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Petit Poucet, le [Charles Perrault]

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Doré (Gustave), illustration pour le Petit Poucet de Charles PerraultDoré (Gustave), illustration pour le Petit Poucet de Charles Perrault
Plan de l'article
1

Présentation

Petit Poucet, le [Charles Perrault], conte de Charles Perrault appartenant aux huit contes en prose suivis de moralités publiés en 1697 sous le titre les Contes de ma mère l’Oye ou Histoires et contes du temps passé.

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Argument

La famine pousse un couple de bûcherons à prendre la décision d’abandonner ses sept garçons dans la forêt. Mais le plus jeune d’entre eux, le petit Poucet — surnommé ainsi à cause de sa petite taille (« Il était fort petit, et, quand il vint au monde, il n’était guère plus gros que le pouce, ce qui fit qu’on l’appela le petit Poucet. ») —, découvre le projet. Il sème des petits cailloux tout au long du chemin, ce qui lui permet de ramener ses frères jusqu’à la maison. Le père et la mère égarent alors une seconde fois leurs enfants. Le petit Poucet ne peut cette fois retrouver son chemin, car il a semé derrière lui des miettes de pain qui ont été mangées par les oiseaux.

Perdus, les sept garçons frappent à la porte d’une maison qui se trouve être celle d’un ogre, lequel, en rentrant chez lui, repère leur présence (« Je sens la chair fraîche, te dis-je encore une fois, reprit l’Ogre ») et entend les dévorer. Mais le petit Poucet retire les couronnes d’or des sept filles de l’ogre (de petites ogresses qui mangent de la chair humaine comme leur père) pendant leur sommeil, et les place sur la tête de ses frères et sur la sienne. Abusé, l’ogre tranche la gorge de ses propres filles. Découvrant l’affreux spectacle, il chausse ses bottes de sept lieues pour poursuivre les jeunes fuyards. Mais, épuisé, il s’endort sur un rocher creux sous lequel les enfants se sont cachés. Le petit Poucet enfile alors ses bottes de sept lieues et extorque par la ruse le trésor de l’ogre à sa femme. Charles Perrault donne aussi une seconde version de la fin (« Il y a bien des gens qui ne demeurent pas d’accord de cette dernière circonstance, et qui prétendent que le petit Poucet n’a jamais fait ce vol à l’Ogre […] ») : grâce au bottes de sept lieues, le petit Poucet devient messager du roi et ne revient chez lui qu’une fois fortune faite.

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Sources et thèmes

Appartenant au type de contes des « enfants abandonnés dans la forêt », le Petit Poucet traite, comme Hänsel et Gretel des frères Grimm, des problèmes liés aux relations entre parents et enfants, et entre enfants d’une même fratrie. L’opposition sociale entre riches et pauvres est également importante ; c’est la famine qui déclenche l’intrigue. Se terminant par le retour sain et sauf du héros au domicile parental et non par un mariage du héros, il ferait partie des contes merveilleux destinés dès l’origine aux enfants, contrairement à de nombreux autres contes qui s’adressaient à l’origine à un public adulte.

L’auteur s’inspire de la tradition orale où les enfants abandonnés sont généralement un frère et une sœur et substitue à ce schéma celui du cadet opposé à ses aînés. Il donne au héros un surnom emprunté à un autre conte traditionnel, Pouçot. Le conte de Basile, Nenillo et Nenilla, présente lui aussi le motif des objets semés en route. Charles Perrault ne l’aurait pas connu ou aurait choisi de ne pas l’imiter. Il introduit également le motif des « bottes de sept lieues ».

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Interprétations

Le petit Poucet est le cadet des sept frères. Comme il est doux et bon, on le croit stupide. L’aîné est désigné comme le préféré de sa mère. Mais comme le rappelle la moralité : « Quelquefois, cependant, c’est ce petit marmot / Qui fera le bonheur de toute la famille. » Souffre-douleur de la maison, le petit Poucet incarne la revanche des faibles et des humiliés sur les puissants, de la ruse et de l’intelligence et sur la force physique.

Selon Michèle Simonsen, l’ogre et sa femme sont un « doublet fantasmatique » des parents du petit Poucet. En effet, les séjours chez les parents et chez l’ogre et sa femme présentent une série de ressemblances et d’oppositions. Bruno Bettelheim donne une interprétation psychanalytique du conte apparenté des frères Grimm, Hänsel et Gretel, qu’il voit comme l’expression d’une régression infantile. Le chemin semé de cailloux ou de miettes de pain serait un symbole du cordon ombilical que les héros refusent de couper avant d’y être contraints par les circonstances.

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