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presse féminine, journaux spécialisés destinés au public féminin.
Le début du XXe siècle est bien éloigné des années 1960-1980, qui marquent, avec l’après-Seconde Guerre mondiale, deux périodes clefs de l’histoire de l’émancipation féminine. Du reste, dès les années 1900 et après les prémices timides des années 1850-1900, une relative libéralisation du statut de la femme se traduit par l’apparition d’une presse spécialisée, qui bénéficie de l’élan propre à « l’âge d’or » de la presse et de la naissance des magazines. Apparaissent alors des publications aux titres parfois très symboliques, tels Femina, la Revue féminine, la Femme de l’avenir, l’Abeille… Après la Première Guerre mondiale, ce mouvement s’accentue (Modes et Travaux paraît en 1919) et dépasse la seule presse périodique, puisque les rubriques féminines fleurissent dans les quotidiens, comme dans le Paris-Soir de Jean Prouvost. Les progrès de l’émancipation féminine — lente mais réelle — ajoutés à la dynamique du marché des magazines, favorise l’apparition de nombreux titres spécialisés dont Femmes d’aujourd’hui (1933) et la Maison de Marie-Claire (1928). Ici encore, Jean Prouvost se situe à l’avant-garde, en lançant, en 1937, un titre pérenne et voué à un rapide succès : Marie-Claire. Après la Seconde Guerre mondiale, ce mouvement est confirmé. En témoigne le succès international du magazine américain Vogue (lancé en 1921). Outre la création de Marie-France (1944) et de Bonne Soirée (1947), Elle, modèle du magazine féminin (1945), jouit d’emblée d’un succès dépassant les frontières hexagonales (800 000 exemplaires au cours des années soixante). Soulignons encore l’apparition de groupes spécialisés, tel celui de Cino del Ducca, propriétaire de journaux du cœur et de journaux féminins.
Mais ce sont sans conteste les années 1960-1980 qui donnent le feu vert au développement d’une presse féminine pléthorique : celle-ci bénéficie alors pleinement à la fois de l’affirmation conquérante du marché périodique en France (plus que dans d’autres pays d’ailleurs), du vaste mouvement socioculturel et des mentalités qui transforment le statut et la représentation de la femme. En 1970, six des douze titres magazines millionnaires sont féminins. Le marché est dominé par Elle, Marie-Claire, Marie-France, Femmes d’aujourd’hui, Bonne Soirée, Votre Beauté, Femme pratique, Clair Foyer, Mon Ouvrage, Dépêche Mode, etc. De la même façon, les magazines féminins allemands établissent des records : les hebdomadaires Bild der Frau et Neue Post tirant alors chacun à plus de 1,5 million d’exemplaires. Les années quatre-vingt voient apparaître de nombreuses publications devenues depuis des titres importants et pérennes ; des hebdomadaires : Madame Figaro (1980), Femme actuelle (1984), Maxi (1986), Voici (1987) ; des mensuels tels que Biba (1980), Prima (1982), Avantages (1988). Il faut également noter la diversification du secteur, avec des titres destinés aux jeunes femmes, dont 20 Ans (1960) et Jeune & Jolie (1987). Les années quatre-vingt-dix confirment cette tendance. Avec une centaine de titres, le secteur des périodiques féminins est un des plus porteurs (avec celui de la télévision) et il est le plus important support publicitaire de la presse française. Le ténor, Femme actuelle (hebdomadaire, 1,7 million d’exemplaires en 2000), et ses suivants (Prima, Modes et Travaux, Maxi, Marie-Claire, Avantages, Elle, Cosmopolitan, Questions de femmes, etc.) touchent aujourd’hui 17 millions d’acheteuses pour une audience globale cumulée estimée à 36 millions de lectrices.
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