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Plan de l'article
Présentation ; Le rejet puis la reconnaissance d’un son nouveau ; Homework, album de la consécration ; Entre indépendance et technologie, une démarche moderne et pluridisciplinaire
Daft Punk, groupe de techno français formé en 1992. Figure emblématique de la French Touch et de l’avènement des musiques électroniques à la fin des années 1990, Daft Punk est un groupe à la fois énigmatique et parfaitement ancré dans une époque marquée par l’omniprésence de la technologie.
Nés à Paris, Thomas Banghalter et Guy Manuel de Homem Christo se rencontrent sur les bancs de l’école en 1987. Un goût profond pour les grands classiques du rock et de la pop (Scott Walker et Marc Bolan du groupe glam rock T. Rex notamment) les rapproche. Leur premier groupe s’appelle Darlin’ ; sous ce nom, ils enregistrent en 1992 une reprise de la chanson « Darlin’ » des Beach Boys, incluse sur une mini-compilation publiée par le label anglais Duophonic. Traité de « punk stupide » (daft punk en anglais) par le magazine musical britannique Melody Maker, le duo en profite pour se rebaptiser ironiquement Daft Punk. Les singles « New Wave / Alive » (1993) et « Da Funk / Music » (1994) leur ouvrent les portes du marché anglais (lors de leur réédition de 1996) et celles du label Virgin. La reconnaissance est au rendez-vous, et les Chemical Brothers (l’une des formations majeures de la scène techno anglaise) confient aux jeunes Français le remix de leur chanson « Life Is Sweet ».
Entraîné par le tube « Around The World », véritable hymne disco nouvelle école, l’album Homework (1997) est un succès critique et commercial international, jusqu’alors inédit dans l’histoire de la musique populaire française. Désormais, pour qualifier la nouvelle scène électronique de l’Hexagone (représentée par Laurent Garnier, Air, Étienne de Crécy, St Germain, DJ Cam, Dimitri From Paris, etc.), la presse anglo-saxonne parle respectueusement de French Touch (littéralement « marque française »). Sur les brisées de la hard house (house tendance brute et radicale) de Detroit (États-Unis), Homework (dont le titre joue sur la double signification « devoir scolaire » et « fait chez soi ») entérine une nouvelle conception de la musique, conçue dans un home studio (« studio à la maison ») à l’aide d’un ordinateur et d’échantillonnages sonores. Synthèses habiles de house, de disco, de funk et de breakbeats, les mélodies accrocheuses de Homework déroulent leurs boucles synthétiques qui attestent d’un sens du groove et de l’excitation rythmique résolument réjouissants.
S’illustrant dans un genre (la techno) qui prétend bousculer les canons esthétiques et rêve d’une musique sans auteurs, Daft Punk se montre pourtant très soucieux de son image. Si le duo se cache délibérément derrière des masques (au sens propre) afin de protéger son identité et son intimité, il confie ses clips à des vidéastes et des cinéastes talentueux, tels Michel Gondry, Spike Jonze ou encore Sofia Coppola. À l’occasion de la sortie de leur très attendu deuxième album, Discovery (2001) — le titre est une référence à la navette spatiale du film de Stanley Kubrick 2001 : l’Odyssée de l’espace et à l’un des albums du groupe de rock progressif Electric Light Orchestra paru en 1979 —, Daft Punk inaugure un nouveau principe d’accès (payant) à leur musique sur Internet, profitant ainsi des opportunités offertes par la technologie multimédia. Musicalement, l’album témoigne d’influences multiples, de Supertramp à Eddie Van Halen en passant par Giorgio Moroder ou les Buggles (auteurs du célèbre « Video Kills the Radio Stars »). Assimilés et retranscrits de façon plus ludique qu’éminemment respectueuse, ces emprunts sont mis en valeur par une assise rythmique tour à tour house et disco. Adepte d’une démarche artistique ouverte à différentes formes d’expression et de création, Daft Punk écrit et met en musique le film Interstella 5555: The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem (2003), présenté au festival de Cannes. Réalisé par Reiji Matsumoto, ce space opera (« opéra spatial ») est inspiré par le cinéma d’animation japonais. L’album Human After All (2005, « humain, après tout »), qui connaît un accueil critique mitigé, repose pour sa part essentiellement sur la répétition de motifs de guitare accompagnés de rythmes synthétiques et de vocoders (appareils permettant la transformation synthétique de la voix, soit un « masque » supplémentaire voilant l’identité humaine du groupe).
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