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Déjeuner des canotiers, le [Pierre-Auguste Renoir]

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Renoir (Pierre-Auguste), le Déjeuner des canotiersRenoir (Pierre-Auguste), le Déjeuner des canotiers
Plan de l'article
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Présentation

Déjeuner des canotiers, le [Pierre-Auguste Renoir], tableau réalisé par Pierre-Auguste Renoir en 1881.

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Une représentation des bords de Seine

Le Déjeuner des canotiers de Pierre-Auguste Renoir (huile sur toile, 129,5 × 172,7 cm, Phillips Memorial Gallery, Washington, États-Unis) a été peint en plein air durant l’été 1881, puis achevé dans son atelier parisien au cours de l’hiver suivant. La toile a été immédiatement achetée par le marchand d’art Paul Durand-Ruel — qui y a vu « l’image parfaite du bonheur » —, avant d’être acquise par le collectionneur américain Ducan Phillips en 1923. Elle représente un groupe de convives au terme d’un repas pris sur la terrasse de la maison Fournaise à Chatou, une auberge populaire des bords de Seine particulièrement prisée des Parisiens de la fin du xixe siècle, et dont le peintre est un habitué. Ainsi, dans le coin supérieur gauche de la peinture se dessine le pont de chemin de fer permettant l’acheminement des « canotiers » du dimanche embarqués gare Saint-Lazare. Non loin, plusieurs petits voiliers de plaisance voguent sur la Seine.

Les quatorze personnages de cette composition harmonieuse sont inscrits dans un espace réduit (le balcon de l’auberge), structuré par les lignes puissantes que forment les montants de la tonnelle et le rebord de la rambarde. Plusieurs diagonales traversent l’œuvre (notamment celles formées par les côtés de la table), ce qui concourt à renforcer sa cohésion visuelle.

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Une partie de campagne entre amis

Chaque personnage est décrit dans son individualité, et la peinture frappe par le caractère spontané et authentique de chacune des attitudes dépeintes. L’heure est à la légèreté, au plaisir simple d’être ensemble, comme en témoignent les poses très naturelles des protagonistes.

Le Déjeuner des canotiers est, pour l’artiste, l’occasion de représenter plusieurs de ses amis intimes. Ainsi, bien que l’identification des figures ne soit pas établie avec certitude, il semblerait qu’Aline Charigot (compagne et future épouse du peintre) prête ses traits à la jeune femme jouant avec un petit chien. Appuyé à la rambarde et coiffé d’un canotier, Alphonse Fournaise, le fils du propriétaire des lieux, se laisse envelopper par une solitude rêveuse ; son regard perdu guide cependant le spectateur vers l’intérieur de la scène. À quelques pas de lui, sa sœur Alphonsine se laisse nonchalamment bercer par les paroles du baron Raoul Barbier. Le peintre Gustave Caillebotte se tient au premier plan (sur la droite), installé à califourchon sur une chaise ; il écoute l’actrice Ellen Andrée, tandis que le journaliste italien Maggiolo se penche sur cette dernière dont il frôle négligemment la main. À l’arrière plan, coiffé d’un chapeau haut de forme, Charles Ephrussi (directeur de la Gazette des Beaux-Arts) converse avec le poète Jules Laforgue ; au centre, l’un des modèles favoris de Renoir, Angèle, termine un verre de vin en compagnie d’un homme ; à droite, l’actrice Jeanne Samary s’entretient pour sa part avec le journaliste Paul Lothe, portant un pince-nez, et Eugène Pierre Lestringuez.

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Le Déjeuner des canotiers, œuvre charnière de Renoir

Le Déjeuner des canotiers témoigne de la transition du peintre vers sa « période aigre ». À cette époque en effet, Pierre-Auguste Renoir commence à se détourner du style des premières années de l’impressionnisme — caractérisé par un rendu flou des contours, et une palette riche retranscrivant les variations lumineuses jouant à la surface des sujets —, et se tourne peu à peu vers des couleurs plus acides en portant un soin plus rigoureux à la composition de ses scènes. Toutefois, il ne renonce pas ici à son goût pour la description de scènes heureuses, pleines de spontanéité.

La toile, comptant parmi les chefs-d’œuvre de l’artiste, offre en outre une synthèse de ses sujets de prédilection. Elle rappelle en effet le goût du peintre pour les scènes de bord de l’eau, qu’il a fréquemment illustrées entre 1869 et 1874. Elle montre également, au travers de la représentation des membres de classes sociales différentes, combien Renoir est à la fois le peintre des scènes de la vie populaire (le Bal du Moulin de la Galette, 1876) mais aussi de la vie mondaine (la Loge, 1874). Au premier plan, sur la table non desservie, les restes du repas (raisin et autres fruits, vin dans les verres et les bouteilles) témoignent pour leur part du talent du peintre pour les natures mortes. Enfin, et non des moindres, on retrouve dans cette toile majeure le goût de l’artiste pour la représentation de portraits de femmes, dont il excelle à capter les attitudes les plus délicates.

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