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France (histoire)Article
Plan de l'article
Présentation ; De la préhistoire à l’âge du fer ; La Gaule ; Le Moyen Âge ; La France moderne et l’Ancien Régime ; La France contemporaine ; La France d’aujourd’hui : la Ve République (depuis 1958)
Charles VII (qui règne de 1422 à 1461) dote la monarchie d’un embryon d’armée permanente (les Compagnies d’ordonnance, créées en 1445) et réorganise la fiscalité de manière à assurer des revenus réguliers au royaume. Reprenant et approfondissant la politique menée jadis par Philippe le Bel envers l’Église, il pose, par la pragmatique sanction de Bourges (1438), les fondements durables du gallicanisme. Son fils Louis XI, roi de 1461 à 1483, prolonge son action et ouvre par ses mesures la voie à l’absolutisme. Poursuivant la constitution d’une armée permanente esquissée par son père, il obtient le droit de lever un nouvel impôt, la taille, sans avoir à obtenir le consentement des personnes taxées. Pour briser la coalition des grands féodaux (guerre de la ligue du Bien public, 1464-1465), il s’appuie sur la bourgeoisie des villes dont les franchises sont étendues. Il lutte contre la Bourgogne de Charles le Téméraire et, à la mort de ce dernier (1477), réussit à intégrer la plus grande partie du duché au domaine royal ainsi que l’Anjou, le Maine et la Provence. L’autre partie du riche héritage bourguignon passe aux mains des Habsbourg par le mariage de la fille du Téméraire avec le futur empereur Maximilien Ier. Cette alliance annonce un antagonisme entre la France et le Saint Empire qui, pendant plus de deux siècles, va précipiter l’Europe dans une nouvelle série de guerres.
Charles VIII est âgé de 13 ans lorsqu’il succède à son père, en 1483. Sa sœur, Anne de France, qui exerce alors la régence avec son mari Pierre de Beaujeu, marie le jeune roi avec la duchesse Anne de Bretagne (1491). Par cette alliance, la dernière principauté féodale indépendante entre dans le domaine royal français. En 1492, Charles signe avec Henri VII d’Angleterre le traité d’Étaples, qui règle les ultimes problèmes entre les deux royaumes. Deux ans plus tard, il s’engage dans les guerres d’Italie, conflit qui culmine sous ses successeurs. À la fin du xve siècle, la France, après avoir surmonté ses divisions internes, est devenue une monarchie centralisatrice dont le territoire s’étend des Pyrénées à la Manche. La société est toujours dominée par l’aristocratie terrienne, mais la terre n’est désormais plus l’unique forme de richesse. Le retour de la paix, l’accroissement démographique, l’or et l’argent que les Espagnols et les Portugais rapportent du Nouveau Monde, ainsi que les commandes de l’État dans les domaines civil et militaire stimulent une économie où marchands et banquiers (le crédit se développe) occupent une place croissante. La noblesse, qui dépend de revenus fixes, voit au contraire son pouvoir économique et sa position sociale menacés par l’inflation et les progrès de l’économie mercantiliste.
Poursuivant la politique de Charles VIII, dernier Valois direct, le nouveau roi Louis XII, un Valois-Orléans, engage à son tour la France dans les guerres d’Italie. Par cette attitude belliqueuse, il cherche à faire valoir ses droits sur le duché de Milan et sur le royaume de Naples et, par-delà la Méditerranée, rêve de porter la guerre en Orient pour briser la puissance des Turcs de l’Empire ottoman. Dans le domaine militaire et l’art de la guerre, les guerres d’Italie marquent une transition entre l’époque médiévale et l’époque moderne par la place nouvelle donnée aux armes à feu et à l’infanterie au détriment de la cavalerie. Dans le domaine artistique, elles permettent l’importation dans le royaume de la culture et des arts de la Renaissance italienne.
Le nouveau roi François Ier, un Valois-Angoulême, hérite de la politique française en Italie. Sa victoire de Marignan (septembre 1515) offre à la couronne de France, outre la possession du Milanais, l’alliance des Suisses qui signent avec le royaume une « paix perpétuelle ». Mais en 1519, l’élection au trône impérial de Charles Quint élargit le conflit italien à une lutte entre la France et les Habsbourg, lutte qui va se poursuivre pendant un siècle et demi et ne permettre à la France que des occupations temporaires de l’Italie. Durant son règne, François Ier renforce de manière significative le pouvoir et le prestige de la couronne, et fait triompher une conception absolutiste de la monarchie — annonciatrice de celle de Louis XIV. Il s’impose comme l’unique législateur de la monarchie et les états généraux ne sont pas convoqués pendant son règne. Par le concordat de Bologne négocié avec le pape Léon X (1516), il obtient pour le roi de France le droit de nommer les évêques et de pourvoir les postes ecclésiastiques selon son « bon plaisir », s’assurant ainsi un clergé docile et le contrôle du pouvoir temporel sur l’Église. Le développement de la vénalité des offices (voir système des offices) permet la création d’une nouvelle classe d’hommes dévoués à la monarchie. En 1539, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, François Ier proscrit l’usage du latin (langue de l’Église) dans tous les actes judiciaires, et impose l’usage exclusif du français pour les actes d’état civil. Mécène fastueux, il fait venir à sa cour des artistes comme Léonard de Vinci, et contribue à l’aménagement des châteaux de la Loire. Il protège les arts et les sciences et assure la promotion de l’humanisme (fondation du Collège de France, 1530). Les bâtiments construits sous son règne, à l’image des châteaux de Chambord et de Saint-Germain-en-Laye, constituent un témoignage vivant de la puissance et de la richesse de la monarchie.
C’est sous le règne de Henri II, fils de François Ier, que prennent fin les guerres d’Italie. En 1559, le traité du Cateau-Cambrésis met momentanément un terme à la présence française : la France renonce à toutes ses prétentions en Italie en contrepartie de trois places stratégiques sur sa frontière de l’est, les évêchés de Metz, Toul et Verdun. La Réforme protestante, qui a commencé à se diffuser depuis l’Allemagne pendant le règne de François Ier, fait au départ peu d’adeptes en France. Dans les années 1540 et 1550 toutefois, le Français Jean Calvin définit la doctrine et les institutions d’une forme française de protestantisme qui rencontre de puissants adeptes dans la noblesse (les Coligny, les Condé) et dans certaines fractions du peuple. Henri II considère ce calvinisme comme une menace pour l’autorité royale et cherche à limiter son influence. En dépit d’une répression sévère, la religion réformée progresse rapidement et en vient à constituer un véritable parti à l’intérieur de l’État.
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