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Autoportrait au col de fourrure [Albrecht Dürer], peinture d’Albrecht Dürer réalisée en 1500.
L’Autoportrait au col de fourrure (huile sur bois de tilleul, 67 × 49 cm, Alte Pinakothek, Munich) figure l’artiste lui-même vêtu d’un habit brun clair et représenté à mi-corps dans une pose frontale. Sa silhouette se détache sur un fond noir. De sa main droite aux doigts délicatement courbés, le sujet touche le col de fourrure de son manteau. Son visage est encadré par de longues mèches torsadées et dorées qui retombent sur ses épaules et viennent tempérer le hiératisme de la posture. La peinture est éclairée d’une douce lumière provenant de la gauche de la composition et portant un éclat plus vif sur le front, les yeux et la main droite du peintre. Une inscription prend place dans le cadre : Albertus Durerus Noricus ipsum me propriis sic effingebam coloribus œtatis anno XXVIII.
Le tableau témoigne de l’exceptionnelle maîtrise dont fait preuve l’artiste dans le traitement des diverses matières qui expriment toutes les nuances de leurs textures dans le chatoiement de la lumière. La masse de sa chevelure notamment propose un rendu d’une grande délicatesse. Le peintre se livre ici à une évocation pleine de minutie, de réalisme et de raffinement.
Au cours de sa carrière, Albrecht Dürer se représente dans plusieurs autoportraits (1493, musée du Louvre, Paris ; 1498, musée du Prado, Madrid) dans lesquels il adopte une pose, traditionnelle, de trois quarts. L’Autoportrait au col de fourrure s’affirme comme une œuvre d’un caractère exceptionnel qui s’inscrit par de nombreux aspects en marge de ces représentations. Le peintre s’y emploie en effet à rapprocher la représentation de sa figure de celle du Christ. Il adopte une pose frontale dont l’impact visuel est magnifié par un cadrage resserré et la présence d’un arrière-plan sobre et sans profondeur. Ce parti pris de composition, qui renforce la mise en valeur du sujet, permet l’expression d’une grande intensité psychologique. Celle-ci est également accentuée par la profondeur du regard et la posture de la main, allusion directe à celle du Christ bénissant. En outre la forme triangulaire au sein de laquelle prend place la tête de l’artiste renvoie directement de manière symbolique à la Trinité et vient renforcer la portée du message. Albrecht Dürer se livre ici à une réflexion sur l’acte de peindre et sur le statut du peintre. Ainsi, l’identification à la figure du Christ peut s’interpréter comme une exaltation de la puissance créatrice du peintre, mais également comme une reconnaissance du caractère divin du pouvoir de création qui s’exprime à travers sa main.
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