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France (histoire)Article
Plan de l'article
Présentation ; De la préhistoire à l’âge du fer ; La Gaule ; Le Moyen Âge ; La France moderne et l’Ancien Régime ; La France contemporaine ; La France d’aujourd’hui : la Ve République (depuis 1958)
Renonçant aux rancunes qui ont compromis la paix en 1919, les gouvernements français s’engagent dans la voie de la réconciliation avec l’Allemagne, condition de la naissance d’une Europe unie. S’inspirant des idées de Jean Monnet, Robert Schuman est le promoteur du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1951, embryon du Marché commun. En 1957, la France se joint à cinq autres nations européennes occidentales pour créer la Communauté économique européenne (CEE ; voir Union européenne), marché commun de 165 millions de personnes sans barrières douanières.
Tout au long de son histoire, la IVe République est caractérisée par une instabilité ministérielle chronique. D’abord en proie à l’opposition des communistes — auréolé par son rôle au sein de la Résistance, le Parti communiste français (PCF), surnommé le « parti des fusillés » est, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le premier parti de France —, elle est attaquée sur sa droite par les gaullistes du Rassemblement du peuple français (RPF, parti créé en 1947 à l’initiative du général de Gaulle). Plusieurs combinaisons politiques se succèdent : le tripartisme (socialistes, communistes, démocrates-chrétiens) à partir de 1946 puis, de 1947 à 1952, celui de la Troisième Force (socialistes, démocrates-chrétiens, radicaux, modérés) et, de 1952 à 1954, des gouvernements de centre droit. L’instabilité politique est aggravée par la question de l’empire colonial français.
Dès 1946, afin de conserver la souveraineté en Indochine face au mouvement nationaliste conduit par Hô Chí Minh, la France se lance dans la guerre d’Indochine. Neuf ans de conflit coûtent à la France 92 000 morts. Après la retentissante défaite de Diên Biên Phu en 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France met fin à la guerre par les accords de Genève.
D’autres troubles agitent le Maroc et la Tunisie, mais la crise de la IVe République se cristallise autour de la « question algérienne ». En novembre 1954, les nationalistes algériens entament la lutte pour l’indépendance. L’armée, humiliée en Indochine, est déterminée à conserver cette dernière possession importante où vivent nombre de Français, les « pieds-noirs ». La guerre d’Algérie se révèle coûteuse et profondément impopulaire en France. Malgré une sévère répression, les gouvernements successifs ne réussissent pas à y mettre un terme, provoquant un mécontentement croissant des Français d’Algérie. Craignant que le gouvernement de Paris ne négocie avec les nationalistes algériens du Front de libération nationale (FLN), des civils et des officiers de l’armée prennent le contrôle du forum à Alger le 13 mai 1958 et reçoivent le soutien du commandement militaire. Dans cette situation critique, caractérisée par le risque d’extension du mouvement à la métropole, et face à l’impuissance manifeste du gouvernement, le général de Gaulle apparaît comme le seul recours possible. Le 15 mai, le général Salan lance un appel à de Gaulle qui se déclare « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Appelé à la tête du gouvernement par le président de la République, René Coty, de Gaulle reçoit l’investiture de l’Assemblée nationale le 1er juin. Le lendemain, l’Assemblée lui accorde les pleins pouvoirs pour gouverner le pays pendant six mois et pour préparer une nouvelle Constitution.
La nouvelle Constitution de la Ve République, soumise par Charles de Gaulle à un référendum populaire en septembre 1958, est approuvée par 79,2 p. 100 des votants. Le texte, élaboré en grande partie par le garde des Sceaux Michel Debré, s’inspire des idées que de Gaulle n’a cessé de défendre depuis son discours de Bayeux, en 1946. Il confie le pouvoir exécutif à un président élu au suffrage universel indirect et limite les pouvoirs de l’Assemblée, en réaction aux abus du régime parlementaire de la IVe République. Son article 16 permet au chef de l’État d’assumer les pleins pouvoirs en cas de crise grave — il est utilisé en avril 1961, lors du putsch des généraux d’Alger. Cependant, le nouveau régime reste à mi-chemin du régime présidentiel et du régime parlementaire, car le Premier ministre et le gouvernement, nommés par le président de la République, sont responsables devant l’Assemblée nationale. Le 21 décembre 1958, de Gaulle est élu président de la République ; il nomme Michel Debré au poste de Premier ministre (1959-1962). En 1962, une révision constitutionnelle votée sur l’initiative de l’Élysée institue l’élection du président au suffrage universel direct, renforçant sa légitimité. Approuvée par 62,25 p. 100 des Français lors du référendum constitutionnel, cette réforme fait du président le véritable chef de la majorité.
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