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Petite Fille aux allumettes, la [Hans Christian Andersen]

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Hans Christian AndersenHans Christian Andersen
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1

Présentation

Petite Fille aux allumettes, la [Hans Christian Andersen], conte de Hans Christian Andersen, publié pour la première fois dans le Calendrier populaire danois de 1846, puis repris dans les Nouveaux Contes (deuxième volume, deuxième recueil) en 1848.

Connu également sous le titre la Petite Marchande d’allumettes, il est l’un des récits les plus populaires d’Andersen, et a donné lieu à de nombreuses illustrations et adaptations.

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Résumé

À Copenhague, une veille du jour de l’an, par un soir de grand froid, une petite fille erre pieds nus dans la ville. Affamée, gelée, elle n’ose pas rentrer chez elle, car, n’ayant pas vendu d’allumettes, elle serait battue par son père. Aux fenêtres, les lumières brillent et une odeur d’oie rôtie se répand dans la rue.

Recroquevillée entre deux maisons, la petite fille tire une allumette de sa boîte et la frotte contre le mur. La chaleur dégagée lui donne l’impression d’être assise devant un grand poêle ; mais l’allumette s’éteint. La petite marchande en allume une autre, et à l’endroit du mur où se diffuse la lumière, celui-ci devient transparent. Elle voit à l’intérieur la table mise et une oie farcie qui saute du plat et se dandine jusqu’à elle, une fourchette et un couteau dans le dos. La troisième allumette fait apparaître un splendide arbre de Noël décoré de mille bougies ; mais l’allumette s’éteint, et les bougies deviennent des étoiles. L’une d’elles dessine un trait dans le ciel. « Quand une étoile tombe, c’est qu’une âme monte vers Dieu », lui a dit sa grand-mère, la seule personne qui ait jamais été bonne pour elle. La petite fille frotte encore une nouvelle allumette et sa grand-mère apparaît, « douce et bénie ».

Alors, elle frotte toutes les allumettes qui lui restent, les unes après les autres, de peur que sa grand-mère ne disparaisse. Celle-ci la prend sur son bras et l’emmène « bien haut, là où il n’y avait pas de froid, pas de faim, pas d’angoisse… elles étaient auprès de Dieu ». Au matin, la petite fille est retrouvée morte de froid, « les joues rouges, un sourire à la bouche ».

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Conte de commande et souvenir d’enfance

Le conte est rédigé par Hans Christian Andersen en 1845 alors qu’il est logé par le duc d’Augustenborg au château de Graasten, dans un luxe princier. Il est directement inspiré d’une gravure. Un éditeur lui a en effet envoyé trois images et exhorté à en tirer des histoires. Andersen choisit un dessin montrant une petite fille tendant un paquet d’allumettes soufrées, ayant servi d’illustration à un petit traité (« Fais le bien lorsque tu donnes ») figurant dans l’Almanach ou Calendrier domestique de Frich (1843). Par contraste avec sa vie heureuse du moment, l’image évoque en lui un souvenir raconté par sa mère : enfant, obligée de mendier et s’y refusant, elle était restée à pleurer toute une journée sous un pont d’Odense (la ville natale d’Andersen), s’y était assoupie et y avait dormi jusqu’au soir. De retour à la maison, n’ayant rien rapporté, elle s’était fait gronder par sa mère. « Cette scène qui frappait mon imagination d’enfant m’arrachait toujours des larmes », confie Andersen dans le Conte de ma vie (1847). Le thème des visions traversant l’esprit de l’enfant mourant apparaît déjà dans son premier poème célèbre, « l’Enfant mourant » (1827), ainsi que dans son récit Voyage à pied (1829), où le ciel est comparé à « un grand, éternel arbre de Noël ».

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Réalisme…

Fils d’un cordonnier pauvre et d’une lavandière, Andersen a souffert lui-même de la pauvreté. Il situe la scène à Copenhague, tout près de chez lui ; l’angle formé par sa propre maison et la maison voisine est sans doute celui où s’abrite la petite fille. La grand-mère du conte est vraisemblablement une réminiscence de la sienne, qui semble l’avoir entouré d’une grande affection.

Le conte évoque de façon réaliste la société danoise du xixe siècle. Inventées en 1830, les allumettes soufrées sont encore une nouveauté à l’époque ; la mendicité étant interdite, leur vente sert d’alibi aux mendiants qui en tirent un maigre revenu. Le récit renferme également une critique sociale implicite. Les bourgeois pressés de fêter le réveillon restent indifférents au malheur de la petite marchande. L’atmosphère pathétique du conte traduit une vision assez sinistre de la condition humaine, qu’on peut rattacher au sentiment de solitude existentielle dans lequel l’auteur a vécu.

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