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Plan de l'article
Présentation ; Le support iconographique de l’histoire sainte ; La Renaissance et la diversification des inspirations ; Le « grand genre » ; Ultimes développements du genre
histoire, peinture d', genre pictural caractérisé par la représentation de scènes illustrant des événements historiques, passés ou contemporains. Également appelée le « grand genre », la peinture d’histoire inclut les sujets inspirés de récits mythologiques, d’œuvres littéraires ou d’épisodes tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Les vases peints et les fresques de l’Antiquité grecque et romaine constituent sans doute les supports des premières manifestations de la peinture d’histoire. Les dieux de la mythologie et leurs multiples exploits nourrissent alors l’inspiration des peintres. Les vases attiques en particulier s’ornent de scènes mythologiques dont certaines, soucieuses de décrire une action prise sur le vif, possèdent une exceptionnelle intensité dramatique telle l’amphore d’Exékias, Achille tuant la reine des Amazones Penthésilée (v. 540-530 av. J.-C., British Museum, Londres). Au cours de la période paléochrétienne apparaissent les premières représentations s’inspirant de l’Ancien et du Nouveau Testament. Dès le iiie siècle de notre ère, ce type de scènes se développe au cœur des catacombes, comme à Rome. La figure du Christ, fréquemment représentée sous l’apparence du Bon Pasteur, domine de toute son aura la plupart des représentations. Ici s’écrivent les débuts de la peinture religieuse : durant de nombreux siècles, la religion va en effet demeurer la source d’inspiration unique des peintres et la composante principale des réalisations de la peinture d’histoire.
Dès le haut Moyen Âge, les sujets tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament constituent le seul horizon des peintres, qui déclinent ces thèmes sur une multitude de supports : peintures de fresques, retables, panneaux peints individuels, enluminures, vitraux. Au vie siècle, la sensibilité religieuse nourrit les premiers développements de l’enluminure qui vient orner les pages des Évangiles et des Psautiers. Dans le même temps, des fresques formées de vignettes narratives décorent les voûtes et les murs des églises romanes, comme à Saint-Savin-sur-Gartempe (aujourd’hui en Région Poitou-Charentes). Ces images sont le soutien, le complément visuel du message biblique ; très descriptives, elles sont destinées à être comprises du plus grand nombre. La peinture d’histoire se fait alors l’instrument d’une visée didactique, d’une volonté de diffusion et d’imprégnation des messages religieux. Cette intention pédagogique demeure forte au cours du temps. Parallèlement aux œuvres destinées aux masses se développent des peintures réservées à un usage personnel, les tableaux de dévotion, qui témoignent de l’importance du support visuel dans la pratique de la foi. C’est d’ailleurs au cours de cette période qu’apparaissent les icônes, dont le succès se confirme au long des siècles. À cette époque, la peinture d’histoire, au travers des œuvres religieuses, est le seul genre à exister — paysages et portraits notamment n’étant alors que des détails de scènes illustrant des épisodes bibliques.
Dès le Moyen Âge se manifeste dans l’art pictural la volonté d’utiliser l’image pour frapper les esprits. Aux côtés d’œuvres narratives et de scènes douces et aimables (Nativité, Vierge à l’Enfant, Repos durant la fuite en Égypte) se développent des représentations d’une violence palpable. Ce sens du drame est l’un des aspects récurrents de la peinture d’histoire au travers des siècles, tout comme l’est la volonté de prendre le spectateur à témoin et de faire résonner en lui des émotions profondes, voire de le choquer. Les peintres découvrent dès lors le plaisir de la mise en scène et s’intéressent, souvent avec force détails, à la description du moment du summum de l’intensité dramatique de tout événement décrit. C’est un sens du détail aigu, parfois arraché au quotidien, parfois morbide ou cruel, qui se retrouve au sein de ces réalisations. Les scènes de Crucifixion du Christ constituent les plus marquantes expressions de cette tendance qui se poursuit un peu plus tardivement, notamment au xviie siècle, par des scènes de martyres, complaisamment dépeintes. Au Moyen Âge, ces images de souffrance peuvent être représentées de manière isolée, mais aussi mêlées à d’autres. C’est le cas dans les pays d’Europe du Nord, où la représentation des thèmes religieux s’exprime en de très nombreux cas au travers de tableaux d’autel composés de multiples panneaux peints : Polyptyque de l’Adoration de l’Agneau mystique des frères Hubert et Jan Van Eyck, (1432, cathédrale Saint-Bavon, Gand), Polyptyque du Jugement Dernier de Rogier Van der Weyden (v. 1445-1450, Hôtel-Dieu, Beaune), etc.
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