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presse sportive

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Présentation

presse sportive, presse spécialisée dans le domaine du sport, née à la fin du XIXe siècle.

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Le sport, le journaliste et l’événement

La fin du XIXe siècle voit se développer trois phénomènes synergiques : « l’âge d’or » de la presse, le progrès des pratiques sportives plébiscitées par la République et par la démocratisation du droit au loisir pour tous. Prenant acte du point de rencontre que constituent ces trois phénomènes, certains journalistes se lancent dans l’aventure de la presse sportive. Dès la fin du siècle, le Vélo et l’Auto-Vélo (1898) s’assurent de beaux tirages (120 000 exemplaires en 1912 pour le second) et des rédactions pléthoriques ; en 1900, l’Auto-Vélo, dirigé par deux jeunes journalistes, Victor Goddet (le père de Jacques Goddet) et Henri Desgrange, comprend ainsi déjà 542 correspondants.

À l’instar des grands quotidiens d’informations à vocation sportive (tel le Matin), ces titres sont capables non seulement de suivre et de relater l’événement, mais de le créer pour lutter contre la concurrence et pour accroître leur audience auprès d’un lectorat friand de manifestations publiques. En 1901, l’Auto-Vélo, en lutte avec le Vélo, organise la course cycliste Paris-Brest. En 1903, l’Auto (1902) lance le Tour de France.

La presse sportive influence en profondeur les pratiques sociales et le cadre sportif : le magazine Femina (1900) joue un rôle déterminant dans le développement du sport féminin et, aux États-Unis, Golf Illustrated favorise la professionnalisation des golfeurs (50 professionnels au départ de l’open des États-Unis en 1901, plus de 300 en 1903 !).

Au début des années 1910, l’univers des quotidiens français ne compte pas moins de 8 titres sportifs, auxquels s’ajoute une trentaine de périodiques, dont Tennis et Judo.

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Un secteur solide

Dans l’entre-deux-guerres, les recettes de l’information générale mettent le sport à l’avant-scène. En 1938, Paris-Soir lance 40 collaborateurs, 10 voitures, 8 motos et un avion sur le Tour de France ! Quant à l’Auto-Vélo, il tire à 350 000 exemplaires en 1939. Témoins de ce succès, les magazines se développent, avec des titres illustrés comme Match (l’ancêtre de Paris-Match) et Miroir du sport ou des titres plus spécialisés, tels que Foot-Ball ou Coup-Franc.

Après-guerre, la presse sportive marque le pas : l’Équipe, lancé en 1946 sur la dépouille de l’Auto et dirigé dès 1947 par Jacques Goddet, qui en a constitué la rédaction, se trouve très vite en situation de monopole sur l’information quotidienne. Cette situation perdure. Elle est propre à la France ; en Italie, par exemple, plusieurs titres, dont la Gazzetta dello sporto (500 000 exemplaires), se partagent aujourd’hui 1,5 million de lecteurs.

Les années 1960-1970 marquent une reprise déterminée, ici encore, par le taux croissant des pratiques sportives et l’engagement des journaux dans l’événementiel sportif. En 1970, le secteur comprend 169 titres et des tirages appréciables : l’Action automobile et touristique (périodique, 550 000 exemplaires), l’Équipe (330 000 exemplaires), etc.

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Développement et hyper-spécialisation

Les années quatre-vingt marquent une pause. Mais, avec 109 titres en 1995 et la relance de la croissance, cette presse recommence à s’étoffer, évoluant toujours au rythme de la multiplication et la diversification des pratiques sportives, de la médiatisation accrue des spectacles sportifs et de l’augmentation des temps de loisirs.

La manne du médium « sport » est loin d’être épuisée. Le marché ne semble pas saturé (sauf, étrangement, pour les quotidiens, comme le montre l’échec du journal le Sport en 1987-1988), d’autant qu’en dehors des locomotives thématiques (football, tennis, cyclisme, turf, rugby, voiture), parfois suscitées ou créées par les journaux eux-mêmes, et à mi-chemin entre sport et loisir, les sports nouveaux, extrêmes ou de glisse, trouvent des supports médiatiques. Ainsi, le groupe Sofimav implanté à Toulouse s’est spécialisé dans l’édition de magazines aquatiques, avec Natation et Apnea. Dans un autre registre, certaines pratiques spécifiques donnent lieu à la publication de titres dédiés à un public hyper-ciblé, comme en triathlon (220,Triathlon).

En outre, l’avènement d’Internet (particulièrement sensible à la fin des années quatre-vingt-dix en France) a permis à de nombreux groupes de presse, télévisuelle ou écrite, de renouveler et d’approfondir leurs activités éditoriales et de séduire ainsi des « lecteurs » d’un genre nouveau, toujours plus exigeants en termes de délais d’information (désormais réduits à néant, le direct ayant définitivement supplanté le différé) et de fiabilité des contenus.

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