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France (histoire)Article
Plan de l'article
Présentation ; De la préhistoire à l’âge du fer ; La Gaule ; Le Moyen Âge ; La France moderne et l’Ancien Régime ; La France contemporaine ; La France d’aujourd’hui : la Ve République (depuis 1958)
En 1624, Louis XIII fait entrer au Conseil le cardinal de Richelieu qui ne tarde pas à y occuper une place prépondérante, pour devenir le véritable gestionnaire du pays. Son programme tient en deux points : éliminer les velléités de contestation du pouvoir royal et contenir les menaces extérieures. Les privilèges dont jouissent les protestants apparaissent à Richelieu comme une négation du pouvoir royal. Révoltés en plusieurs points du royaume, ils en sont venus à constituer, aux yeux du cardinal, une réelle menace. Richelieu fait assiéger La Rochelle (1627-1628) puis porte la guerre dans les Cévennes. Les protestants demandent la paix. En 1629, le roi leur accorde l’édit d’Alès, qui revient sur les privilèges de l’édit de Nantes mais réaffirme la liberté de culte. En même temps, dans un climat d’hostilité générale — cristallisée autour de Gaston d’Orléans (frère du roi et héritier présomptif jusqu’à la naissance de Louis XIV en 1638), de Marie de Médicis, la reine mère, et d’Anne d’Autriche, la reine d’origine espagnole, qui lui reproche la politique qu’il mène envers son pays — le cardinal s’attache à réduire la puissance politique des grands. Il n’hésite pas à faire exécuter certains d’entre eux : le comte de Bouneville pour entrave à l’édit d’interdiction des duels (1626) ; le duc de Montmorency, cousin de Louis XIII et gouverneur du Languedoc, qui s’est révolté (1632) ; Cinq-Mars, le favori du roi, qui a participé à un complot (1642). Pour miner l’autorité des grands sur leurs propres terres et s’assurer de l’exécution fidèle de la politique royale dans les provinces, il divise le royaume en trente nouveaux districts administratifs (les généralités), placés sous la direction d’un intendant, officier royal issu de la bourgeoisie. Progressivement, les intendants acquièrent d’énormes pouvoirs en matière de police, de justice et de finances, et rétablissent partout l’autorité du souverain. Richelieu encourage le développement d’une flotte marchande, accorde des chartes aux compagnies pour le commerce extérieur et favorise l’expansion coloniale de la France. Une colonisation systématique est entreprise au Canada français (la Nouvelle-France, aujourd’hui province du Québec) et les premiers postes commerciaux sont établis en Afrique et aux Indes occidentales. Pour protéger le commerce et les colonies, il crée la marine française, instituant une flotte de galères en Méditerranée et une flotte de quarante voiliers sur l’Atlantique. Mais l’inflation, l’augmentation des impôts — qui doivent soutenir l’effort de guerre au cours de la guerre de Trente Ans —, les disettes et les épidémies plongent toute une partie de la population dans une profonde misère. Des révoltes paysannes éclatent en Bourgogne en 1625-1630, dans le Sud en 1637-1641 (Croquants du Limousin), en Normandie en 1639. Toutes sont sévèrement réprimées.
Lorsque Richelieu accède au pouvoir en 1624, la guerre de Trente Ans ravage l’Europe depuis 1618. En 1635, quand il devient évident que l’empereur Ferdinand II de Habsbourg cherche à placer les princes protestants allemands sous son autorité, Richelieu fait entrer la France dans la guerre aux côtés de la Suède et des Pays-Bas protestants, et contre les Habsbourg catholiques. Conclus en 1648, six ans après la mort de Richelieu, les traités de paix de Westphalie qui mettent fin au conflit apportent une grande partie de l’Alsace à la couronne française. À la suite de la paix avec l’Espagne (traité des Pyrénées, 1659), la France acquiert l’Artois et le Roussillon. Les ambitions des Habsbourg ont été contrariées et la France sort de la guerre comme le grand vainqueur, imposant son hégémonie sur l’Europe continentale.
