Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Malick, TerrenceArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les années de formation : entre philosophie et écriture ; Une mise en scène à la fois intense et détachée ; Terrence Malick, scénariste et producteur
Malick, Terrence (1943- ), scénariste et réalisateur de cinéma américain. Auteur d’une œuvre peu prolifique (quatre films en trente ans) à la faveur de laquelle il est pourtant parvenu à imposer une vision originale de la mise en scène — un certain détachement teinté d’onirisme et d’idéalisme —, Terrence Malick bénéficie d’un statut particulier au sein du système hollywoodien : indépendant et perfectionniste, évoluant à la marge des impératifs commerciaux dictés par l’industrie cinématographique, il est néanmoins admiré par ses pairs et ses films sont devenus des objets de « culte » pour un public fidèle à sa démarche artistique.
Né à Waco (Texas), Terrence Malick poursuit des études de philosophie à l’université Harvard. Il enseigne par la suite cette discipline à l’université d’Oxford en Angleterre, puis au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Parallèlement, il collabore en tant que journaliste indépendant aux magazines Life, Newsweek et New Yorker. En 1969, sa candidature est acceptée par l’American Film Institute, organisme d’enseignement cinématographique au sein duquel il participe à la réécriture de scénarios avant de réaliser son premier court métrage, Lanton Mills (1972).
La Ballade sauvage (Badlands, 1974) est le premier long métrage de Terrence Malick. L’odyssée meurtrière et tragique d’un jeune rebelle (Martin Sheen) et de sa compagne, une femme-enfant (Sissy Spacek), a pour cadre géographique les paysages arides et désolés du Midwest américain. Le réalisateur filme la fuite en avant de ce couple à la fois innocent et monstrueux, tel un entomologiste qui observe et décrit sans juger, de la même façon qu’il contemple la nature. Récompensé par le prix de la mise en scène au festival de Cannes, ce premier film impose d’emblée la vision originale et le style très personnel de Terrence Malick : ses personnages sont en proie à des aspirations dérisoires que le commentaire en voix off et la beauté éthérée — presque irréelle — de la nature tendent à rendre encore plus vaines, voire absurdes ; la violence des hommes s’oppose ainsi à une quête idéaliste de spiritualité. Les Moissons du ciel (Days of Heaven, 1978) est tourné entièrement en lumière naturelle et l’esthétique graphique et visuelle évoque les toiles du peintre américain Edward Hopper. Le réalisateur n’en sacrifie pas pour autant l’intérêt ni la force d’un récit articulé autour d’un triangle amoureux — Bill (Richard Gere), sa petite amie Abby (Brooke Adams) et un fermier (Sam Shepard) — voué à l’échec et à la tragédie. À l’instar de la Ballade sauvage, la nature est investie d’une fonction révélatrice, par contraste, de la vaine persévérance des hommes dans leurs relations conflictuelles. De même, le commentaire en voix off par une jeune fille — Linda (Linda Manz), la sœur de Bill — souligne de façon iconoclaste et percutante le caractère inutile du drame qui se joue entre les trois protagonistes adultes. Le réalisateur consacre deux années au montage du film qui obtient de nombreuses récompenses au festival de Cannes et aux oscars d’Hollywood. Malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites, Terrence Malick ne revient à la mise en scène que vingt ans plus tard, avec son troisième opus, la Ligne rouge (The Thin Red Line, 1998) : à la fois film de guerre — le scénario s’attache à rendre compte de la bataille de Guadalcanal qui a lieu dans le Pacifique en 1942 — et parabole philosophique et onirique, ce film inclassable est nominé dans sept catégories aux oscars, mais n’obtient aucune récompense. Produit par Sean Penn, la Ligne rouge compte en outre à son générique une dizaine d’acteurs prestigieux parmi lesquels Sean Penn lui-même, George Clooney, Nick Nolte, John Cusack ou encore John Travolta. Le Nouveau Monde (2005) retrace pour sa part l’arrivée des Britanniques sur le continent américain au début du xviie siècle par l’intermédiaire de l’idylle entre le capitaine Smith (incarné par Colin Farrell) et la jeune Indienne Pocahontas (Q’Orianka Kilcher) ; inspirée d’événements réels, cette histoire d’amour les conduit tous deux à être exclus de leurs communautés. De la rencontre entre deux civilisations aux intérêts contraires, Terrence Malick file la métaphore de l’opposition — inévitablement tragique — entre nature et culture, à l’œuvre dans toute sa filmographie.
Terrence Malick est également scénariste et producteur pour d’autres cinéastes : il rédige le scénario de The Gravy Train (1974) de Jack Starrett, portrait sans concession de deux frères hors-la-loi, puis il écrit celui de Beautiful Country (2004), un film de Hans Petter Moland sur les vétérans du Viêt Nam ; en 1998, il produit un documentaire sur l’athlète éthiopien Haile Gebreselassie, Endurance, de Bud Greenspan et Leslie Woodhead.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |