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britannique, art

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1

Présentation

britannique, art, production artistique et architecturale du Royaume-Uni, de l’installation des peuplades anglo-saxonnes d’origine germanique (VIe siècle) jusqu’à nos jours.

2

L’art anglo-saxon

Il est d’usage de dater le début de la production artistique anglo-saxonne en 597, année où saint Augustin de Canterbury se rend en Angleterre à des fins prosélytes. La connaissance de cet art — qui succède dans de nombreuses régions à l’art celtique — est cependant fragmentaire car peu d’édifices ont conservé leur aspect originel et il ne reste rien des fresques ni des tissus qui décoraient les églises. Durant les invasions vikings, les objets de valeur disparaissent lors des pillages, seuls ceux qui sont cachés dans des lieux secrets y échappent. La plupart du temps, il s’agit d’œuvres anonymes et, en l’absence de signatures ou de documents, leur datation reste incertaine ou est établie selon des critères stylistiques qui peuvent la faire varier de plusieurs siècles.

L’art anglo-saxon se développe sur deux périodes fondamentales séparées par un intervalle de temps correspondant à la domination scandinave.

2.1

Architecture et sculpture

En architecture, le bois est le premier matériau de construction utilisé dans les grandes salles où se réunit la cour royale. Au début du viie siècle, le roi Edwin fait construire un palais à Yeavering en Northumbrie dont la pièce principale, qui mesure plus de vingt mètres, abrite une sorte de théâtre. Des nombreuses églises de bois, il ne reste qu’un fragment de la nef et des murs de chêne de l’église St Andrew à Greensted-Juxta-Ongar (dernier quart du ixe siècle, Essex).

Les églises en pierre, au nombre de 400 environ, sont alors présentes sur tout le territoire, en particulier dans l’East Anglia, le Kent et le Sussex. Petites, elles sont dotées d’un plan simple, composé d’une nef unique jouxtée de pièces latérales. L’église St John à Escomb (viie siècle, Northumbrie) en est un bel exemple. Restée quasiment intacte, elle a été construite avec des blocs de pierre provenant d’édifices romains et affiche une certaine sobriété. Plus tard, autour de l’an 1000, la structure s’enrichit de nefs latérales et de clochers ; ses murs sont décorés de fresques. Les vitraux font leur apparition. Le plus ancien d’Europe (entre 680 et 860), décoré de motifs géométriques aux couleurs éclatantes, est celui du monastère de St Paul à Jarrow, dans le comté de Durham, où vit Bède le Vénérable, l’érudit le plus influent de l’Angleterre anglo-saxonne.

Les imposantes croix de pierre, produites en grand nombre et dressées à l’extérieur des édifices, ont plusieurs fonctions : elles sont objets de culte et indiquent les lieux de sépulture d’éminents personnages ainsi que les stations des processions funèbres célébrant les saints. La plus connue, celle de Ruthwell, située dans le comté de Dumfries, date du viiie siècle. Haute de 5,50 m, elle est gravée de scènes de l’Évangile, de sarments de vigne et de runes (caractères de l’ancien alphabet des langues germaniques du nord de l’Europe). Outre la pierre, l’ivoire des défenses de morse est très utilisé. On y taille des sceaux, des fourreaux d’épée, des boucles, des croix, des couvertures de livres ou des ciboires.

2.2

L’orfèvrerie anglo-saxonne

Les pièces archéologiques les plus importantes du viie siècle, aujourd’hui exposées au British Museum de Londres, ont été retrouvées dans un vaisseau sépulcral à Sutton Hoo dans le Suffolk, en Angleterre. Elles comprennent des bijoux en or (les orfèvres anglo-saxons étaient réputés dans toute l’Europe), la garde d’une riche épée, une fibule et un fermoir permettant de retenir un vêtement au niveau des épaules, un casque et un écusson, le tout appartenant à un souverain d’East Anglia, peut-être Redwald, mort vers 630.

Le royaume de Northumbrie, où se sont installés des missionnaires et des moines irlandais, est la zone de production artistique la plus prolifique. À la suite des invasions vikings entre le ixe et le xie siècle, le royaume de Wessex, au sud, parvient progressivement à étendre sa domination sur l’ensemble du territoire, faisant de Winchester sa capitale politique et culturelle.

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