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Robert-Houdin

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1

Présentation

Robert-Houdin (1805-1871), magicien français, père de la prestidigitation moderne.

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Mécanismes et escamotage

Né à Blois, Jean Eugène Robert, fils d’un horloger, se passionne très jeune pour les mécanismes et les automates. À l’âge de 20 ans il découvre l’escamotage (à l’origine de la prestidigitation) en consultant par hasard l’Encyclopédie des amusements des sciences mathématiques et physiques. Cet autodidacte, fasciné par l’escamotage et la science, séduit sa future femme, Cécile-Églantine Houdin, en donnant l’illusion de s’enfoncer un bout de bois dans l’œil : la jeune femme stupéfaite et horrifiée tombe alors dans ses bras et sous son charme. Installé à Paris, il commence à étudier les mécanismes de l’horlogerie, les découvertes en électricité, les automates et enfin la prestidigitation. Devenu horloger, il répare le Componium, un automate musical composant des airs. Il prend pour nom de scène Robert-Houdin (accolant à son nom celui de son épouse, qui décède quelques années après).

En 1837, il dépose le brevet d’un Réveil-briquet, en 1839, celui de la Pendule mystérieuse aux mécanismes invisibles — qui est présentée avec succès à l’Exposition des produits de l’industrie française — et en 1844, celui de son automate Écrivain-dessinateur qu’il présente à l’exposition universelle après deux années de travail, et qui est acheté par Phineas Taylor Barnum. Au-delà de l’illusion et de l’escamotage, Robert-Houdin introduit dans ses spectacles de nombreuses machines et automates qui donnent un caractère moderne à ses numéros.

3

Succès et retraite

En 1845, il crée sa scène, le théâtre des Soirées fantastiques, au Palais-Royal. Il y présente des spectacles d’illusions, faisant apparaître (« le Carton fantastique ») et disparaître des enfants (« Disparition d’un enfant sous un gobelet »), suspendant dans l’air son fils de six ans grâce à de l’éther dans le numéro « la Suspension éthéréenne » (« Ce cher enfant / Présente tant de grâce et de légèreté / Que le spectateur enchanté / Pour l’applaudir, lorsqu’il l’a vu / En suspens n’est jamais resté… »), le faisant décrire les objets des spectateurs les yeux bandés. Il met également en scène des automates tels l’Oranger (arbre mécanique distribuant des oranges dans lesquelles se trouvent les mouchoirs des spectateurs) qui lui vaut l’admiration du roi Louis-Philippe, les Cartes obéissantes ou le Pâtissier inépuisable et présente de nombreux tours empreints de mystère. Son succès auprès du public, d’abord bourgeois et familial, s’étend à toute l’Europe et il séduit même la Reine Victoria, notamment avec son automate Antonio Diavolo. Son spectacle The French Conjuror tourne à Londres, à New York puis à Berlin.

Il se retire au prieuré Saint-Gervais, près de Blois, et installe un laboratoire du mystère électrifié (éclairé par des ampoules). Son domaine, aux portes automatiques, est alors peuplé d’automates. La scène du Palais-Royal est récupérée par Pierre-Étienne Chocat qui prend le relais sous le pseudonyme de Hamilton (Robert Houdin cède définitivement son théâtre à celui qui est devenu son beau-frère en 1852). En 1851, il présente au prieuré un éclairage à arc électrique, avant d’interrompre sa carrière après l’inauguration d’un nouveau théâtre boulevard des Italiens, d’une part, et une tournée en Belgique et en Allemagne d’autre part. Il se consacre dès lors à la science, ne sortant de sa retraite qu’en 1856 pour une tournée en Algérie, organisée pour contrer, au nom de la France colonisatrice, les pouvoirs des marabouts kabyles et pacifier les rapports.

Il collabore au Grand dictionnaire du xixe siècle sur le thème de la prestidigitation en 1858 et publie ses Confidences d’un prestidigitateur. Une vie d’artiste (1858). En 1869, il est élu à la Société des Gens de Lettres. À sa mort Georges Méliès récupère son théâtre. Père de la magie moderne, Robert-Houdin a influencé les grands prestidigitateurs, notamment Harry Houdini qui lui doit son nom de scène.

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