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France (histoire)Article
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Présentation ; De la préhistoire à l’âge du fer ; La Gaule ; Le Moyen Âge ; La France moderne et l’Ancien Régime ; La France contemporaine ; La France d’aujourd’hui : la Ve République (depuis 1958)
C’est dans un contexte de crise aggravée et sous la pression de certains de ses ministres que le roi Louis XVI accepte de convoquer des états généraux, le 8 août 1788. Partout dans le pays, au cours de l’année 1789, les revendications et plaintes de la population sont consignées dans des cahiers de doléances que les représentants des trois ordres portent à Versailles, où se tient la réunion. L’ouverture des séances, le 5 mai 1789, déçoit les espoirs de changement : attaché à ses prérogatives de monarque absolu, Louis XVI n’évoque pas les réformes politiques tant espérées. Le 17 juin, les députés du tiers état (représentant 96 % de la population française et aspirant à jouer un rôle à la mesure de leur importance numérique) se proclament « Assemblée nationale » et invitent les autres ordres à se joindre à eux ; le 20 juin, lors du serment du Jeu de Paume, ils jurent solennellement de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France. Sur les conseils de son ministre Jacques Necker, le roi admet rapidement cette révolution juridique qui le place sous le contrôle des représentants de la nation et, le 9 juillet, l’Assemblée se déclare « constituante ».
Dans un climat d’effervescence générale, Louis XVI fait masser 20 000 soldats autour de Paris. Le 12 juillet 1789, lendemain du renvoi de Jacques Necker, la tension est à son comble : craignant une reprise en main par le roi, le peuple de Paris, accablé par le chômage et le prix élevé des denrées, prend les armes et s’attaque à la symbolique forteresse de la Bastille, le 14 juillet 1789. Dans tout le pays se généralise une agitation entretenue par les sociétés de pensée révolutionnaire. Une révolte paysanne se répand dans les campagnes, la Grande Peur, poussant l’Assemblée nationale constituante inquiète à proclamer, lors de la nuit du 4 août, l’abolition des privilèges. Le 26 août, elle vote la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, inspirée de la Déclaration américaine de 1776. L’Assemblée nationale constituante réorganise profondément le pays : la confiscation des biens du clergé et l’émission de papier-monnaie (les assignats), pour régler les problèmes financiers urgents ; la publication de la Constitution civile du clergé (12 juillet 1790), subordonnant l’Église à l’État ; la mise en place d’un nouveau découpage administratif (83 départements) et d’un système judiciaire qui fait passer le contrôle à des fonctionnaires et à des juges élus localement, inversant le processus de centralisation en vigueur depuis des siècles, sont parmi les mesures les plus importantes. Enfin, la Constitution adoptée en septembre 1791, la première dans l’histoire de France, institue la séparation des pouvoirs, un régime parlementaire dirigé par un monarque héréditaire et une assemblée élue au suffrage indirect par les citoyens actifs, c’est-à-dire payant l’impôt. Ayant achevé son travail — donner au pays une Constitution —, l’Assemblée constituante se sépare à la fin de septembre 1791 et laisse la place à l’Assemblée législative (qui se réunit pour la première fois le 1er octobre 1791).
Les aspirations à l’ordre et à la stabilité qui caractérisent les décisions de l’Assemblée législative sont déçues. Entre un roi qui refuse le rôle de monarque constitutionnel et des députés décidés à instaurer la République, le système est voué à la faillite. La fuite de la famille royale et son arrestation à Varennes (20-21 juin 1791), puis la fusillade du Champ-de-Mars (dispersion dans le sang d’une manifestation républicaine le 17 juillet suivant), montrent que la conciliation est impossible. En Europe, les monarques, effrayés par les risques de contagion révolutionnaire, se mobilisent (voir guerres des coalitions européennes). Des défaites successives dans la guerre contre l’Autriche et la Prusse qui a débuté en avril 1792 et la menace d’un complot aristocratique (manifeste de Brunswick) conduisent à l’insurrection populaire du 10 août 1792 : effrayés par la possibilité d’une attaque prussienne sur Paris avec la complicité de Louis XVI, les sans-culottes renversent la monarchie. Une Commune insurrectionnelle est constituée, donnant lieu à de nombreux débordements (notamment les massacres de septembre 1792). Le 20 septembre, la victoire de Valmy, premier grand succès de la Révolution, porte un coup d’arrêt à l’avancée des troupes prussiennes et contribue à souder la Nation, dotée depuis peu d’un hymne, la Marseillaise. Une nouvelle assemblée constituante, la Convention nationale, est élue au suffrage universel masculin ; le 21 septembre 1792, elle déclare la royauté abolie et proclame la République.
Durant la Convention nationale, première assemblée de la Ire République, les armées révolutionnaires remportent de nombreux succès sur le terrain extérieur (bataille de Jemmapes, 6 novembre 1792) et, dès la fin de l’année 1792, peuvent se lancer à la conquête de la Belgique, occuper la rive gauche du Rhin et annexer la Savoie puis Nice. En 1794, le territoire français est libéré et la victoire de Fleurus (26 juin) laisse aux Français les mains libres en Belgique. À l’intérieur, les contre-révolutionnaires sont également réduits, d’abord sous la Convention girondine, puis plus encore lorsque les montagnards s’imposent à l’assemblée (Convention montagnarde). Après le procès et l’exécution du roi déchu (janvier 1793), la politique répressive de la Terreur entre dans une phase paroxysmique : la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), qui suspend les dernières garanties de la justice et rend les jugements encore plus sommaires, ouvre une période de « Grande Terreur ». En mai-juin 1794, Maximilien de Robespierre tente d’instituer, en remplacement du christianisme, une nouvelle religion politique et nationale, le culte de l’Être suprême (voir culte révolutionnaire). Mais les excès de la Terreur et les dissensions politiques de ses chefs provoquent la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794). Les révolutionnaires à l’origine de cette journée, appelés les « thermidoriens » (dont Barras et Fouché), cherchent des compromis avec l’Église et les Vendéens, mais se heurtent à la double opposition des Jacobins et des royalistes. L’année suivante, la Convention thermidorienne adopte une nouvelle Constitution qui donne à la République un pouvoir exécutif fort, confié à un Directoire.
Le Directoire, conseil exécutif de cinq membres, dirige le pays aux côtés d’un pouvoir législatif divisé entre deux chambres (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens) élues au suffrage indirect. La crise économique et financière (mauvaises récoltes, inflation, effondrement de l’assignat), ainsi que la poursuite de la guerre (dernière insurrection en Vendée en 1795-1796, formation de la deuxième coalition contre la France en 1798), rendent le régime impopulaire. Sans grande autorité en raison de la division des pouvoirs, il est complètement discrédité en 1799. Un certain nombre de personnalités occupant des postes clés (dont Sieyès et Lucien Bonaparte, président du Conseil des Cinq-Cents), favorables à un gouvernement plus efficace, décident de tenter un coup d’État et de porter au pouvoir le frère de Lucien, le jeune général Napoléon Bonaparte, dont le prestige est lié à de nombreuses victoires militaires, lors de la campagne d’Italie puis de celle d’Égypte. Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), aidé de ses partisans et soldats, le général Bonaparte disperse les députés et, dans l’indifférence générale, met fin au Directoire — et, par là-même, à la période révolutionnaire.
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