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Automne à Paris, festival d'Article
Plan de l'article
Présentation ; Un mot d’ordre, la « modernité » ; Une particularité à la fois riche et déstabilisante ; Une programmation éclectique et pointue
Automne à Paris, festival d', festival pluridisciplinaire créé en 1972 par Michel Guy, consacré aux arts contemporains, qui se tient chaque année de septembre à décembre dans et autour de Paris. Les missions du festival d’Automne à Paris se concentrent sur plusieurs pôles : présenter des œuvres de référence inédites en France ; témoigner des cultures non occidentales ; encourager la création contemporaine en passant commande à des créateurs et produire des œuvres en collaboration avec de grandes institutions françaises, européennes ou nord-américaines ; présenter et susciter des démarches d’ordre expérimental. Le Festival est dirigé depuis 1993 par Alain Crombecque (auparavant directeur du Festival d’Avignon de 1985 à 1992).
Dans le Paris des années 1970, l’offre culturelle existante est peu diversifiée, et principalement centrée sur la création française ; il existe peu de salles ouvertes à la création contemporaine, qui suscite par ailleurs indifférence ou indignation du public. La volonté de Michel Guy, soutenue par le président de la République Georges Pompidou et par de nombreux mécènes, est de remettre Paris au centre de la création contemporaine, sans se soumettre au jeu des critiques : « Le seul scandale qui ait une valeur est esthétique », déclare-t-il. La première édition du Festival, en 1972, se contente de coordonner et de rassembler des évènements déjà existants – le Festival international de la danse, de Jean Robin, et les Semaines musicales internationales de Paris de Maurice Fleuret. Si la première mouture du Festival ne compte que quatre créations, les années suivantes voient la programmation s’enrichir, et s’ouvrir à tous les arts : théâtre, arts plastiques, performances…
Le Festival d’Automne à Paris a la particularité de ne posséder aucun lieu propre, y compris une salle d’accueil ou un point de rencontre. Les spectacles sont présentés dans des lieux de Paris intra-muros ou de la proche périphérie, mais la programmation sait aussi sortir des lieux conventionnels de représentation (ainsi, en 1979, une série de performances investit la Chapelle de la Sorbonne ; en 2006, des chants traditionnels mongols sont présentés à la Maison de l’architecture). Cette diversité des sites répond à un double objectif : ne pas se laisser enfermer dans un lieu, et bénéficier d’une souplesse financière accrue (permettant par exemple de monter des coproductions). Le Festival est d’ailleurs associé avec d’autres grands festivals européens, comme Édimbourg, Avignon, Vienne ou le KunstenFestivaldesArts de Bruxelles. L’absence de lieu attitré – même si les grandes salles de théâtre parisiennes, comme le Théâtre de la ville, l’Odéon-Théâtre de l’Europe, le Théâtre du Châtelet, accueillent chaque année des spectacles du Festival — contribue sans doute en partie à ce que le Festival d’Automne soit peu connu du grand public, malgré la variété et la qualité de sa programmation.
La programmation théâtrale est construite autour des idées directrices du Festival, à savoir la modernité, l’accompagnement à la création et la mise en avant de grandes productions européennes. C’est ainsi que Klaus Michael Grüber, par exemple, revient régulièrement présenter ses nouvelles créations, tout comme Peter Brook, que le metteur en scène Bob Wilson, invité de la première édition, a été à l’affiche les années suivantes (Einstein on the beach en 1973, Hamlet-Machine en 1987 puis Quartett en 2006, d’Heiner Müller), ou encore Peter Stein… et que des jeunes compagnies, comme les Belges TgStan, s’imposent peu à peu comme valeurs sûres. La programmation fait aussi place au texte contemporain, avec dès 1972 les pièces de Roland Dubillard, ou en 1986 de Valère Novarina.
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