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France (histoire)Article
Plan de l'article
Présentation ; De la préhistoire à l’âge du fer ; La Gaule ; Le Moyen Âge ; La France moderne et l’Ancien Régime ; La France contemporaine ; La France d’aujourd’hui : la Ve République (depuis 1958)
Le Consulat est rapidement institué ; concentrant le pouvoir exécutif entre les mains de trois consuls — Napoléon Bonaparte siège avec Sieyès et Ducos, puis avec Cambacérès et Lebrun —, le nouveau régime se dote à la fin de l’année 1799 d’une Constitution (Constitution de l’an VIII) qui fait du Premier consul, en l’occurrence Bonaparte, le premier personnage de l’État. Les succès militaires foudroyants du Consulat amènent la coalition à se désintégrer et l’Angleterre, affaiblie et isolée, doit accepter le traité d’Amiens (mars 1802) qui met fin aux hostilités entre les deux pays.
Napoléon Bonaparte se présente comme un homme de paix. Il s’attache à pacifier le pays en réconciliant les Français et en instaurant un gouvernement stable et centralisé : la Révolution est terminée. Ainsi, il favorise le ralliement des Vendéens et le retour des émigrés auxquels il offre des postes dans l’administration et dans l’armée ; il négocie avec le pape Pie VII le Concordat de 1801, qui rétablit l’Église catholique romaine en tant qu’Église d’État. Il s’attèle à l’unification des lois du pays en faisant promulguer en 1804 un Code civil (Code Napoléon), compromis entre les acquis de la Révolution (liberté de conscience, liberté du travail, égalité civile, abolition des privilèges féodaux) et les principes d’une société globalement conservatrice. Une administration centralisée (mise en place de préfets nommés par le ministère de l’Intérieur à la tête des départements), de nouvelles institutions monétaires (une banque centrale, la Banque de France, en février 1800 et une nouvelle unité monétaire, le franc germinal) et une organisation scolaire rénovée (création des lycées, 1802 ; d’une université impériale chargée de diriger et de contrôler le corps enseignant, 1808) renforcent le pouvoir et jettent les bases de la France d’aujourd’hui. Confisquant progressivement le pouvoir à son profit (plébiscite d’août 1802 le déclarant consul à vie), Napoléon Bonaparte, au cœur d’une agitation royaliste, décide d’affermir sans appel son autorité : le 18 mai 1804, le Sénat le proclame empereur des Français. Une nouvelle Constitution (Constitution de l’an XII) et le plébiscite qui approuve massivement l’établissement de l’Empire et le sacre de Napoléon Ier par le pape (2 décembre 1804) entérinent les faits : le premier Empire est né.
Après avoir stabilisé la situation intérieure, Napoléon Ier, qui se prépare à la guerre depuis 1803, décide de repartir à la conquête de l’Europe. Déjà présent en Italie et en Allemagne, il inquiète les monarques européens qui se mobilisent à nouveau contre la France au sein de nouvelles coalitions dès l’été 1805. Ulm (14-20 octobre 1805), Austerlitz (2 décembre 1805), Iéna (14 octobre 1806), autant de victoires du début des guerres napoléoniennes au cours desquelles l’Empereur bat l’Autriche, la Prusse et la Russie et se rend maître de la plus grande partie de l’Europe. Seule la Grande-Bretagne, maîtresse des mers après avoir détruit la flotte française au large de Trafalgar en octobre 1805, résiste ; Napoléon entreprend de l’isoler et d’asphyxier son économie en instaurant le Blocus continental. À son apogée en 1811, l’Empire compte 130 départements et s’étend de l’Allemagne du Nord à l’Italie, en passant par la Hollande et la Belgique.
Après le double échec de la campagne de Russie (mai 1812-mars 1813) et de la guerre en Espagne (1808-1813), les armées napoléoniennes sont décimées et très affaiblies. Chassé d’Allemagne après la défaite de Leipzig en octobre 1813, Napoléon perd au printemps 1814 l’ultime campagne susceptible de sauver l’Empire. Il abdique en avril 1814 et se rend aux Alliés qui ont pris possession de Paris. Vaincu, il s’exile à l’île d’Elbe. Les souverains coalisés encouragent alors la restauration des Bourbons sur le trône de France. En mai, le comte de Provence, frère de Louis XVI, entre dans Paris et se fait couronner sous le nom de Louis XVIII.
L’épopée napoléonienne n’est pourtant pas terminée. La Restauration monarchique débute avec le concours du personnel impérial, et sans résistance de la part d’une population lasse de la guerre et de la conscription. Louis XVIII signe le premier traité de Paris (30 mai 1814), qui ramène la France à ses frontières de 1792, et octroie aux Français la Charte constitutionnelle (4 juin). Celle-ci ne revient pas sur les principales libertés acquises durant la Révolution mais réaffirme le caractère divin et héréditaire de la monarchie ; inspirée du système anglais, elle met en place, à côté du roi détenteur du pouvoir exécutif, un pouvoir législatif partagé entre une Chambre des pairs (aux membres nommés par le roi et héréditaires) et une Chambre des députés (élus par les départements sur une base censitaire), instaurant un régime de notables — le droit de vote appartient à moins de cent mille grands propriétaires, commerçants et industriels. La politique du nouveau gouvernement mécontente de nombreux royalistes (qui la jugent trop timorée) et les plus modérés (qui acceptent mal le rétablissement des symboles de la royauté comme le drapeau blanc), tandis que les Alliés, réunis au congrès de Vienne depuis septembre 1814, ne s’accordent pas sur le partage de l’Europe. Napoléon voit dans cette conjonction de facteurs la possibilité de revenir au pouvoir.
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