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social-démocrate allemand, Parti

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Kurt Schumacher (discours)Kurt Schumacher (discours)
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1

Présentation

social-démocrate allemand, Parti (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD), un des deux grands partis politiques allemands, avec l’Union chrétienne-démocrate (Christlich-Demokratische Union, CDU).

Riche d’une longue tradition, le SPD a été au gouvernement sous la République de Weimar et en République fédérale d’Allemagne (RFA) pendant deux longues périodes (1919-1933 et 1966-1982). Il a été à nouveau au pouvoir en Allemagne, associé aux Verts, de 1998 à 2005, puis associé aux chrétiens-démocrates à partir de 2005 dans le cadre d’une grande coalition.

2

Des origines à la Première Guerre mondiale

2.1

La fondation du SPD

Le SPD, le plus ancien des deux grands partis allemands contemporains, a pris son nom actuel en 1890, succédant au Parti ouvrier social-démocrate allemand, créé en 1869 par Wilhelm Liebknecht et August Bebel, et uni depuis le congrès de Gotha (mai 1875) à l’Association générale des travailleurs, fondée en 1863 par Ferdinand Lassalle. Le SPD est d’emblée le parti le plus fort, comptant en 1913 un million de membres environ.

La force politique grandissante du mouvement ouvrier socialiste, que Bismarck cherche à combattre par la loi d’exception contre les socialistes (19 octobre 1878), conduit à la formulation d’objectifs révolutionnaires (abolition du capitalisme privé), dans le cadre de la Ire Internationale (années 1870) et du congrès de Gotha (1875).

2.2

Du programme d’Erfurt au révisionnisme de Bernstein

Au moment de la IIe Internationale (1889-1919), la social-démocratie allemande exerce une influence considérable, par son programme d’Erfurt (octobre 1891), sur le développement des partis socialistes et sociaux-démocrates dans les autres pays, en Autriche-Hongrie, dans les pays scandinaves et en Europe du Sud-Est particulièrement.

Le programme d’Erfurt, conçu par Karl Johann Kautsky, ramène la doctrine du parti à un marxisme strict, débarrassé des thèses de Lassalle. Mais, en 1899, la ligne du révisionnisme apparaît au sein du SPD à la suite d’Eduard Bernstein, qui rejette les principes marxistes de la lutte des classes et de la dictature du prolétariat, au profit des réformes sociales. La querelle de courant qui s’ensuit au sein du parti et le conflit avec les communistes qui se durcit porteront gravement préjudice à l’ensemble de la gauche, qui ne saura pas s’unir à la fin de la République de Weimar, même devant la menace hitlérienne. En 1917, après la scission du SPD — 18 députés protestant contre le vote des crédits de guerre par leur groupe —, une minorité de gauche réunie autour de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg fonde le Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne (Unabhängige Sozialdemokratische Partei Deutschlands, USPD).

3

Le parti dominant sous la République de Weimar

Le 9 novembre 1918, l’empereur Guillaume II abdique et Philipp Scheidemann, socialiste, proclame la république à Berlin. Le SPD reconnaît alors la démocratie parlementaire, en ordonnant au même moment la répression des partisans de la révolution ouvrière par les militaires et des éléments d’extrême droite, les corps francs. La rupture est dès lors définitive entre les sociaux-démocrates et les communistes.

De 1919 à 1930, le SPD est le parti le plus fort du Reichstag et, en février 1919, il fournit, en la personne de Philipp Scheidemann, le chancelier du premier gouvernement de la République de Weimar. Celui-ci démissionne le 20 juin 1919 pour protester contre la ratification du traité de Versailles (22 juin 1919) ; les sociaux-démocrates Gustav Bauer (1919) et Hermann Müller (mars-juin 1920) lui succèdent. De 1919 à 1925, le social-démocrate Friedrich Ebert est le premier président de la jeune république. En 1928, les socialistes et les communistes obtiennent 42 p. 100 des voix aux élections législatives ; Hermann Müller forme alors une « grande coalition », vite attaquée cependant par les partis extrémistes de gauche et de droite.

Après la prise de pouvoir par les nationaux-socialistes en 1933, le SPD, qui avait voté au Reichstag contre la loi d’habilitation conférant à Adolf Hitler les pleins pouvoirs pour quatre ans (23 mars 1933), est supprimé le 22 juin 1933. Ses membres sont impitoyablement poursuivis pendant la dictature nazie, de nombreux sociaux-démocrates meurent assassinés ou en camps de concentration, certains s’exilent, beaucoup participent activement au mouvement de résistance. Un comité directeur du parti, dirigé successivement par Otto Wels (1933-1939) et Erich Ollenhauer (1939-1945), fonctionne en exil (à Prague, 1933-1937 ; à Paris, 1938-1940 ; à Londres, 1941-1945).

4

De l’opposition au gouvernement

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