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France (histoire)

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France : drapeau et hymneFrance : drapeau et hymne
Plan de l'article
5.2.3. 3
L’action de Colbert : finances et économie

C’est à Jean-Baptiste Colbert que revient la tâche de redresser la situation économique du pays. Une fois de plus, les caisses de l’État sont vides ; aux impôts traditionnels — taille, levée par des fonctionnaires royaux ; gabelle, aides et traites levées par des fermiers qui prélèvent au passage un pourcentage — sont ajoutés deux nouveaux impôts directs, la capitation et le dixième applicables, en principe, à tous les sujets du royaume.

Colbert est le grand défenseur du mercantilisme, destiné en premier lieu à augmenter les réserves monétaires de l’État, et développe en ce sens une politique instaurée par Sully sous Henri IV et poursuivie par Richelieu. Il favorise l’essor de l’industrie nationale par la création de manufactures (les Gobelins et Aubusson pour les tapisseries, Saint-Gobain pour le verre) et par l’octroi de nombreuses subventions. En matière d’agriculture, il donne la priorité aux cultures industrielles (lin, chanvre, mûrier). Il met en place des barrières protectionnistes, protège les marchés coloniaux (en particulier les Antilles françaises) et accorde des chartes aux compagnies commerciales d’outre-mer (Compagnies des Indes orientales, 1664 ; des Indes occidentales, 1664 ; du Nord, 1669 ; du Levant, 1670) pour concurrencer les compagnies hollandaises et anglaises. Le développement de la marine est une priorité (achat de navires, construction d’arsenaux et aménagement des ports de Sète, Lorient et Brest). À l’intérieur, les infrastructures (ponts, routes, voies navigables) sont améliorées. Mais le mercantilisme, source de développement économique contrôlé par l’État, va aussi être un générateur de guerres (voir colbertisme).

5.2.3. 4
Une politique étrangère belliqueuse

Louis XIV, qui contrôle de près la politique étrangère, entraîne le pays dans quatre guerres coûteuses qui vont permettre l’agrandissement du royaume. Dans la lignée de Richelieu et de Mazarin, il poursuit la politique d’hostilité à l’égard du Saint Empire, cherchant par tous les moyens à réduire le pouvoir et l’influence des Habsbourg en Europe. Les noms de Vauban, spécialiste des techniques du siège et des fortifications, et de Louvois, secrétaire d’État à la Guerre et organisateur d’une armée puissante, sont indissociables de cette action militaire.

Dès 1667, sous prétexte de faire valoir les droits de sa femme, l’infante Marie-Thérèse (fille de Philippe IV d’Espagne), sur la province des Pays-Bas espagnols, Louis XIV se lance dans la guerre de Dévolution et envahit les Flandres et la Franche-Comté. La Triple-Alliance de la Suède, des Provinces-Unies et de l’Angleterre le force à négocier une paix de compromis en 1668 (traité d’Aix-la-Chapelle), par laquelle la France gagne onze places fortes sur la frontière nord-est.

En 1672, au nom de considérations stratégiques et économiques Louis XIV mène la guerre de Hollande, au cours de laquelle il se trouve confronté à la résistance hollandaise et à une coalition puissante menée par l’Angleterre. La France sort de six ans de guerre agrandie de la Franche-Comté sur la frontière de l’est et d’une douzaine de places fortifiées au sud des Pays-Bas (traité de Nimègue, 1678).

En 1689, la ligue d’Augsbourg, conduite par Guillaume d’Orange-Nassau qui vient d’accéder au trône d’Angleterre sous le nom de Guillaume III, entre en guerre contre Louis XIV pour l’empêcher d’annexer les territoires proches des villes cédées au cours des traités précédents (annexion progressive de Montbéliard, Courtrai, Sarrebruck, Sarrelouis, etc.). Après huit années de guerre, Louis XIV doit restituer par le traité de Ryswick (1697) toutes les conquêtes postérieures au traité de Nimègue, excepté Strasbourg, et est contraint d’accepter à sa frontière septentrionale une ligne de places fortes hollandaises.

Enfin, en 1701, la France entre dans la guerre de Succession d’Espagne, qui a pour origine l’acceptation par Louis XIV du testament du roi d’Espagne Charles II — offrant le trône à Philippe d’Anjou, petit-fils du monarque français. Une grande alliance composée principalement de l’Angleterre, des Provinces-Unies et du Saint Empire, s’oppose à la France et à l’Espagne mais la paix d’Utrecht (1713) et celle de Rastadt (1714) permettent à Louis XIV d’atteindre son objectif : son petit-fils se voit confirmer la couronne espagnole et succède à Charles II sous le nom de Philippe V.