Lorsque Richelieu meurt en 1642, Louis XIII confie la direction des affaires au cardinal Mazarin. Le roi s’éteint l’année suivante, laissant le trône à son fils de 5 ans. La reine Anne d’Autriche assure la régence.
Mazarin poursuit la politique de son prédécesseur et continue la lutte contre les Habsbourg, auxquels il finit par imposer une paix à l’avantage de la France. Mais la situation du royaume est de nouveau dramatique : la guerre a aggravé les difficultés financières et, partout, les soulèvements se multiplient. Pour renflouer les caisses de l’État, Mazarin doit prendre de nouvelles mesures fiscales (taxes, emprunts forcés), alors que la crise économique ruine de nombreux marchands et laisse sans emploi de plus en plus de travailleurs. En 1648, les magistrats du Parlement de Paris, la plus haute cour judiciaire du royaume, font corps avec la bourgeoisie parisienne pour protester contre la lourdeur des impôts. Avec le soutien populaire de la capitale, ils déclenchent une rébellion contre la couronne, la Fronde parlementaire (1648-1649), bientôt suivie par la Fronde des princes (1650-1653). Cette véritable guerre civile échoue dans sa tentative de remettre en cause la centralisation du pouvoir. Le roi Louis XIV et Mazarin, qui ont dû quitter Paris, reviennent triomphalement après le départ des armées coalisées du prince de Condé. La crise a provoqué une dégradation supplémentaire de la situation du pays, disettes et épidémies font grimper le taux de mortalité et ralentissent durablement la croissance de la population ; mais elle a convaincu Louis XIV, décidé à ne plus revivre une telle humiliation, de la nécessité d’un pouvoir absolu et persuadé les Français que la paix intérieure est primordiale, dût-elle passer par le renforcement de l’autorité royale.
À la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV, qui n’a alors jamais pris part au gouvernement, décide qu’il sera lui-même son Premier ministre. Pendant son long règne (il meurt en 1715), il dirige personnellement la France, s’imposant comme le modèle du monarque absolu, légitimé par le droit divin (voir absolutisme). Dès le début de son règne, Louis XIV jette les bases de la structure de l’État centralisé. Mettant fin au système des ministères institué par Richelieu, il organise plusieurs conseils chargés d’appliquer ses instructions et il y fait entrer des gestionnaires compétents, grands commis de l’État : Fouquet, le surintendant des Finances nommé par Mazarin, est disgracié et remplacé par Colbert ; Le Tellier, secrétaire d’État à la Guerre, associe à son travail son fils Louvois qui lui succède. Veuf de Marie-Thérèse d’Autriche en 1683, Louis XIV épouse secrètement Mme de Maintenon, qui exerce une grande influence sur le roi en matière politique et religieuse. Les parlements, privés de leur titre de « cours souveraines », sont réduits au silence dès 1673 et contraints d’enregistrer sans discussion les ordonnances royales (fin du droit de veto). Les états généraux ne sont pas convoqués pendant toute la durée du règne. La police est réorganisée et concentrée sous l’autorité d’un lieutenant général de police (1667). La centralisation progresse dans tout le pays, mais n’est pas uniforme puisque les régions récemment conquises (Roussillon, Flandre, Artois, Alsace) conservent, au moins en partie, leurs pratiques antérieures. Les états provinciaux sont supprimés ou bien dépouillés de toute compétence politique. Conformément à la tradition, instituée par Richelieu, de ne pas associer les grands au gouvernement, le roi attire les membres de la haute noblesse à la cour, fastueusement installée au château de Versailles à partir de 1682, par l’octroi de pensions ou de postes prestigieux, mais les cantonne dans le domaine de l’organisation des cérémonies. Soutien privilégié du roi, la bourgeoisie d’affaires voit ses aspirations satisfaites par le maintien de l’ordre, par la promotion active du commerce et de l’industrie, et par la possibilité de faire fortune grâce aux commandes de l’État.
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