Articles voisins
Fiches pays
Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur France (histoire) |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Page 9 sur 28
France (histoire)Article
Plan de l'article
Présentation ; De la préhistoire à l’âge du fer ; La Gaule ; Le Moyen Âge ; La France moderne et l’Ancien Régime ; La France contemporaine ; La France d’aujourd’hui : la Ve République (depuis 1958)
La mort de Henri II en 1559 fait accéder au trône son fils de 15 ans, François II, jeune homme maladif qui meurt un an plus tard. Son frère Charles IX est alors âgé 13 ans ; la reine mère, Catherine de Médicis, prend en main les rênes du pays durant ces deux premiers règnes et continue de jouir d’une grande influence pendant celui de son troisième fils, Henri III (1574-1589), avec pour principale préoccupation la défense de l’autorité royale. Durant cette période, le pays est ravagé par une nouvelle guerre civile, qui prend les allures de guerres de Religion, dans laquelle conflits religieux, politiques et dynastiques sont inextricablement mêlés. Le fanatisme des combattants et la brutalité des mercenaires en font un combat où le pillage, la cruauté et les atrocités sont monnaie courante. Elles contribuent à désorganiser le royaume pendant plus de trente ans. La reine Catherine, dotée d’une grande intelligence politique, tente sans relâche avec l’aide du chancelier Michel de L’Hospital de trouver un compromis entre les adversaires (colloque de Poissy, 1561), mais elle ne peut s’opposer à l’expansion du fanatisme dans les deux camps. Inquiète de l’ascendant pris par l’amiral de Coligny sur son fils Charles IX, elle laisse se commettre le massacre de la Saint-Barthélemy à Paris en août 1572, au cours duquel les catholiques s’attaquent aux chefs protestants et à leurs partisans, assassinant plus de 3 000 d’entre eux. En 1584, après la mort du jeune duc d’Alençon, dernier frère de Henri III, le roi de Navarre Henri de Bourbon, descendant de Louis IX et chef du parti huguenot (nom donné aux protestants), devient le prétendant au trône. Opposés au couronnement d’un protestant, les membres du parti catholique veulent empêcher son accession au trône en tentant de renverser Henri III, qui n’a pas d’enfant, au profit de Henri de Guise, chef de la Ligue catholique. Averti du complot, le roi convoque Henri de Guise à Blois en 1588 et le fait assassiner. L’année suivante, Henri III, dernier représentant de la dynastie des Valois, tombe lui-même sous les coups d’un moine fanatique, Jacques Clément.
Héritier légitime, reconnu par Henri III à la veille de sa mort, Henri de Navarre monte sur le trône de France sous le nom de Henri IV. Le nouveau roi, un Bourbon, doit défendre ses droits à la couronne face à la Ligue catholique, laquelle fait appel à Philippe II d’Espagne dans le dessein de placer la couronne des Capétiens sur la tête de l’infante Isabelle. La guerre religieuse et civile dégénère en guerre étrangère et, venues pour soutenir les catholiques, les troupes espagnoles campent à Paris et à Rouen (1590-1591). Cependant, un parti modéré qui place l’ordre dans l’État au-dessus des conflits religieux s’est formé en France. Définie par Jean Bodin dans la République (1576), cette conception conduit à une monarchie absolue mais non arbitraire, respectueuse de la loi morale et religieuse. Henri de Navarre comprend que si lui et ses partisans sont protestants par conviction, la plupart des Français, catholiques fidèles à leur foi, n’accepteront jamais un prince protestant. En 1593, il abjure, se convertit publiquement à la religion catholique et rallie ainsi le peuple à sa cause. L’année suivante, il est sacré à Chartres et installe ainsi la dynastie des Bourbons sur le trône de France. Héritier d’un pays ravagé moralement et matériellement par les guerres de Religion, Henri IV consacre son règne à la pacification et au redressement économique du royaume, mais aussi au rétablissement de l’autorité royale, sérieusement ébranlée. Il peut entreprendre cette tâche lorsque les dernières troupes d’occupation espagnoles quittent le royaume, en 1598.
Les années de guerre ont prouvé la nécessité d’établir la coexistence du catholicisme et du protestantisme dans le pays. Après de difficiles négociations avec des représentants des deux camps, Henri IV fait adopter en avril 1598 l’édit de Nantes, décret qui fixe le statut des protestants en France. Ces derniers se voient accorder « le droit de ne pas être catholique », une liberté de culte limitée géographiquement à certaines places fortes, l’égalité avec les catholiques devant la loi et l’accès aux fonctions publiques. C’est la première fois en Europe qu’un État établit un régime de tolérance fondé, non pas sur l’arbitraire de princes imposant leur propre religion à leurs sujets, mais sur le respect mutuel des croyances d’autrui.
Sachant se montrer populaire mais ferme, Henri IV rétablit son autorité ; pendant son règne, les états généraux ne sont pas convoqués, le droit de remontrance des parlements est limité tout comme les pouvoirs des gouverneurs de province et les libertés des villes. Le duc de Sully, son conseiller, aussi peu aimé que le roi est populaire, prend en charge le redressement financier. Grâce à l’augmentation des impôts indirects et à l’institution du revenu régulier de la Paulette (1604), il rembourse une partie de la dette et rééquilibre le budget de l’État. Pour venir en aide à la paysannerie (90 % de la population), grande victime des pillages et des destructions de la guerre, Henri IV annule les arriérés d’impôt foncier, interdit la saisie de bétail et d’outils par les créditeurs, met en vente des terres publiques à un prix inférieur à celui du marché et restreint les droits de chasse de la noblesse sur les terres cultivées. Pour promouvoir le commerce, il mène une politique de grands travaux (construction de canaux, de ponts, de routes, travaux de drainage). Pour développer de nouvelles industries, il facilite la venue en France d’artisans étrangers. Dès l’année 1610, l’économie est florissante et l’autorité royale fermement rétablie. Encouragé par le pape Clément VIII qui a jugé l’édit de Nantes « maudit », le clergé catholique persiste dans son opposition à la tolérance dont bénéficient les protestants. Ces derniers, retranchés dans leurs places, en sont venus à former un État dans l’État. La grande noblesse a retrouvé le goût de l’autonomie, et la vénalité des offices engendre progressivement une certaine confusion dans l’administration. En mai 1610, François Ravaillac, un fanatique religieux, assassine le roi. Cette mort a-t-elle été commanditée ? Henri IV par son autoritarisme a contrarié les ambitions de plus d’une personne. Mais celui qui a été rejeté comme hérétique en 1589 est pleuré à sa mort par presque tous les Français.
À la mort de Henri IV, son épouse Marie de Médicis assure la régence pour son fils Louis XIII, alors âgé de 9 ans. Elle place toute sa confiance en Concino Concini et Leonora Galigaï, deux intrigants originaires comme elle de Florence. Les « grands », dont l’autorité a été mise à mal durant le règne de Henri IV, imposent la convocation des états généraux, dont ils espèrent tirer profit pour réaffirmer leurs prérogatives. La réunion, qui se tient d’octobre 1614 à mars 1615 (la dernière avant 1789), met en évidence les conflits d’intérêts entre les trois ordres sans pour autant apporter de réponse aux attentes des uns et des autres. Lorsque Concini est assassiné en 1617, la situation est devenue critique ; les caisses de l’État sont vides, les grands se révoltent de nouveau, et les protestants se soulèvent dans le sud du pays. L’arrivée au pouvoir du favori du roi, le duc de Luynes, n’améliore en rien les affaires.
|
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |