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Kraftwerk, groupe allemand de musique électronique formé en 1970. Fer de lance du Deutsche rock puis du Krautrock (à l’instar d’un autre groupe allemand, Can), et incarnation du « son Düsseldorf », Kraftwerk est un groupe pionnier dans l’usage des nouvelles technologies (synthétiseur monophonique Moog et boîtes à rythmes). Il figure en outre parmi les influences majeures de la house de Detroit, de la techno pop et de la techno, de la new wave et même du hip-hop première école, comme l’atteste le « Planet Rock » d’Africa Bambataa, relecture du « Trans-Europ Express » du duo germanique.
Kraftwerk naît de la rencontre en 1969 de deux étudiants du conservatoire de musique classique de Düsseldorf, Ralf Hütter et Florian Schneider, qui adoptent définitivement ce nom en 1970 après avoir enregistré l’album Tone Float (1969) sous le nom d’Organisation. Après le diptyque Kraftwerk 1 (1971) / Kraftwerk 2 (1972) et Ralf & Florian (1973), le duo expérimental connaît le succès avec l’album Autobahn (1974), dernière production à recourir à des instruments acoustiques, enregistrée avec l’aide du violoniste et guitariste Klaus Roeder et du percussionniste Wolfgang Fur. Le disque triomphe aux États-Unis, ce qui incitera par la suite le groupe à publier ses albums suivants à la fois en version allemande et anglaise. La musique de Kraftwerk, reposant sur d’excellentes compositions, revendique un son caractérisé par une froideur « industrielle » et l’utilisation de séquences répétitives utilisées comme structures rythmiques — affirmation, au dire du groupe, de la « structure mécanique de la langue allemande ». À rebours de l’utopie hippie, Kraftwerk puise son inspiration dans les grands mythes de la société moderne : l’électricité, l’autoroute (Autobahn en allemand), les voyages en train (Trans-Europ Express, 1977), la fascination pour le progrès, la technologie et l’atome (Radio-Aktivitat, 1975). Avec un détachement robotique caractérisé par la coupe de cheveux courts, des costumes stricts et des attitudes hiératiques, le groupe cultive la communion réussie de l’homme et de la machine — The Man Machine (1978) proclame ainsi dès son ouverture We’re the Robots / We’re functionning automatic (littéralement « nous sommes des robots / nous fonctionnons automatiquement ») — et l’absence d’émotions.
Après avoir longtemps prêché dans le désert en parfait avant-gardiste, Kraftwerk est rattrapé par l’histoire avec le déferlement de la techno pop et de la new wave britanniques qui popularisent de manière systématique les innovations du duo allemand. Ils commentent ironiquement cette esthétique électronique dans Computer World (1981). De même, tandis qu’il prend une distance critique avec ses thèmes de prédilection dans The Mix (1991), Kraftwerk est intronisé père fondateur de la techno. Electric Café (1986) est le dernier album studio du groupe ; plus commercial que ses prédécesseurs, il témoigne également d’une moindre inspiration et constitue le chant du cygne d’une formation rejetée dans un premier temps pour son élitisme puis adulée et respectée pour sa contribution essentielle à l’avènement des musiques électroniques. À l’occasion de l’Exposition universelle d’Hanovre en 2000, Kraftwerk a publié Expo 2000.
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