5.2.3. 5
Les affaires religieuses

L’absolutisme de Louis XIV n’épargne pas l’Église. Le jansénisme, né à la fin du xviie siècle, est politiquement menaçant par sa mise en avant de la suprématie de la conscience individuelle ; Louis XIV lutte contre ce mouvement dès son apparition et finit par ordonner la destruction de l’abbaye de Port-Royal-des-Champs (1709-1711), centre spirituel du jansénisme en France. Il s’oppose également longuement au Saint-Siège, à propos de la régale, droit qui, dans certains diocèses, lui permet, en cas de vacance à la tête d’un évêché, de toucher les revenus en attendant l’installation du nouvel évêque. Lorsque Louis XIV veut étendre ce droit à l’ensemble du royaume, la protestation de certains évêques et du pape Innocent XI (1678) l’amène à rechercher l’appui du clergé national (voir gallicanisme). En tant que représentant de Dieu sur terre, il peut désormais raffermir son contrôle sur la hiérarchie de l’Église, et le clergé, par son obéissance, fournit la justification théologique de son droit divin, conformément à la théorie formulée par Bossuet.

« Une foi, une loi, un roi » : au nom de cette maxime, Louis XIV décide de combattre les 900 000 protestants du royaume qui constituent à ses yeux une entrave à l’absolutisme et à la centralisation. Dans un premier temps, les huguenots sont victimes de brimades de toutes sortes, contraints à des conversions massives par les « dragons » du roi. Leur culte est interdit en public et les prédicateurs chassés du pays. En 1685, pensant que la majorité des protestants s’est convertie au catholicisme, le roi décide de révoquer l’édit de Nantes par l’édit de Fontainebleau. Près de 200 000 huguenots quittent alors la France pour se rendre en Angleterre, dans les cantons suisses et dans les Provinces-Unies ; parmi eux, se trouvent de très nombreux artisans qualifiés, intellectuels et officiers qui vont priver le pays d’une contribution importante. Certains protestants, exaspérés par l’ampleur de la répression et ce qu’ils considèrent comme une trahison, entament une révolte ouverte : dans les Cévennes, les camisards tiennent tête pendant deux ans aux armées du roi, mobilisant contre elles 10 000 hommes alors que sévit la guerre de Succession d’Espagne. Malgré ces différentes tentatives, Louis XIV ne parvient pas à anéantir la religion réformée.

5.2.3. 6
Une vie artistique et culturelle florissante

L’art du Grand Siècle, comme on a coutume d’appeler le règne de Louis XIV, est au service de la monarchie absolue, et le château de Versailles, érigé à la gloire du Roi-Soleil, consacre le rayonnement de l’art français par ses peintures, ses sculptures, sa décoration intérieure, ses jardins à la française et ses techniques de construction (voir style Louis XIV). Protecteur des arts, Louis XIV crée des Académies de peinture et de sculpture (1663), d’architecture (1671), entretient des auteurs comme Corneille et Racine en leur distribuant des pensions, permet la représentation d’œuvres théâtrales dont celles de Molière, nomme un surintendant de la musique (Lully) pour faire progresser la qualité dans la composition et l’exécution des partitions. L’époque est à la préciosité — tant dans la littérature mondaine (Mme de Sévigné, La Rochefoucauld) que dans le théâtre (opéras, ballets) et dans les arts décoratifs — et au classicisme dans tous les domaines.

Cependant, c’est souvent aussi à travers la littérature que se manifeste l’opposition à l’absolutisme : La Bruyère et Fénelon, par exemple, ne manquent pas de critiquer le régime et les inégalités de leur époque, et la fin du règne de Louis XIV voit se développer la querelle des Anciens et des Modernes, sorte de crise de conscience parallèle à l’affaiblissement du pouvoir royal.

5.2.3. 7
La fin du règne

La fin du règne de Louis XIV est sombre et difficile. La guerre, qui s’ajoute à l’hiver exceptionnellement rigoureux de 1709, provoque une famine. Les maigres récoltes et une pression fiscale excessive ramènent la misère en France. En Languedoc et en Auvergne, les paysans se soulèvent. Des Parisiens viennent manifester sous les fenêtres de Versailles et les camisards continuent à combattre pour leur foi dans les Cévennes. L’édifice de l’absolutisme craque de toutes parts et les Français aspirent à un nouveau règne. Une épidémie de variole en 1711-1712 fait disparaître coup sur coup trois héritiers au trône, laissant l’arrière-petit-fils de Louis XIV, le futur Louis XV, comme seul survivant direct.

5.2. 4

Louis XV (1715-1774)

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