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Velvet Underground, The

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The Velvet Underground : principaux albumsThe Velvet Underground : principaux albums
Plan de l'article
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Présentation

Velvet Underground, The, groupe de rock américain né en 1965 de la rencontre du chanteur et guitariste Lou Reed et du violoniste, pianiste et bassiste John Cale, et dont le nom (« velours souterrain ») provient du titre éponyme d’un roman sadomasochiste de Michael Leigh.

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Un groupe de rock d’avant-garde

Au début des années soixante, tout juste diplômé en littérature et en journalisme, le jeune Lou Reed s’intéresse au jazz d’avant-garde (celui d’Ornette Coleman notamment) et à la poésie de Delmore Schwartz. Il gagne sa vie en écrivant de la musique commerciale pour la firme Pickwick Records quand il rencontre, en 1964, le Gallois John Cale, boursier venu étudier la musique à New York en 1963 et membre du Dream Syndicate du compositeur minimaliste LaMonte Young. Lou Reed et John Cale sont tous deux animés par un désir commun de fusionner certains traits de l’avant-garde musicale (celle de John Cage et de LaMonte Young particulièrement), la poésie moderne et un rock and roll brut, débarrassé de ses oripeaux commerciaux. Un groupe naît alors à Syracuse dans le New Jersey sous le nom de Falling Spikes, bientôt changé en Primitives qui comprend alors Lou Reed (guitare, chant, composition), John Cale (basse, violon, orgue), le sculpteur Walter De Maria (batterie) et le réalisateur de films expérimentaux Tony Conrad. Cette formation à géométrie variable (Walter De Maria est bientôt remplacé par Angus MacLise) enregistre, sans le moindre succès, quelques faces dont « The Ostrich », une composition de Lou Reed. Mais c’est sous le nom de The Velvet Underground, emprunté à un roman sadomasochiste de Michael Leigh, que le groupe donne son premier concert en novembre 1965 ; outre Lou Reed et John Cale, la phalange est maintenant constituée du guitariste Sterling Morrison et d’un batteur féminin, qui joue debout (et remplace MacLise), Maureen Tucker.

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The Velvet Underground & Nico

Quelques mois plus tard, Gerard Malanga les désigne à l’attention d’Andy Warhol. Celui-ci devient rapidement en quelque sorte leur manager et leur présente la chanteuse Nico, connue pour avoir fait, en Europe, une apparition dans la Dolce Vita de Fellini. Le groupe est bien vite intégré au monde de la Factory, et en particulier au Exploding Plastic Inevitable, spectacle multimédia avant la lettre, qui mêle projections de films et de diapositives, danses, et bien sûr la musique agressive du Velvet Underground, le chant détimbré de Lou Reed, la frappe sèche et métronomique de Maureen Tucker, les riffs saturés de Sterling Morrison ou encore les dissonances du violon de John Cale. Avec des titres comme « Heroin » ou « Waiting for my Man », The Velvet Underground décrit l’omniprésente drogue (héroïne, amphétamine, cocaïne), les sexualités aberrantes, la paranoïa et l’agressivité urbaines de Manhattan et des mégalopoles modernes ; ces paroles et les thèmes qui y sont abordés finiront par provoquer une véritable onde de choc dans le monde de la pop, pour l’heure plus volontiers attentif aux messages pacifiques distillés par les hippies et la musique psychédélique.

En 1967 sort le premier album du groupe, The Velvet Underground and Nico, dont la pochette en forme de peau de banane pelée est l’œuvre d’Andy Warhol, également crédité producteur — même s’il n’a fait qu’avancer les quelques dollars qui ont servi à réaliser l’enregistrement. Outre les compositions citées plus haut, on retiendra « Black Angel’s Death Song » et dans une veine opposée, mais néanmoins consubstantielle au groupe et révélatrice du goût profond de Lou Reed pour la romance (parfois noire) et une introspection sensible, « Sunday Morning », « I’ll Be Your Mirror », « Femme Fatale » ou « All Tomorrow’s Parties », toutes chantées par la glaciale Nico. La compagnie Verve hésite à distribuer commercialement l’album et n’y consent qu’au bout d’une année.

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D’un départ à l’autre

Après le départ de Nico, jamais vraiment acceptée par le reste du groupe, et l’éloignement d’Andy Warhol, The Velvet Underground sort un nouvel album, White Light / White Heat, à l’automne 1967 : tout entier centré sur les compositions les plus métalliques et les plus bruyantes du groupe, traversé d’effets larsen, il anticipe déjà le mouvement punk. Se signalent les dix-sept minutes de « Sister Ray », le long poème narré par John Cale, « The Gift », ou encore « Lady Godiva’s Operation ».

À la suite d’un conflit de personne avec Lou Reed, John Cale quitte le groupe au printemps 1968, bientôt remplacé par Doug Yule. Troisième album officiel d’un groupe devenu culte et objet de nombreux enregistrements clandestins, deux albums sortent ensuite : The Velvet Underground (1969) constitue une rupture radicale par rapport à l’album précédent, purgé de toute violence, alignant plutôt de sages et pourtant poignantes chansons comme « Pale Blue Eyes », « Candy Says » ou « Beginning to See the Light ». Au début de l’année 1970, le groupe est signé par le label Atlantic, ce dernier étant, semble-t-il, décidé à tirer le meilleur parti d’un groupe jusque-là délaissé par les labels qui l’avaient hébergé. Maureen Tucker est remplacé par Billy Yule, le frère du bassiste, et le groupe enregistre l’album Loaded (1970), album plus conventionnel certes, mais qui comporte pourtant les titres « Sweet Jane » et « Rock and Roll » que Lou Reed ne cessera d’interpréter tout au long de sa carrière personnelle. Mais le chanteur quitte le groupe pendant l’enregistrement de l’album : encore une fois, des conflits de personnalité avec un Doug Yule ambitieux et une cure de désintoxication sont les raisons les plus souvent invoquées pour expliquer cette démission. En l’absence des membres fondateurs, Doug Yule parvient tout de même à sortir Squeeze en 1973, album qui n’a jamais retenu l’attention. En 1990, John Cale et Lou Reed se retrouvent à l’occasion de l’enregistrement de l’album Songs for Drella et de l’exposition Andy Warhol organisée par la Fondation Cartier, puis The Velvet Underground au complet se reforme le temps d’une tournée, expérience éphémère dont témoigne un album live enregistré à Paris.

Des musiciens tels que David Bowie, Patti Smith, Brian Eno, Sonic Youth, Roxy Music, Television, Iggy Pop ou encore les New York Dolls ont reconnu l’influence prépondérante de ce groupe clé de la musique rock.

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