901-2000), réalisateur français à la facture classique mais au ton sarcastique et volontiers anticonformiste.

Né à Luzarches (Val-d’Oise), Claude Autant-Lara, fils d’un architecte (Édouard Autant) et d’une sociétaire de la Comédie-Française (Louise Lara), entre très tôt dans le monde du spectacle : pendant une quinzaine d’années, il travaille comme décorateur auprès de Marcel L’Herbier et de ses collaborateurs (Albert Cavalcanti, Fernand Léger) et assiste de nombreux cinéastes de l’époque du muet. Il réalise alors deux courts métrages, notamment Construire un feu (1926) — premier film à utiliser l’objectif anamorphoseur du professeur Chrétien, à l’origine du CinémaScope (1953) —, puis tourne son premier long métrage, Ciboulette (1933), d’après une opérette populaire.

Il fait ses véritables débuts pendant l’Occupation avec le Mariage de Chiffon (avec Odette Joyeux, 1942) et surtout Douce (1943). Son succès se confirme dans l’après-guerre avec des films, souvent des adaptations, où il donne libre cours à son goût de la provocation et à son anticonformisme : le Diable au corps (avec Gérard Philipe, 1947) ; l’Auberge rouge (avec Fernandel, 1951) ; le Blé en herbe (avec Edwige Feuillère, 1954) ; la Traversée de Paris (avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès, 1956) ; En cas de malheur (avec Brigitte Bardot, 1958) ; la Jument verte (avec Francis Blanche, 1959).

À partir de la fin des années cinquante, il est de ces cinéastes pris à partie par François Truffaut et la Nouvelle Vague, qui le qualifient de « cinéaste bourgeois ». Il retrouve un peu de sa verve antimilitariste avec un film sur l’objection de conscience qui connaît quelques problèmes avec la censure (Tu ne tueras point, avec Laurent Terzieff, 1963, réalisé en 1961). Ses films suivants (le Franciscain de Bourges, 1968 ; les Patates, 1969, avec Pierre Perret) et son dernier film (Gloria, 1977) apparaissent comme plus conventionnels, d’autant plus éloignés de la veine anarchiste et contestataire qui a fait sa renommée qu’au fil des ans ressortent au grand jour ses prises de position idéologiques, de plus en plus habitées par les thèses de l’extrême-droite (notamment négationnistes), qui le conduisent à de nombreux dérapages verbaux en public.

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